La France entame ce lundi 8 juin 2026 la présidence de la Commission de l’océan Indien (COI), une organisation régionale regroupant six États insulaires du sud-ouest de l’océan Indien. Paris a réaffirmé sa volonté d’y intégrer Mayotte, département français depuis 2011, mais cette ambition se heurte au manque de soutien des autres membres de l’instance, comme le rapporte Le Monde – Politique.
Ce qu'il faut retenir
- La France prend la présidence de la Commission de l’océan Indien (COI) le 8 juin 2026, une organisation créée en 1982.
- Paris souhaite intégrer Mayotte, département français depuis 2011, à la COI, mais cette demande reste controversée.
- Parmi les membres de la COI figurent l’Union des Comores, Madagascar, Maurice, les Seychelles et La Réunion (France), ainsi que les Maldives depuis 2020.
- Le Quai d’Orsay affiche une volonté affichée d’intégrer Mayotte, mais peine à obtenir un consensus parmi les autres États.
La question de l’intégration de Mayotte à la Commission de l’océan Indien (COI) resurgit régulièrement depuis des années. Créée en 1982, cette organisation regroupe actuellement six États membres : l’Union des Comores, Madagascar, Maurice, les Seychelles, La Réunion (qui fait partie des départements français d’outre-mer) et, depuis 2020, les Maldives. Mayotte, département français depuis 2011 après un référendum d’autodétermination, n’en fait cependant pas partie, malgré les efforts diplomatiques répétés de Paris.
La présidence française de la COI, qui débute aujourd’hui, offre une nouvelle opportunité pour relancer le dossier. « La France reste déterminée à défendre l’intégration de Mayotte », a déclaré un porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, cité par Le Monde – Politique. Selon la diplomatie française, Mayotte partage une proximité géographique, économique et culturelle avec les autres îles de la région, ce qui justifierait pleinement sa participation aux travaux de la COI. Pourtant, cette position ne fait pas l’unanimité.
Parmi les principaux obstacles, on trouve la position de l’Union des Comores, qui revendique Mayotte comme faisant partie intégrante de son territoire national. Les autorités comoriennes ont à plusieurs reprises réaffirmé leur opposition à une intégration de Mayotte à la COI, estimant que cela équivaudrait à une reconnaissance implicite de la départementalisation de l’île. « Mayotte est une question de souveraineté nationale », a rappelé un diplomate comorien sous couvert d’anonymat. Les autres membres de la COI, bien que moins vocalement opposés, ne semblent pas prêts à s’engager dans un débat qui pourrait fragiliser les relations entre les États de la région.
Le contexte géopolitique actuel ne favorise pas non plus les avancées. Les tensions entre la France et certains pays africains, notamment sur les questions migratoires ou économiques, compliquent les négociations. Par ailleurs, la COI elle-même traverse une période de relative inertie, avec des divergences persistantes sur les priorités régionales. « Nous sommes conscients des défis, mais la France reste convaincue que Mayotte a sa place dans cette organisation », a insisté le Quai d’Orsay, sans pour autant dévoiler de stratégie concrète pour surmonter les blocages.
La question de Mayotte illustre ainsi les tensions persistantes entre une approche française centrée sur l’intégration administrative et une réalité géopolitique où les intérêts nationaux priment souvent sur les arguments économiques ou culturels. Autant dire que le chemin vers une résolution reste long et semé d’embûches.
Les critères d’adhésion à la COI ne sont pas strictement définis dans ses statuts. Généralement, les États insulaires de l’océan Indien ou ayant des intérêts économiques et géopolitiques dans la région peuvent en faire partie. Mayotte, bien que géographiquement et culturellement intégrée à l’océan Indien, se heurte à des objections politiques en raison de son statut de département français.