L’humoriste, acteur et réalisateur américain Mel Brooks, qui a célébré ses 100 ans dimanche 28 juin 2026, voit son œuvre la plus iconoclaste, Blazing Saddles, rejoindre le sommet d’un classement prestigieux. Selon Euronews FR, l’American Film Institute (AFI) a en effet placé ce film de 1974 en tête de sa liste « 100 Years...100 Laughs », dédiée aux meilleures comédies de l’histoire du cinéma. Il détrône ainsi Some Like It Hot de Billy Wilder, qui occupait précédemment la première place.

Ce qu'il faut retenir

  • L’American Film Institute a révisé son classement des 100 meilleures comédies et sacre Blazing Saddles de Mel Brooks comme « le film le plus drôle de tous les temps ».
  • Le film passe de la 6e à la 1re place du classement « 100 Years...100 Laughs », remplaçant Some Like It Hot de Billy Wilder.
  • Mel Brooks est le seul cinéaste à avoir trois films dans le Top 15 : The Producers (11e), Young Frankenstein (13e) et désormais Blazing Saddles (1re).
  • Le film, culte pour son humour absurde et sa satire des préjugés, a été inscrit au National Film Registry en 2006.

Cette distinction intervient alors que Brooks, réalisateur et scénariste reconnu pour son audace, célèbre un siècle de carrière. Selon l’AFI, la décision de mettre Blazing Saddles en tête du classement répond à une demande que Brooks formulait depuis des années. Dans un communiqué, l’institution a d’ailleurs repris ses propres mots pour justifier ce choix : « Brooks se plaint depuis longtemps que son film est bien plus drôle que *Some Like It Hot*. »

« Il a raison ! Nous sommes heureux de réparer cette injustice alors que Mel fête son centenaire. C’est bon d’être le roi, et qu’il vive jusqu’à devenir un homme de 2 000 ans. Joyeux anniversaire, Mel ! »
Bob Gazzale, président-directeur général de l’American Film Institute

Réalisé en 1974, Blazing Saddles est une parodie de western qui pousse l’irrévérence jusqu’à briser le quatrième mur, une technique alors révolutionnaire. Le film se distingue par son humour noir, sa satire des stéréotypes racistes et son mépris des conventions hollywoodiennes. À travers une intrigue centrée sur un shérif noir nommé Bart (interprété par Cleavon Little), Brooks déconstruit les clichés du genre tout en ridiculisant les préjugés de l’époque. Autant dire que l’œuvre a marqué l’histoire du cinéma comique.

Pourtant, Blazing Saddles n’a pas toujours fait l’unanimité. Le film a été critiqué pour son usage de termes racistes, un choix assumé par Brooks. Dans une interview accordée à la BBC Radio 4, il avait défendu son approche en affirmant que la culture « politiquement correcte » risquait de « tuer la comédie ». Selon lui, une œuvre comme la sienne « ne serait jamais validée dans le climat politique actuel ». Une position qui, malgré les controverses, n’a pas empêché le film d’être reconnu comme un jalon du cinéma. En 2006, il a été sélectionné pour intégrer le National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès américaine, une distinction réservée aux films jugés « culturellement, historiquement ou esthétiquement significatifs ».

Mel Brooks, un géant du cinéma toujours en activité

À 100 ans, Mel Brooks n’a visiblement pas l’intention de prendre sa retraite. Selon Euronews FR, il est actuellement impliqué dans la production d’une suite à Spaceballs, sa parodie culte de Star Wars sortie en 1987. Intitulé Spaceballs: The New One, ce nouveau volet devrait voir le jour en 2027, marquant ainsi la poursuite d’une carrière jalonnée de succès. Brooks, qui a également écrit et réalisé le film original, confirme ainsi son statut de figure incontournable du cinéma comique.

Avec trois films dans le Top 15 des meilleures comédies de l’AFI, Brooks s’impose comme le réalisateur le plus représenté dans ce classement. The Producers, sorti en 1968, occupe la 11e place, tandis que Young Frankenstein, réalisé en 1974, se classe 13e. Une performance qui souligne l’influence durable de son travail sur plusieurs générations de cinéastes. Son humour, souvent provocateur, a inspiré des réalisateurs comme les frères Coen, Taika Waititi ou même Quentin Tarantino, qui a souvent cité Brooks comme une référence.

Si Blazing Saddles est aujourd’hui célébré pour son génie comique, il reste aussi un objet de débat sur les limites de l’humour et la liberté d’expression au cinéma. Brooks, lui, assume pleinement ses choix. Dans un entretien avec la BBC, il avait résumé sa philosophie en ces termes : « La comédie doit pouvoir tout dire. Si on ne peut plus rire de certaines choses, alors on a perdu une partie de notre humanité. » Une déclaration qui résume à elle seule l’esprit subversif qui a fait de lui une légende.

Et maintenant ?

La sortie de Spaceballs: The New One en 2027 constituera un nouveau chapitre pour Mel Brooks, mais aussi pour ses fans. Si le film respecte l’esprit de l’original, il pourrait relancer l’intérêt pour son univers comique et attirer un public plus jeune. Par ailleurs, la reconnaissance récente de Blazing Saddles par l’AFI pourrait inciter d’autres institutions à réévaluer l’héritage de Brooks et de ses contemporains, notamment dans le domaine de la satire sociale.

Cette distinction intervient dans un contexte où l’industrie cinématographique est de plus en plus questionnée sur la représentation et la diversité à l’écran. L’humour de Brooks, souvent acide et sans concession, pourrait ainsi servir de miroir aux évolutions – ou aux reculs – de la société américaine. Reste à voir si le cinéma comique saura, à l’avenir, concilier audace et responsabilité.

Selon l’American Film Institute, la décision s’appuie sur une demande répétée de Mel Brooks lui-même, qui estimait depuis des années que Blazing Saddles était plus drôle que Some Like It Hot, le film qui occupait précédemment la première place. L’AFI a présenté cette modification comme une façon de « réparer une injustice » à l’occasion du centenaire de Brooks.