Selon Le Figaro, Mohamed L., condamné pour le meurtre d’Alban Gervaise en 2022, va bientôt bénéficier d’un régime de soins allégé. Après plus d’un an d’hospitalisation complète sous contrainte en psychiatrie, sa sortie progressive a été validée par les autorités médicales et préfectorales. Désormais, il pourra regagner son domicile chaque soir et le week-end, probablement chez ses parents à Marignane (Bouches-du-Rhône), tout en continuant un suivi thérapeutique.
Ce qu'il faut retenir
- Mohamed L. a poignardé à mort Alban Gervaise, médecin militaire de 40 ans, en mai 2022 devant une école catholique à Marseille.
- En juin 2025, il a été déclaré pénalement irresponsable par la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence.
- Son hospitalisation complète sous contrainte va prendre fin prochainement, avec un passage à un régime de soins allégé dès cette semaine.
- Il sera présent à l’hôpital du lundi au vendredi mais pourra rentrer chez lui le soir et le week-end.
- Un traitement médical lui a été prescrit dans le cadre de ce nouveau dispositif.
Un meurtre commis devant une école catholique marseillaise
Le 26 mai 2022, Mohamed L. a porté plusieurs coups de couteau à Alban Gervaise, 40 ans, devant l’établissement scolaire où ce dernier enseignait à Marseille. Le médecin militaire, également père de famille, a succombé à ses blessures. L’agresseur, alors âgé de 26 ans, a été interpellé sur place et placé en détention provisoire avant d’être transféré en unité psychiatrique.
Cette affaire avait marqué l’opinion publique en raison du profil de la victime, mais aussi des circonstances du crime. Le procès en première instance avait révélé un contexte familial et social complexe, sans que les motivations exactes du meurtrier ne soient pleinement élucidées. Selon les éléments recueillis lors de l’enquête, aucun lien direct entre les deux hommes n’avait pu être établi.
Une déclaration d’irresponsabilité pénale en juin 2025
Près de trois ans après les faits, la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence a statué sur l’état mental de Mohamed L. en juin 2025. Les experts psychiatres ont conclu à son irresponsabilité pénale au moment des faits, en raison d’un trouble psychiatrique grave. Cette décision a entraîné son internement en milieu hospitalier sous contrainte, conformément à la loi.
Le Figaro révèle que les psychiatres et la préfecture ont désormais acté la fin de cette hospitalisation complète. La transition vers un régime de soins moins restrictif intervient après une évaluation jugée favorable de son état de santé mentale. Ce changement de protocole s’inscrit dans une logique de réinsertion progressive, tout en maintenant un cadre médical strict.
Un suivi médical renforcé et une sortie encadrée
À partir de cette semaine, Mohamed L. sera accueilli dans un programme de soins allégés. Il passera ses journées du lundi au vendredi dans l’établissement psychiatrique, mais pourra regagner son domicile le soir et pendant le week-end. Cette mesure, validée par les autorités compétentes, s’accompagne d’un traitement médical prescrit pour prévenir tout risque de rechute.
Le choix de son lieu de résidence provisoire se porterait sur Marignane, où vivent ses parents. Cette localisation n’a pas été officiellement confirmée par les services de l’État, mais plusieurs sources proches du dossier l’évoquent. Aucun détail n’a été communiqué concernant les conditions précises de ce retour à domicile, si ce n’est la nécessité de respecter les obligations thérapeutiques imposées.
La famille de la victime exprime un « profond sentiment de colère et d’injustice »
Christelle Gervaise, l’épouse d’Alban Gervaise, a réagi à cette décision dans les colonnes du Figaro. Elle évoque un « profond sentiment de colère, d’injustice, de tristesse » face à l’absence de condamnation pénale pour le meurtrier de son mari. Dès octobre 2023, elle s’était inquiétée publiquement des conséquences d’une éventuelle déclaration d’irresponsabilité : « S’il est déclaré irresponsable, il peut être dehors dans un ou deux ans. »
Cette sortie progressive, sans cadre judiciaire traditionnel, soulève des questions sur l’équilibre entre soins et sécurité publique. La famille Gervaise a déjà tenté de contester la décision d’irresponsabilité pénale en se pourvant en cassation, sans succès à ce jour. Le dialogue avec les autorités reste tendu, notamment sur les garanties apportées quant à la prévention d’une récidive.
Un cadre légal qui divise
Cette affaire illustre les débats récurrents autour de l’irresponsabilité pénale et de la prise en charge des personnes atteintes de troubles psychiatriques graves. En France, lorsque la justice établit qu’un accusé était atteint, au moment des faits, d’un trouble mental ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes, elle peut ordonner son internement en milieu psychiatrique. Mais cette mesure ne constitue pas une peine, ce qui peut générer des incompréhensions, voire des frustrations, auprès des familles de victimes.
Les associations de victimes dénoncent parfois un manque de transparence dans les évaluations psychiatriques et un flou autour des critères de sortie. À l’inverse, les défenseurs des droits des personnes souffrant de troubles mentaux insistent sur la nécessité d’éviter toute privation de liberté inutile. Dans cette affaire, l’État a choisi de privilégier une approche médicale, tout en maintenant une surveillance étroite via le suivi psychiatrique imposé.
Cette affaire laisse en suspens plusieurs interrogations : dans quelle mesure ce suivi médical sera-t-il suffisant pour prévenir tout risque de récidive ? Comment la société peut-elle concilier réinsertion et protection des citoyens ? Les réponses dépendront en partie de l’évolution de l’état de santé mentale de Mohamed L., mais aussi des garanties mises en place par les pouvoirs publics pour encadrer cette transition.
Mohamed L. a été déclaré pénalement irresponsable en juin 2025 par la justice, au motif qu’il souffrait d’un trouble mental grave au moment des faits. En droit français, cette irresponsabilité pénale entraîne un internement en milieu psychiatrique, mais pas une condamnation à une peine de prison. C’est une mesure de sûreté, et non une sanction, qui vise à soigner la personne tout en protégeant la société.
Christelle Gervaise a indiqué qu’elle maintenait son recours en cassation contre la décision d’irresponsabilité pénale. Par ailleurs, la famille continue de demander des garanties supplémentaires quant aux conditions de sortie de Mohamed L. Aucun calendrier précis n’a été communiqué pour ces démarches, mais la pression sur les autorités reste forte.