Sébastien Scarpinato, adjoint au maire d’Ivry-sur-Seine et collaborateur parlementaire de la députée écologiste Sabrina Sebaihi, a rendu publics ce lundi 24 août 2026 les messages de haine et les menaces de mort qu’il reçoit depuis plusieurs jours. Selon nos confrères de BFM – Politique, l’élu a annoncé avoir déposé plainte pour ces agissements, qu’il qualifie de « violence extrême ».
Âgé de 33 ans, Sébastien Scarpinato est également maire-adjoint de cette commune de la banlieue parisienne. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, il détaille le contenu de ces courriers électroniques et publications malveillantes, révélant une escalade de propos menaçants et homophobes. Ces derniers s’accompagnent de menaces explicites envers son conjoint, ainsi que de références à l’extrême droite et à l’échéance électorale de 2027. Autant dire que le climat dans lequel baignent les élus locaux, en particulier ceux engagés pour les droits LGBTQIA+, devient de plus en plus tendu.
Ce qu’il faut retenir
- Sébastien Scarpinato, adjoint au maire d’Ivry-sur-Seine et collaborateur de la députée Sabrina Sebaihi, a révélé sur Facebook les menaces de mort et messages homophobes qu’il subit depuis plusieurs jours.
- Parmi ces menaces, l’un des messages promettait de « trancher la gorge » à l’élu et à son conjoint, tandis qu’un autre évoquait l’attente de l’élection de Marine Le Pen en 2027 pour s’en prendre à ses proches.
- Scarpinato a annoncé avoir porté plainte contre X pour ces faits, qualifiant ces menaces de « violence extrême » et de « climat de plus en plus inquiétant ».
- Le parti Les Écologistes a réagi en dénonçant un « climat de haine » et a appelé à ne pas minimiser ces agissements, alors que les élections de 2027 approchent.
Un déluge de messages haineux ciblant l’élu et sa famille
Les messages reçus par Sébastien Scarpinato, dont certains ont été reproduits par ses soins, laissent entrevoir une violence verbale d’une rare intensité. L’un d’eux, signé par un internaute se présentant comme un « patriote », déclare : « Tu vas crever, je vais venir te trancher la gorge. » Un autre message, tout aussi explicite, menace également le conjoint de l’élu, évoquant la possibilité de lui infliger le même sort. Ces propos, d’une brutalité inouïe, s’accompagnent de références à des personnalités d’extrême droite, comme Kevin Nader, qui avait perturbé un conseil municipal à Ivry-sur-Seine le 11 juin 2026 en brandissant une croix et en récitant un Je vous salue Marie.
Dans son communiqué, Sébastien Scarpinato précise que ces menaces ne visent pas seulement sa personne, mais aussi son entourage proche. « Des menaces qui me visent. Qui visent mon conjoint. Et qui convoquent explicitement l’extrême droite et 2027 », a-t-il écrit. Ces éléments confirment une volonté d’intimidation systématique, où la haine s’exprime sans filtre et où les frontières entre débat politique et violence se brouillent.
Les Écologistes dénoncent un « climat de plus en plus inquiétant »
Face à cette situation, le parti Les Écologistes a apporté son soutien total à Sébastien Scarpinato. Dans un message publié sur X, le parti dénonce un climat où « la haine, le harcèlement et l’intimidation cherchent à faire taire celles et ceux qui s’engagent pour l’égalité et contre les discriminations ». La formation politique souligne que ces menaces ne relèvent pas de simples « débordements » sur les réseaux sociaux, mais bien d’une stratégie délibérée pour museler les opposants aux idées d’extrême droite.
« À l’approche de 2027, alors que les discours de haine se banalisent et que les personnes LGBTQIA+ sont régulièrement prises pour cible, nous refusons de nous habituer à cette violence », a affirmé le parti. Cette prise de position reflète l’inquiétude grandissante au sein des rangs écologistes, alors que les attaques contre les élus progressistes se multiplient, notamment en vue des prochaines échéances électorales.
Un contexte politique marqué par la montée des discours extrêmes
L’affaire survient dans un contexte où les tensions politiques et sociétales s’exacerbent, en particulier autour des questions liées à l’identité et aux droits des minorités. Sébastien Scarpinato, dont le parcours politique est marqué par son engagement pour les droits LGBTQIA+, incarne une cible privilégiée pour les mouvements hostiles à ces valeurs. Son poste d’adjoint au maire d’Ivry-sur-Seine, ville souvent associée à des politiques sociales progressistes, en fait un symbole pour ses détracteurs.
Les références à Marine Le Pen et à Kevin Nader dans les messages reçus par l’élu ne sont pas anodines. Elles illustrent une radicalisation des discours, où la violence verbale devient un outil de pression politique. Cette affaire rappelle les tensions observées lors d’autres épisodes similaires, comme l’intrusion de Kevin Nader lors du conseil municipal d’Ivry-sur-Seine, un incident qui avait alors suscité une vive polémique.
Cette situation laisse en suspens plusieurs questions. Comment les autorités locales et nationales comptent-elles renforcer la protection des élus et des militants face à ces menaces ? Quelles mesures seront prises pour endiguer la propagation des discours de haine en ligne, souvent vecteurs de violences ? Autant d’enjeux qui devront être tranchés dans les mois à venir, alors que la campagne électorale s’annonce déjà tendue.
L’élu a déposé plainte contre X pour menaces de mort et harcèlement. Une enquête préliminaire devrait être ouverte par les services de police, qui devront déterminer si les faits relèvent du harcèlement ou de l’incitation à la haine. Les associations de défense des droits LGBTQIA+ et les partis politiques pourraient se porter partie civile pour soutenir la procédure.
Le parti a d’ores et déjà apporté son soutien public à Sébastien Scarpinato. Une réflexion est en cours au sein du mouvement pour renforcer les dispositifs de protection des élus locaux, notamment en collaboration avec les collectivités territoriales et les forces de l’ordre. Une communication plus ciblée sur les réseaux sociaux pourrait également être envisagée pour contrer la propagation des discours de haine.