Le géant américain Meta, maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, a annoncé mardi s’allier au fonds d’investissement BlackRock, le plus important gestionnaire d’actifs au monde, pour financer un projet de centres de données aux États-Unis. Le coût total de cette infrastructure est estimé à 14 milliards de dollars, selon BFM Business. Les deux groupes ont précisé, dans un communiqué commun, qu’ils créaient une coentreprise dédiée au développement et à la propriété d’un campus de centres de données situé à El Paso, au Texas.
Ce qu’il faut retenir
- Un investissement de 14 milliards de dollars pour un campus de centres de données à El Paso, au Texas, dont la mise en service est prévue en 2028.
- BlackRock détiendra 80 % de la coentreprise, contre 20 % pour Meta.
- Ce projet vise à soutenir les technologies d’intelligence artificielle de Meta, avec une puissance de calcul d’un gigawatt.
- Meta a déjà investi massivement dans les centres de données, avec un budget prévu de 145 milliards de dollars en 2026.
- Le développement de ces infrastructures suscite des critiques croissantes sur leur impact environnemental et leur faible création d’emplois locaux.
Un partenariat financier inédit pour un projet colossal
Meta et BlackRock ont officialisé la création d’une coentreprise destinée à financer et exploiter un campus de centres de données à El Paso. BlackRock en détiendra la majorité, soit 80 %, tandis que Meta conservera 20 % du capital. Le coût global du projet est estimé à 14 milliards de dollars, selon BFM Business. Les deux partenaires se sont engagés à financer leur quote-part respective pour couvrir les coûts de construction, d’alimentation électrique, de refroidissement et de connectivité du site.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de Meta pour rattraper son retard face à des concurrents comme Google, OpenAI ou Anthropic dans le domaine de l’intelligence artificielle. L’entreprise, qui mise sur une accélération massive de ses investissements, prévoit ainsi de consacrer 145 milliards de dollars en 2026, soit près du double de son budget de l’année précédente.
Un campus dédié à l’IA et à la puissance de calcul
Le campus d’El Paso, dont la mise en service est prévue pour 2028, aura une capacité de calcul de un gigawatt. Cette infrastructure sera « essentielle pour donner vie aux technologies d’IA de Meta » et « accélérer les progrès sur les modèles d’IA », a souligné le communiqué commun. Les centres de données jouent en effet un rôle clé dans l’entraînement et l’utilisation des modèles d’intelligence artificielle, nécessitant une puissance de calcul colossale.
Meta n’est pas le seul acteur à investir massivement dans ces infrastructures. Début juillet 2026, l’entreprise a annoncé un autre projet au Canada, pour un montant de 9 milliards de dollars. Ces initiatives reflètent une course effrénée vers la domination du marché de l’IA, mais elles s’accompagnent également de vives critiques.
Des critiques persistantes sur l’impact environnemental et social
Le développement des centres de données suscite une opposition croissante, notamment en raison de leur consommation électrique élevée, de leurs besoins en eau importants, du bruit qu’ils génèrent et de la faible création d’emplois locaux. Ces infrastructures, bien que cruciales pour l’économie numérique, sont souvent accusées de peser lourdement sur les ressources locales sans bénéficier pleinement aux communautés environnantes.
Ces enjeux environnementaux et sociaux pourraient peser sur la perception publique du projet d’El Paso, alors que les régulateurs et les associations de défense de l’environnement renforcent leur surveillance sur ces infrastructures. BFM Business souligne que cette opposition s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des géants du numérique et de leur empreinte écologique.
Meta dans la course à l’IA : un virage stratégique coûteux
Avec un budget de 145 milliards de dollars alloué en 2026, Meta confirme sa volonté de devenir un acteur majeur de l’intelligence artificielle. Cet investissement massif s’ajoute à d’autres projets déjà annoncés, comme celui au Canada, et s’inscrit dans une dynamique de rattrapage face à des concurrents mieux établis. Cependant, cette stratégie implique des risques financiers et opérationnels considérables, notamment en raison de la complexité et du coût des infrastructures nécessaires.
L’entreprise, qui a longtemps misé sur les réseaux sociaux, accélère désormais sa transition vers l’IA, un virage qui pourrait redéfinir son modèle économique et sa position sur le marché technologique mondial. Pourtant, ces investissements s’accompagnent de défis majeurs, tant sur le plan technique qu’environnemental.
Ce partenariat marque une étape clé dans la course aux infrastructures numériques, mais il soulève également des questions sur l’équilibre entre innovation technologique et durabilité. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la viabilité de ce projet et son acceptation par les parties prenantes locales et environnementales.
El Paso, située à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, offre plusieurs avantages : un climat sec limitant les coûts de refroidissement, une proximité avec des sources d’énergie renouvelable, et des coûts immobiliers relativement bas. De plus, le Texas dispose d’un réseau électrique robuste et d’une réglementation favorable aux grands projets industriels.