Selon RFI, le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a reçu, lundi 8 juin 2026, les principaux leaders de l’opposition pour un cycle de discussions ayant duré près de dix heures. Ces échanges, décrits comme un « marathon » politique, ont porté sur plusieurs dossiers brûlants, notamment la gestion de la crise des hydrocarbures, l’organisation d’un dialogue national et les restrictions de circulation nocturne en vigueur dans le pays. Mais c’est la question des mandats présidentiels qui a cristallisé les tensions entre le pouvoir et ses détracteurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Une rencontre de dix heures entre le président El Ghazouani et les leaders de l’opposition, tenue le lundi 8 juin 2026, selon RFI.
  • Quatre sujets principaux abordés : la crise des hydrocarbures, le dialogue national, les restrictions de circulation nocturne et la question des mandats.
  • Un point de blocage persistant : la limitation du nombre de mandats présidentiels, source de tensions récurrentes entre le pouvoir et l’opposition.

Une séance de travail exceptionnelle

Les discussions, d’une durée inhabituelle pour ce type de rencontre, ont débuté en début de journée pour s’achever en soirée. Selon des sources proches du dossier, plus de dix heures de débats ont été nécessaires pour aborder les différents points à l’ordre du jour. Parmi eux, la crise des hydrocarbures, qui affecte depuis plusieurs mois le secteur énergétique mauritanien et pèse sur l’économie locale.

Les participants ont également évoqué la nécessité de relancer un dialogue national, un processus souvent évoqué mais rarement concrétisé dans le pays. Enfin, la question des restrictions de circulation nocturne, mises en place dans certaines zones urbaines pour des raisons de sécurité, a également été examinée. Autant de sujets qui illustrent la volonté affichée par le gouvernement de trouver des solutions à des problèmes structurels.

Les mandats présidentiels, un sujet explosif

C’est cependant sur le terrain des mandats que les échanges ont été les plus tendus. L’opposition, qui réclame depuis des années une limitation stricte du nombre de mandats présidentiels, a réaffirmé sa position lors de cette rencontre. Pour rappel, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a été élu en 2019 pour un premier mandat de cinq ans, et l’opposition craint qu’il ne se représente en 2024, voire au-delà.

Lors de la réunion, plusieurs leaders de l’opposition ont rappelé que la Constitution mauritanienne limite à deux le nombre de mandats présidentiels, mais des interprétations juridiques controversées ont été avancées par le pouvoir pour contourner cette restriction. Sidi Mohamed Ould Maham, un des principaux opposants, a ainsi déclaré : « La question des mandats n’est pas une simple formalité. C’est une question de démocratie et de respect de la Constitution. »

Un contexte politique sous tension

Cette rencontre s’inscrit dans un contexte politique mauritanien marqué par une polarisation accrue entre le pouvoir et une opposition de plus en plus unie. Plusieurs formations politiques, dont le Parti de l’Union pour la République (UPR) et des groupes de la société civile, ont multiplié les appels au respect des institutions et à la transparence électorale.

RFI souligne que cette séance de travail intervient alors que des rumeurs persistent sur une possible modification de la Constitution, une hypothèse rejetée en bloc par les opposants. Pour eux, toute tentative en ce sens serait perçue comme une manœuvre pour prolonger le mandat du président sortant. À l’inverse, le camp présidentiel assure vouloir respecter les règles en vigueur, tout en défendant sa vision d’une stabilité politique nécessaire au développement du pays.

Et maintenant ?

Si aucune date n’a été fixée pour de nouvelles discussions, plusieurs observateurs s’attendent à ce que le dialogue se poursuive dans les semaines à venir. Une chose est sûre : la question des mandats restera au cœur des débats, d’autant que des élections locales et législatives sont prévues dans les deux ans. Pour l’heure, aucune décision concrète n’a été annoncée, et il est encore trop tôt pour savoir si cette rencontre aura permis de désamorcer les tensions.

Selon RFI, les prochaines étapes dépendront largement de la capacité des deux parties à trouver un compromis sur les dossiers les plus sensibles. Reste à voir si l’opposition parviendra à faire entendre sa voix, ou si le pouvoir optera pour une stratégie de fermeté. Dans un pays où les équilibres politiques sont fragiles, chaque mot compte.