Le nouveau film de Guillaume Nicloux, «Mi Amor», s’affiche comme un mélange audacieux entre thriller psychologique et série B décalée. Selon Libération, cette œuvre, qui oscille entre excès narratifs et autodérision, évite de se prendre au sérieux malgré des moments de quasi-débâcle.

Ce qu'il faut retenir

  • Un mélange des genres : thriller sur fond de techno et série B tordue, le film explore des territoires cinématographiques hybrides.
  • Guillaume Nicloux signe une réalisation volontairement désinvolte, refusant toute prétention artistique.
  • Des excès assumés : le film frôle parfois la surcharge, mais cette approche participe à son charme décalé.
  • Un ton libéré : l’humour et l’ironie sont des éléments centraux, empêchant le projet de sombrer dans le sérieux.

Un film entre deux eaux

Guillaume Nicloux, connu pour ses réalisations audacieuses comme « La Religieuse » ou « Le Bruit des trous de mémoire », s’aventure cette fois sur un terrain moins conventionnel avec « Mi Amor ». D’après Libération, le réalisateur français y mêle une atmosphère de thriller paranoïaque à une esthétique proche de la série B des années 1970. Le scénario, volontairement confus, cultive une ambiguïté qui peut déstabiliser le spectateur, mais qui participe à l’identité même du film.

Le film repose sur un postulat simple : une histoire d’amour et de manipulation, teintée d’éléments technologiques et de conspiration. Pourtant, autant dire que la construction narrative peine parfois à convaincre. Les rebondissements, trop nombreux, donnent l’impression d’un scénario écrit à la hâte, comme si Nicloux avait préféré privilégier l’énergie visuelle et sonore à la cohérence.

Une esthétique volontairement kitsch

Le style de « Mi Amor » oscille entre hommage aux films de genre et parodie assumée. Selon Libération, les décors, les costumes et la photographie participent à une ambiance rétro qui rappelle les meilleurs (et les pires) exemples de la série B. Les couleurs saturées, les jeux d’ombres et les éclairages néon créent une atmosphère à la fois envoûtante et grotesque, comme si le film se moquait gentiment des codes du thriller classique.

Guillaume Nicloux joue avec les attentes du public, mélangeant humour noir, références cinéphiles et situations absurdes. Le résultat ? Un film qui ne cherche pas à être pris au sérieux, mais qui assume pleinement ses défauts. « On dirait presque un film que j’aurais pu tourner à 20 ans », aurait-il déclaré, selon des propos rapportés par Libération. Une déclaration qui résume bien l’esprit du projet : un film jeune, audacieux, et un peu fou.

Une bande-son qui défonce les tympans

Autre élément marquant de « Mi Amor » : sa bande-son, qui repose en grande partie sur une musique électronique répétitive et hypnotique. Libération souligne que cette ambiance sonore, proche de la techno des raves des années 1990, sert de toile de fond à l’intrigue. Elle renforce l’aspect paranoïaque du récit tout en ajoutant une dimension hypnotique, comme si le spectateur était lui-même sous l’emprise des rythmes envoûtants du film.

Les choix musicaux ne sont pas anodins : ils reflètent l’état d’esprit des personnages et l’ambiance générale du film. Entre les beats électroniques et les silences pesants, la musique devient un personnage à part entière, contribuant à l’immersion dans cet univers déjanté.

Et maintenant ?

La sortie de « Mi Amor » intervient dans un contexte où le cinéma français tente de se réinventer, entre blockbusters et films d’auteur. Si le film de Guillaume Nicloux ne prétend pas révolutionner le septième art, il pourrait séduire un public en quête de propositions audacieuses et décomplexées. Sa diffusion en salles, puis sur les plateformes, permettra de mesurer son impact réel. Reste à voir si le public suivra cette plongée dans l’univers déjanté du réalisateur.

Le film, qui est sorti en salles le 30 avril 2026, pourrait également intéresser les festivals spécialisés dans le cinéma de genre. Si les retours des premiers spectateurs sont mitigés, certains y verront une œuvre culte en devenir, tandis que d’autres critiqueront son manque de rigueur narrative. Une chose est sûre : « Mi Amor » ne laissera personne indifférent.

Non. En raison de son univers décalé, de sa violence stylisée et de son humour noir, le film s’adresse plutôt à un public adulte et averti. Les scènes de consommation de substances et les thèmes psychologiques peuvent également déstabiliser certains spectateurs.