Le maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol, a annoncé ce mardi 5 mai 2026 sur son compte X son intention de porter plainte après avoir été la cible d’une menace de mort publiée en commentaire d’un article local. Selon Franceinfo – Faits divers, cette menace, qui appelle explicitement à « mettre une balle au maire », a été postée fin avril en réaction à un article du média 76actu concernant la suppression des 24 Heures motonautiques à Rouen au profit de Poses (Eure).
Dans un message publié lundi soir sur X, Nicolas Mayer-Rossignol a partagé des captures d’écran de ces commentaires, soulignant que la publication a depuis été supprimée. « Il y a une semaine, j’ai reçu une menace très grave sous un article de @76actu. J’ai réagi, sans réponse ni modération. Mes collègues et moi-même vivons cela au quotidien. Cette violence est inacceptable. Nous ne devons rien laisser passer. Je porte plainte. », a-t-il déclaré. La publication du tweet a été accompagnée du hashtag #ZéroTolérance, reflétant l’engagement de l’élu face à la montée des violences verbales et des appels à la violence dont sont victimes les personnalités politiques et les journalistes.
Ce qu'il faut retenir
- Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, annonce porter plainte après une menace de mort publiée en commentaire d’un article local fin avril 2026.
- L’appel au meurtre, « mettre une balle au maire », visait un article du média 76actu sur la suppression des 24 Heures motonautiques à Rouen.
- L’élu dénonce une « violence inacceptable » et une « menace très grave », tout en partageant les captures d’écran sur les réseaux sociaux.
- La publication a été supprimée après les signalements, mais l’incident s’inscrit dans un contexte plus large de violences envers les élus locaux.
- Nicolas Mayer-Rossignol appelle à une « tolérance zéro » face à ces actes et annonce une plainte formelle.
Une menace qualifiée de « très grave » par le maire de Rouen
Interrogé par ICI Normandie au micro de Franceinfo, Nicolas Mayer-Rossignol a qualifié cette menace de « totalement inacceptable, que ce soit dans la vraie vie ou sur les réseaux sociaux ». « Je suis effaré de constater que l’on finit par accepter, pour les élus comme pour les journalistes ou d’autres personnalités, des commentaires d’une violence extrême, à commencer par des appels au meurtre », a-t-il précisé. L’élu a également rappelé que les violences verbales et les injures envers les représentants publics constituent un phénomène récurrent, qu’il refuse de banaliser.
Sur X, il a martelé : « La règle est simple : zéro complaisance, zéro tolérance. » Cette déclaration intervient alors que plusieurs rapports récents ont mis en lumière l’ampleur des violences subies par les élus locaux en France. « Mes collègues et moi-même vivons cela au quotidien », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de ne pas laisser ces actes impunis. Selon lui, la modération des plateformes numériques reste insuffisante pour endiguer ce phénomène, malgré les signalements répétés.
Les réseaux sociaux, miroir des violences envers les élus
L’incident illustre la montée des violences en ligne envers les personnalités politiques, un phénomène qui dépasse largement le cadre rouennais. Nicolas Mayer-Rossignol n’a pas hésité à dénoncer une « banalisation » des appels à la violence, y compris sous couvert d’anonymat sur les réseaux sociaux. « On ne peut pas continuer à tolérer que des citoyens, sous couvert de pseudonymes, appellent à tuer des élus ou des journalistes », a-t-il affirmé. Pour lui, ces plateformes doivent assumer leur responsabilité en matière de modération et de lutte contre les contenus haineux.
Le maire de Rouen a également rappelé que les violences envers les élus ne se limitent pas aux réseaux sociaux. Plusieurs rapports, dont un récemment dévoilé par le ministre délégué à l’Intérieur, ont montré que « aucun territoire n’y échappe ». Ces violences prennent des formes variées : insultes, menaces, agressions physiques, ou encore dégradations de biens publics. Face à cette réalité, Nicolas Mayer-Rossignol a appelé à une mobilisation collective pour protéger les représentants du peuple et garantir la libre expression des idées.
Un appel à l’action et à la responsabilité collective
En partageant publiquement les captures d’écran des menaces reçues, Nicolas Mayer-Rossignol a choisi de rendre visible un phénomène souvent minimisé. « Nous ne devons rien laisser passer », a-t-il martelé, insistant sur l’importance de signaler systématiquement ces actes et de soutenir les victimes. Pour l’élu, la lutte contre les violences envers les élus passe par une triple approche : la prévention, la répression, et la responsabilisation des plateformes numériques.
Il a également évoqué la nécessité de renforcer les moyens alloués aux forces de l’ordre pour protéger les élus, notamment dans les territoires où les tensions sont les plus vives. « Ce n’est pas une question de parti politique ou de sensibilité, c’est une question de respect de la démocratie », a-t-il conclu. Cette prise de position s’inscrit dans un contexte national où plusieurs maires ont récemment été victimes d’agressions ou de menaces, poussant les autorités à envisager des mesures supplémentaires pour leur protection.
Face à l’augmentation des violences envers les élus, cette affaire rouennaise pourrait bien devenir un symbole de la lutte contre l’impunité des actes haineux, qu’ils soient physiques ou verbaux. La plainte de Nicolas Mayer-Rossignol, couplée à ses déclarations publiques, envoie un message clair : la ligne rouge a été franchie, et il est temps d’agir.
Nicolas Mayer-Rossignol a indiqué qu’il déposerait plainte dans les prochains jours auprès des autorités judiciaires. La procédure permettra d’identifier l’auteur du message et d’engager des poursuites pour menace de mort, un délit passible de plusieurs années de prison. Les associations de maires et les syndicats politiques ont déjà annoncé leur soutien à cette démarche, qui pourrait inspirer d’autres élus confrontés à des situations similaires.
Oui. Les élus peuvent bénéficier de mesures de protection adaptées, comme des dispositifs de sécurité renforcés ou des escortes policières dans les cas les plus graves. Cependant, ces dispositifs restent inégaux selon les territoires. Plusieurs rapports récents ont souligné la nécessité de mieux financer et organiser ces dispositifs pour couvrir l’ensemble des élus, qu’ils soient locaux ou nationaux.