Michel Platini a annoncé ce lundi 8 juin 2026 le dépôt d’une plainte contre Gianni Infantino, actuel président de la Fifa depuis 2016. Cette action judiciaire, qui vise également pour « dénonciation calomnieuse », s’inscrit dans un contexte de tensions anciennes entre les deux hommes, liés par leur passage commun à la tête de l’UEFA.

Ce qu'il faut retenir

  • Michel Platini dépose plainte ce 8 juin 2026 contre Gianni Infantino, président de la Fifa depuis 2016, pour trafic d’influence et dénonciation calomnieuse.
  • Les deux hommes ont collaboré au sein de l’UEFA, où Infantino était secrétaire général sous la présidence de Platini.
  • Cette plainte survient après des années de tensions entre les deux dirigeants du football européen.

Comme le rapporte Ouest France, l’ancien meneur de jeu de l’équipe de France et ex-président de l’UEFA a pris cette décision ce lundi 8 juin, marquant une nouvelle étape dans un contentieux qui dure depuis plusieurs années. La plainte déposée ce jour cible spécifiquement Gianni Infantino, accusé d’avoir usé de son influence au sein de la Fifa pour servir ses propres intérêts, selon les éléments transmis par Platini.

Le lien entre les deux hommes remonte à l’époque où Gianni Infantino occupait le poste de secrétaire général de l’UEFA, entre 2009 et 2016, sous la présidence de Michel Platini. C’est durant cette période que les premières tensions auraient émergé, avant d’éclater au grand jour avec les enquêtes judiciaires menées en France et en Suisse autour de soupçons de corruption et de conflits d’intérêts.

Dans un communiqué rendu public aujourd’hui, Michel Platini a indiqué que cette plainte faisait suite à des « accusations infondées » portées par Gianni Infantino, qu’il qualifie de « calomnieuses ». Il a précisé : «

Ces allégations, répétées à plusieurs reprises, visent à nuire à ma réputation et à détourner l’attention des vrais enjeux du football mondial. Je ne peux rester sans réagir face à de telles manœuvres.
»

Gianni Infantino, qui a toujours nié toute implication dans des affaires de corruption, n’a pas encore réagi officiellement à cette annonce. Depuis son élection à la tête de la Fifa en 2016, il a été au cœur de plusieurs polémiques, notamment concernant les attributions des Coupes du monde 2022 au Qatar et 2030 en Arabie saoudite, ainsi que sur la gestion des droits télévisuels et des sponsors.

Cette plainte intervient alors que les relations entre Platini et Infantino se sont fortement dégradées depuis 2019, lorsque Michel Platini a été définitivement innocenté par la justice française dans l’affaire du « bonus de 3 millions d’euros » versé par la Fifa en 2011. Malgré cette décision, Gianni Infantino avait maintenu des accusations publiques, ce qui avait poussé Platini à engager des poursuites pour diffamation.

Et maintenant ?

La procédure judiciaire devrait s’engager dans les prochains mois, avec une audience préliminaire attendue avant la fin de l’année 2026. Selon les observateurs, cette plainte pourrait relancer les enquêtes sur les pratiques au sein de la Fifa, notamment sur les conditions d’attribution des grands événements sportifs. Une décision de justice pourrait, à terme, contraindre la Fifa à revoir certaines de ses procédures internes.

Les répercussions de cette affaire dépassent le cadre strict du football européen. Plusieurs fédérations nationales et anciens dirigeants ont déjà exprimé leur inquiétude quant à l’image du football mondial, déjà ébranlée par les scandales passés. Reste à savoir si cette plainte aboutira à une sanction ou à une médiation entre les deux parties.

Pour l’heure, la Fifa n’a pas commenté officiellement cette annonce, se contentant de rappeler que « toutes les procédures judiciaires sont indépendantes et doivent être respectées ».

Michel Platini estime que Gianni Infantino a utilisé son poste à la Fifa pour favoriser des intérêts personnels ou ceux de certains partenaires, en violation des règles de transparence. Ces accusations s’appuient sur des documents et des témoignages recueillis lors d’enquêtes judiciaires passées, notamment celle liée au versement controversé de 2011.