Cinq jours après la découverte du corps de Lyhanna, 11 ans, dans un silo agricole isolé près de Fleurance (Gers), l’autopsie pratiquée ce vendredi 5 juin n’a pas permis d’établir les causes précises de son décès. Face à l’absence de conclusions définitives des médecins légistes, le parquet d’Agen a ordonné de nouvelles analyses pour tenter d’éclaircir les circonstances de la mort de la fillette. Selon Franceinfo – Faits divers, ces expertises complémentaires pourraient prendre plusieurs semaines avant de livrer leurs résultats.
Ce qu'il faut retenir
- Le corps de Lyhanna, 11 ans, a été retrouvé jeudi 4 juin dans un silo agricole abandonné près de Fleurance (Gers), dissimulé volontairement.
- L’autopsie réalisée le 5 juin n’a pas permis de déterminer les causes du décès, selon le procureur d’Agen, Olivier Naboulet.
- Jérôme Barella, 39 ans, ancien employé du site agricole, a été mis en examen et placé en détention provisoire. Il sera entendu prochainement par les enquêteurs.
- Quelque 1 700 véhicules ont été contrôlés dans le village le 5 juin, dans le cadre de l’enquête.
- Une marche blanche est prévue dimanche 7 juin à Fleurance en hommage à la fillette.
- Le procureur d’Agen a précisé que des examens complémentaires ont été ordonnés pour tenter de faire la lumière sur ce décès.
Un corps retrouvé dissimulé dans un silo abandonné
Le drame a éclaté jeudi 4 juin en fin d’après-midi, lorsque les gendarmes ont découvert le corps de Lyhanna dans un silo agricole situé en pleine campagne, à quelques kilomètres de Fleurance. Le lieu, désaffecté depuis plusieurs années, offrait selon les premiers éléments de l’enquête une cache discrète, connue de l’ancien employé du site. Les investigations menées sur place ont confirmé que le corps avait été dissimulé intentionnellement, sans que les circonstances exactes de sa présence dans ce silo ne soient encore élucidées.
Jérôme Barella, 39 ans, ancien employé du site agricole géré par une entreprise locale, est rapidement devenu le principal suspect. Ancien collègue de Barella, Pascal – dont le prénom a été modifié pour des raisons de confidentialité – a expliqué aux enquêteurs que l’homme connaissait parfaitement les lieux. « Je connais bien Barella et je connais bien le site puisqu’on y a travaillé ensemble. C’est un endroit très isolé en pleine campagne. Il ne sert plus depuis plusieurs années. Il y a plusieurs possibilités de cacher un corps là-bas puisque lui-même connaissait très bien ce site », a-t-il déclaré.
Une autopsie sans conclusion, de nouvelles expertises en cours
Dès le lendemain de la découverte du corps, une autopsie a été pratiquée pour tenter de déterminer les causes du décès de Lyhanna. Pourtant, selon les premiers éléments communiqués par le parquet d’Agen, les médecins légistes n’ont pu établir avec certitude ni la cause ni les circonstances de la mort. « Les médecins légistes, en l’état de leurs investigations, ne sont pas aujourd’hui en mesure d’indiquer quelles sont les causes de la mort. Dès lors, des examens et expertises complémentaires ont été ordonnés et vont être diligentés », a précisé Olivier Naboulet, procureur de la République d’Agen, dans un communiqué diffusé ce vendredi 5 juin.
Ces nouvelles analyses pourraient inclure des examens toxicologiques, des prélèvements complémentaires ou encore une réévaluation des lésions observées lors de l’autopsie initiale. Leur durée n’a pas encore été précisée, mais le procureur a indiqué qu’elles seraient menées « dans les meilleurs délais ». En attendant, l’enquête se poursuit pour tenter de reconstituer le déroulé des événements ayant conduit à la mort de la fillette.
Un suspect en détention provisoire, les enquêteurs multiplient les pistes
Jérôme Barella, qui travaillait depuis six ans pour l’entreprise gestionnaire du site agricole, a été interpellé dans la journée du 5 juin. Placé en garde à vue, puis en détention provisoire, il a été mis en examen pour « meurtre sur mineur de 15 ans » et « dissimulation de cadavre ». Les enquêteurs tentent désormais de reconstituer ses déplacements et ses contacts dans les heures précédant la découverte du corps.
Pour avancer dans leur enquête, les gendarmes ont contrôlé ce vendredi 1 700 véhicules dans le village de Fleurance, sans que l’on sache encore si des éléments nouveaux ont été recueillis lors de ces contrôles. Parallèlement, les enquêteurs examinent les télécommunications de Barella ainsi que les images de vidéosurveillance disponibles dans un rayon de plusieurs kilomètres autour du silo.
Les déclarations de ses anciens collègues, comme Pascal, pourraient s’avérer déterminantes. Celui-ci a souligné que Barella avait une connaissance approfondie du site et des possibilités qu’il offrait pour cacher un corps. « Lui-même connaissait très bien ce site », a-t-il rappelé, sans pour autant accuser directement l’ancien employé.
La colère et la tristesse des habitants de Fleurance
Depuis jeudi, la petite commune de Fleurance, située dans le Gers, est sous le choc. Les habitants, dont certains connaissaient la fillette, expriment une profonde émotion mêlée d’incompréhension. Une riveraine, mère de famille, a confié : « Fleurance a été touchée quand même. Par cette tristesse-là, je suis maman et je compatis pour les parents. »
D’autres voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un échec de la société à protéger les enfants. « Elle est tombée dans les filets d’un prédateur sexuel qui aurait dû être enfermé et qui n’aurait pas dû être en liberté. C’est inadmissible », a lancé une habitante, sous couvert d’anonymat. Ces propos reflètent une colère palpable dans la commune, où la confiance dans les dispositifs de protection de l’enfance est ébranlée.
Une marche blanche est organisée ce dimanche 7 juin à Fleurance pour rendre hommage à Lyhanna et soutenir sa famille. L’événement, prévu à 15 heures, devrait rassembler habitants, élus locaux et associations de protection de l’enfance. La municipalité a confirmé son soutien à l’initiative, tout en appelant au calme et au respect de la mémoire de la fillette.
En attendant, les questions restent nombreuses : quelles étaient les motivations de Barella ? A-t-il agi seul ? Quels éléments supplémentaires les nouvelles expertises pourraient-elles révéler ? Autant de points qui pourraient faire évoluer la procédure dans les semaines à venir.