Selon Le Figaro, Jean-Luc Mélenchon a marqué le coup d’envoi de sa campagne présidentielle 2027 avec un meeting de grande ampleur à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), dimanche 7 juin. L’ancien candidat à quatre reprises y a réuni, selon les organisateurs, près de 26 000 personnes place Victor Hugo, affichant ainsi sa volonté d’incarner la gauche face au Rassemblement national.
Ce qu'il faut retenir
- Jean-Luc Mélenchon a organisé son premier grand meeting de campagne 2027 à Saint-Denis, avec 26 000 participants selon les organisateurs.
- Il a une nouvelle fois ciblé le RN, accusant le parti de « suprémacisme » et de vouloir « hiérarchiser les humains ».
- Sébastien Chenu, député RN, a rétorqué en qualifiant Mélenchon de « candidat des dangers et des vengeances ».
- Le leader Insoumis a critiqué la proposition du RN de supprimer le droit du sol, la qualifiant de « projet suprémaciste ».
- Chenu a défendu le RN en affirmant que le parti ne parle « jamais de la couleur de la peau », mais de « nationalité ».
Un meeting de campagne qui confirme l’ambition 2027 de Mélenchon
Le rassemblement de Saint-Denis s’est tenu dans une ville emblématique, dirigée par Bally Bagayoko, élu en mars dernier sous l’étiquette LFI. Ce choix n’est pas anodin : Mélenchon y a vu l’occasion de renforcer sa position face à une gauche fragmentée, comme il l’a rappelé dans son discours. « Dans ce chaos naissant, un nouveau projet politique germe », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Voici ce qu’il faut appeler le suprémacisme, c’est-à-dire une volonté de hiérarchisation humaine pour dominer les peuples en les divisant en ethnie et en religion ».
Le quadruple candidat à la présidentielle a cherché à s’imposer comme le seul rempart face au RN, multipliant les attaques contre le parti de Marine Le Pen. Autant dire qu’il rêve d’un duel face au Rassemblement national lors du second tour de l’élection présidentielle de 2027. Pour autant, ses troupes restent-elles aussi mobilisées ? Sébastien Chenu, vice-président du RN, en doute partiellement, soulignant que « les troupes Insoumises sont dans leur lieu de force », tout en reconnaissant : « Il sait faire ça ».
Sébastien Chenu contre-attaque : « Mélenchon, candidat des dangers et des vengeances »
La réponse du RN ne s’est pas fait attendre. Dès lundi 8 juin, Sébastien Chenu a réagi sur RTL à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon, le qualifiant de « candidat des dangers et des vengeances ». Un échange qui illustre la polarisation croissante de la campagne à venir. « Les excès de Jean-Luc Mélenchon, on les connaît », a-t-il déclaré, avant de lancer : « Qui est obsédé de la couleur de la peau ? Qui sans arrêt parle de Français racisés, de privilèges blancs ou de minorités visibles ? C’est Jean-Luc Mélenchon ».
Face aux accusations de « suprémacisme » portées par Mélenchon, Chenu a défendu le programme du RN en insistant sur la différence entre « nationalité » et « couleur de peau ». « Nous, nous ne parlons jamais de la couleur de la peau. Nous parlons de la nationalité », a-t-il martelé. Le parti est notamment critiqué pour sa proposition de supprimer le droit du sol en cas d’élection, une mesure que Mélenchon a qualifiée de « projet suprémaciste » visant à « diviser les peuples ».
Un duel politique qui s’annonce tendu
Ce nouvel échange entre les deux camps confirme que la bataille idéologique s’intensifie à l’approche de 2027. Mélenchon mise sur sa capacité à mobiliser les foules, comme en témoigne la taille de son meeting à Saint-Denis. Pourtant, Sébastien Chenu relativise cette démonstration de force, rappelant que « l’on a connu des gens qui rassemblaient beaucoup de monde dans les salles et qui ont fait des petits scores aux présidentielles ». Une référence à peine voilée aux meetings massifs de Jean-Luc Mélenchon en 2017 et 2022, qui ne s’étaient pas traduits par des scores à la hauteur des attentes.
Côté RN, on mise sur un discours axé sur la « nationalité » et la lutte contre l’immigration, une ligne qui a déjà porté ses fruits lors des dernières élections. La proposition de supprimer le droit du sol, si elle est adoptée, pourrait devenir un thème central de la campagne, alimentant le débat sur l’identité nationale. Mélenchon, de son côté, continue de dénoncer un « projet de division » et appelle à une « résistance républicaine » face à ce qu’il présente comme une menace pour la cohésion nationale.
En attendant, les deux camps devront aussi composer avec l’évolution de l’opinion publique, dont les préoccupations en matière d’immigration et de pouvoir d’achat pourraient rebattre les cartes. Une chose est sûre : les prochains mois seront déterminants pour mesurer la capacité de chaque camp à mobiliser au-delà de leurs bases traditionnelles.
Pour rappel, le droit du sol en France permet actuellement l’acquisition automatique de la nationalité française à la naissance pour toute personne née sur le territoire, sous certaines conditions. Une suppression partielle ou totale, comme le propose le RN, nécessiterait une réforme constitutionnelle, ce qui en fait un sujet hautement sensible.
Le droit du sol, qui permet l’acquisition automatique de la nationalité française à la naissance, est un sujet clivant car il touche à la définition même de l’identité nationale. Ses détracteurs, comme le RN, estiment qu’il favorise une immigration incontrôlée et menace la cohésion sociale. Ses défenseurs, au contraire, y voient un pilier républicain garantissant l’intégration des nouveaux arrivants.