Selon BFM Bourse, Microsoft a rassuré les investisseurs en publiant des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, notamment grâce à une croissance historique dans son activité cloud. L’action du géant technologique a ainsi bondi de 8,8 % en séance post-clôture mercredi 7 août 2026, effaçant partiellement les craintes liées à ses investissements massifs dans l’intelligence artificielle.
Ce qu'il faut retenir
- Croissance record dans le cloud : la division Azure affiche une hausse de 43 % sur un an, son meilleur rythme depuis 2022, dépassant les prévisions des analystes.
- Bénéfice par action en forte progression : à 4,81 dollars, en hausse de 32 % sur un an, contre 4,24 dollars attendus par le consensus.
- Revenus totaux en hausse de 18 % : à 90 milliards de dollars pour le trimestre clos fin juin, contre 87,7 milliards anticipés.
- Copilot franchit un cap : 30 millions de licences payantes utilisées fin juin, soit une progression de 10 millions en trois mois.
- Investissements maîtrisés : les capex prévus pour l’exercice 2026-2027 sont revus à la baisse, à 175 milliards de dollars sur l’année civile, contre 190 milliards initialement annoncés.
Un trimestre en demi-teinte effacé par les résultats cloud
Microsoft était sous pression depuis le début de l’année, son action ayant reculé de 19 % depuis janvier et de 27 % sur douze mois. La société, autrefois en lice pour la première capitalisation boursière mondiale avec Nvidia, avait vu sa valorisation s’éroder face aux doutes sur la rentabilité de ses investissements dans l’intelligence artificielle, notamment via sa division Azure. « Saaspocalypse », ce néologisme désignant la crainte d’un effondrement des modèles économiques des éditeurs de logiciels face à l’IA générative, avait pesé sur le secteur.
Les résultats publiés mercredi soir ont permis à Microsoft de retrouver un peu de crédit. Les revenus du groupe ont atteint 90 milliards de dollars sur le trimestre clos fin juin, en progression de 18 % sur un an (ou 17 % à changes constants). Le bénéfice par action s’est établi à 4,81 dollars, soit une hausse de 32 %, largement au-dessus des 4,24 dollars attendus par les analystes. « Un trimestre impressionnant », a salué la banque Citi dans une note adressée à ses clients.
Azure confirme sa place de leader face à Google Cloud
Le véritable tournant est venu de la division cloud, dont la croissance de 43 % sur un an marque le meilleur rythme depuis quatre ans. Ce chiffre dépasse les 39,7 % anticipés par les analystes et valide la stratégie de Microsoft dans l’infrastructure dématérialisée. « Ce résultat montre que l’augmentation de l’offre a favorisé une meilleure conversion de la demande », a commenté Citi, qui souligne que cette performance intervient après des mois de contraintes de capacité.
Si cette croissance reste inférieure aux 82 % affichés par Google Cloud, elle confirme qu’Azure conserve sa place de numéro deux mondial, derrière Amazon Web Services. « On avait l’impression que Google grignotait des parts de marché, mais Azure prouve qu’elle reste dans la course », a réagi Dave Wagner, gestionnaire de portefeuille chez Aptus Capital Advisors, cité par Reuters. Microsoft a d’ailleurs anticipé une nouvelle accélération d’Azure pour le trimestre en cours, avec une croissance attendue de 45 % (hors effets de change), portée par une demande qui dépasse toujours l’offre.
Copilot et les investissements maîtrisés séduisent les marchés
Autre point fort du trimestre : l’adoption de Copilot, l’outil d’IA intégré à la suite Office. Le nombre de licences payantes a atteint 30 millions fin juin, contre 20 millions trois mois plus tôt, soit une progression de 50 % en un trimestre. Citi tablait sur 28 millions de licences, ce qui laisse entrevoir un potentiel de monétisation croissant pour Microsoft.
Côté dépenses, la directrice financière Amy Hood a annoncé des capex (investissements en capital) de 50 milliards de dollars pour le premier trimestre de l’exercice 2026-2027, un montant inférieur aux 56 milliards redoutés par les investisseurs. Sur l’ensemble de l’année civile 2026, ces dépenses seront ramenées à 175 milliards de dollars, contre 190 milliards initialement prévus, en raison d’un changement de méthodologie comptable. « Ces chiffres montrent que les investissements colossaux de Microsoft dans l’IA portent leurs fruits », a résumé Reuters.
Un rebond boursier qui redonne confiance au secteur
L’action Microsoft a terminé la journée en hausse de 9 % à Wall Street, effaçant en partie les pertes accumulées depuis le début de l’année. Cette performance s’inscrit dans un contexte plus large de regain de confiance pour les valeurs technologiques, après des mois de volatilité liée aux craintes d’un ralentissement économique et à la montée en puissance des acteurs de l’IA. « C’est maintenant que les choses sérieuses commencent : les investisseurs seront-ils rassurés de constater que le secteur des logiciels se porte mieux ? », s’interroge Gene Munster, gérant chez Deepwater AM, sur la plateforme X.
Alors que le CAC 40 reculait de 0,60 % en fin de journée, Microsoft a fait figure d’exception parmi les valeurs technologiques françaises, où des sociétés comme Hermès (-11,03 %), Verallia (-4,67 %) ou STMicroelectronics (-3,55 %) ont subi des pressions. À l’inverse, des groupes comme SMCP (+19,56 %), Alten (+19,46 %) ou Kering (+16,91 %) ont enregistré des hausses significatives, reflétant une dynamique contrastée au sein du secteur.
À plus long terme, la capacité de Microsoft à transformer ses investissements dans l’IA en profits concrets restera un enjeu clé. Le secteur, lui, devra démontrer qu’il peut dépasser le stade des promesses technologiques pour entrer dans une ère de rentabilité durable, alors que les craintes d’un « Saaspocalypse » persistent malgré les bons résultats récents.
Azure représente le cœur de la stratégie de Microsoft dans le cloud et l’intelligence artificielle. Cette activité concentre une grande partie des investissements massifs du groupe (plus de 175 milliards de dollars prévus en 2026). Une croissance soutenue valide la pertinence de ces dépenses et rassure les investisseurs sur la capacité de Microsoft à monétiser ses technologies d’IA, comme Copilot.
Le terme « Saaspocalypse » est un néologisme combinant « SaaS » (Software as a Service) et « apocalypse ». Il désigne la crainte, exprimée par certains investisseurs, que les éditeurs de logiciels traditionnels (comme Microsoft) soient menacés par l’émergence de nouveaux outils d’IA générative, développés par des acteurs plus agiles. Cette crainte a pesé sur les valorisations du secteur avant les résultats récents de Microsoft.