Alors que le Mexique s’apprête à accueillir deux matchs décisifs lors de la Coupe du monde, les tensions autour de la crise des disparitions forcées persistent. Selon RFI, les proches des personnes disparues multiplient les initiatives pour attirer l’attention du public et des autorités sur leur cause. Ces mobilisations, qui ont marqué le début de la compétition, se poursuivent malgré les festivités liées au Mondial. Le premier match, disputé à Mexico, a d’ailleurs été marqué par une polémique lorsque des supporters ont endommagé des portraits de disparus et agressé des mères à la recherche de leurs proches.

Ce qu'il faut retenir

  • Les proches des personnes disparues au Mexique profitent de la Coupe du monde pour alerter sur leur cause, selon RFI.
  • Un incident a éclaté lors du premier match à Mexico, où des supporters ont endommagé des portraits et agressé des mères chercheuses.
  • Les familles organisent des marches près des stades pour faire entendre leur voix auprès du public et des autorités.
  • Le Mexique accueille deux matchs importants : Ouzbékistan-Colombie le 17 juin, puis Mexique-Corée le 18 juin.

Une mobilisation persistante malgré les festivités

Alors que le Mexique vit au rythme des matchs de la Coupe du monde, les proches des disparus refusent d’être relégués au second plan. D’après RFI, ces familles organisent des rassemblements aux abords des stades pour interpeller les spectateurs et les médias. Leur objectif : rappeler que, derrière les exploits sportifs, une crise humanitaire majeure persiste dans le pays. Les disparitions forcées, souvent liées à la violence des cartels et à l’impunité des autorités, touchent des milliers de familles mexicaines.

Les manifestations ne se limitent pas à Mexico. Dans plusieurs villes du pays, les proches des disparus ont déployé des banderoles et des portraits géants pour marquer leur présence. Les autorités locales et la société civile sont ainsi interpellées directement, au moment où le Mexique brille sur la scène internationale. Autant dire que cette mobilisation prend une dimension particulière en pleine compétition mondiale.

Un incident révélateur lors du premier match

Le premier match de la Coupe du monde au Mexique, disputé à Mexico, a été marqué par un incident regrettable. Selon RFI, des supporters ont endommagé des portraits de personnes disparues exposés près du stade, avant de s’en prendre à des mères en quête de leurs proches. Cet événement a mis en lumière les tensions entre les festivités sportives et la réalité des familles endeuillées. Les images de ces agressions ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant une vague d’indignation.

Les associations de défense des droits humains ont condamné ces actes. « Ces portraits représentent des vies brisées, des familles détruites. Les agresser, c’est nier leur souffrance », a déclaré María González, porte-parole d’une organisation locale de lutte contre les disparitions. Les autorités mexicaines n’ont pas encore réagi officiellement à cet incident.

Le Mexique sous les projecteurs internationaux

La tenue de la Coupe du monde au Mexique offre une visibilité inédite à la crise des disparitions forcées. D’après les dernières estimations officielles, plus de 100 000 personnes seraient portées disparues dans le pays depuis 2006, selon les données du gouvernement mexicain. Les proches des disparus espèrent que cette médiatisation forcée permettra d’accélérer les recherches et de faire pression sur les autorités pour obtenir des réponses.

Les familles réclament notamment la mise en place d’un registre national des disparus et la formation de cellules spécialisées au sein des forces de l’ordre. « On ne veut plus être invisibles. Chaque match de la Coupe du monde est une occasion de rappeler que nos proches existent encore », a expliqué Rosa Martínez, dont le fils a disparu en 2020 dans l’État de Michoacán.

Et maintenant ?

Les prochains matchs au Mexique pourraient offrir aux familles une nouvelle tribune pour faire entendre leur voix. Les autorités mexicaines, sous pression internationale, devraient annoncer d’ici la fin du Mondial des mesures concrètes pour répondre à cette crise. Une réunion est prévue le 22 juin entre le président mexicain et les associations de victimes, selon des sources proches du dossier. La question reste de savoir si ces engagements seront suivis d’effets.

Dans l’immédiat, les proches des disparus préparent déjà de nouvelles actions pour les prochains matchs, notamment celui opposant le Mexique à la Corée du Sud. Leur combat, lui, ne s’arrêtera pas après la Coupe du monde.

D’après les dernières données du gouvernement mexicain, plus de 100 000 personnes seraient portées disparues depuis 2006. Ce chiffre inclut les victimes de disparitions forcées liées à la violence des cartels et aux conflits internes.