Le géant américain Microsoft a dévoilé des résultats trimestriels exceptionnels, dopés par la croissance de son activité cloud Azure et ses investissements massifs dans l’intelligence artificielle, selon Euronews FR. Dans le même temps, Meta Platforms, maison mère de Facebook et Instagram, a vu ses bénéfices reculer en raison de coûts de restructuration et de frais juridiques, malgré des revenus supérieurs aux attentes.
Ce qu'il faut retenir
- Bénéfice net record pour Microsoft : +31 % sur un an à 35,8 milliards de dollars (31,3 milliards d’euros) au T4 2026.
- Croissance d’Azure accélérée à +45 % (à taux de change constant), dépassant les capacités disponibles malgré de nouvelles infrastructures.
- Microsoft 365 Copilot franchit les 30 millions d’abonnés payants, confirmant l’adoption de ses outils d’IA.
- Meta enregistre un bénéfice en baisse de 14 % à 15,85 milliards de dollars (13,8 milliards d’euros) en raison de coûts juridiques et de restructuration.
- Les revenus de Meta progressent de 28 % à 60,8 milliards de dollars (53,1 milliards d’euros), mais le bénéfice par action reste en dessous des attentes.
Microsoft : un trimestre historique porté par l’IA et le cloud
Microsoft a annoncé un bénéfice net en hausse de 31 % sur un an pour le quatrième trimestre fiscal 2026, atteignant un record de 35,8 milliards de dollars (31,3 milliards d’euros). Ce chiffre intègre cependant un gain latent de 3,2 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros) lié à son investissement dans Anthropic, une société spécialisée dans l’IA. Le bénéfice par action dilué s’élève à 4,81 dollar (4,20 euro), dépassant les prévisions des analystes, qui tablaient sur 4,24 dollars (3,71 euro).
Le chiffre d’affaires du groupe a progressé de 18 % pour atteindre 90 milliards de dollars (78,7 milliards d’euros) sur la période avril-juin 2026, soit un montant supérieur aux 87,6 milliards de dollars (76,6 milliards d’euros) attendus par les analystes de FactSet. Les revenus de Microsoft Cloud ont bondi de 27 % à 59,3 milliards de dollars (51,9 milliards d’euros), portés par une demande soutenue pour Azure et ses services d’IA intégrés. Les revenus d’Azure et des autres services cloud ont progressé de 43 %, confirmant la dynamique du cloud computing.
Le groupe a également revu à la hausse ses perspectives pour le trimestre en cours, anticipant un chiffre d’affaires compris entre 89,85 et 90,95 milliards de dollars (78,5 à 79,5 milliards d’euros), soit une croissance de 16 % à 17 %. Les revenus d’Azure devraient progresser de 45 % à taux de change constant, contre +43 % au trimestre précédent. « Cette année, les revenus d’Azure ont dépassé pour la première fois les 100 milliards de dollars (87,4 milliards d’euros), et Microsoft 365 Copilot a franchi le cap des 30 millions d’abonnés payants », a déclaré Satya Nadella, le directeur général du groupe, dans un communiqué.
Une stratégie IA récompensée, malgré des dépenses élevées
Les investisseurs s’interrogeaient sur la capacité de Microsoft à rentabiliser ses lourds investissements dans l’IA. Les résultats publiés semblent répondre à ces interrogations, avec une demande pour Azure qui continue de dépasser les capacités disponibles, malgré le déploiement de nouvelles infrastructures. La directrice financière Amy Hood a confirmé lors d’une conférence téléphonique que les plans de dépenses d’investissement pour 2026 restaient inchangés, à 190 milliards de dollars (165,9 milliards d’euros).
Cette stabilité tranche avec les concurrents, qui augmentent régulièrement leurs projections de dépenses. « Pour la première fois depuis trois trimestres, le marché semble disposé à reconnaître que ces dépenses achètent quelque chose de réel », a estimé Bryan Hayes, stratège d’investissement chez Zacks Investment Research. De son côté, Danielle Criste, directrice des relations investisseurs, a réaffirmé la confiance du groupe dans le rendement à long terme de ces investissements, soulignant « des signaux de demande solides et une utilisation croissante de nos produits ».
Michael J. Wolf, fondateur du cabinet Activate Consulting, a souligné que Microsoft « gagne sur les deux fronts » en fournissant à la fois l’infrastructure cloud pour l’IA en entreprise et en monétisant les outils d’IA intégrés dans les produits du quotidien. Le titre de Microsoft a ainsi bondi de près de 10 % en préouverture, reflétant la confiance des marchés dans la stratégie du groupe.
Meta : des revenus en hausse, mais un bénéfice en berne
De son côté, Meta Platforms a publié des résultats en demi-teinte pour le deuxième trimestre 2026. Si les revenus ont progressé de 28 % à 60,8 milliards de dollars (53,1 milliards d’euros), dépassant les attentes de Wall Street, le bénéfice net a reculé de 14 % à 15,85 milliards de dollars (13,8 milliards d’euros). Le bénéfice par action s’est établi à 6,18 dollars (5,40 euro), en deçà des 7,19 dollars (6,30 euro) anticipés par les analystes.
Les coûts et charges totaux ont explosé de 55 % à 42,03 milliards de dollars (36,7 milliards d’euros), incluant 2,4 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros) de provisions pour des procédures judiciaires et 1,18 milliard de dollars (1,03 milliard d’euros) de coûts de départ liés à une réduction des effectifs annoncée en mai. La marge opérationnelle s’est contractée à 31 %, contre 43 % un an plus tôt.
Malgré ce contexte difficile, Mark Zuckerberg, le directeur général de Meta, a réaffirmé son optimisme quant au potentiel de l’IA pour l’entreprise. « L’IA accélère aujourd’hui notre cœur de métier, alimente notre prochaine génération de produits et ouvre la voie à des opportunités totalement nouvelles pour les entreprises », a-t-il déclaré. « Les résultats sont déjà visibles et je suis optimiste quant au potentiel qui s’offre à nous. »
Ces résultats illustrent deux stratégies distinctes face à la révolution de l’IA : Microsoft mise sur une intégration verticale, de l’infrastructure cloud aux outils grand public, tandis que Meta tente de concilier croissance et maîtrise des coûts dans un environnement réglementaire et concurrentiel exigeant.
Le bénéfice net de Microsoft intègre un gain latent de 3,2 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros) lié à la valorisation de son investissement dans Anthropic, une société spécialisée dans l’intelligence artificielle. Ce gain, bien que non monétisé immédiatement, a artificiellement boosté le résultat net du groupe pour le trimestre.
Les résultats de Meta ont été pénalisés par une hausse de 55 % des coûts et charges totaux, incluant 2,4 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros) de provisions pour des procédures judiciaires et 1,18 milliard de dollars (1,03 milliard d’euros) de coûts liés à une réduction des effectifs. Ces éléments ont érodé la marge opérationnelle, passée de 43 % à 31 % sur un an.