Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud a prolongé son mandat au-delà de la date prévue, déclenchant des affrontements dans les rues de Mogadiscio depuis le mercredi 3 juin 2026. Selon Libération, ses troupes affrontent désormais des milices affiliées à ses opposants, qui rejettent cette décision et refusent de reconnaître la légitimité de cette extension.

Ce qu'il faut retenir

  • Depuis le 3 juin 2026, des combats opposent les forces loyales au président Hassan Cheikh Mohamoud à des milices d’opposition à Mogadiscio.
  • Ces affrontements font suite à la prolongation du mandat présidentiel, jugée illégitime par les opposants.
  • Les milices refusent de reconnaître cette décision et ont engagé des combats en pleine capitale.

Une décision contestée à l’origine des violences

Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud a officialisé la prolongation de son mandat, une mesure qui, selon ses détracteurs, viole les accords politiques en vigueur. Comme le rapporte Libération, cette décision a immédiatement provoqué une levée de boucliers au sein de l’opposition, qui accuse le chef de l’État de s’accrocher au pouvoir. Les milices affiliées à ces opposants, bien que dispersées, ont choisi de réagir par les armes, plongeant la capitale dans une vague de violences urbaines.

Les rues de Mogadiscio, déjà fragilisées par des années d’instabilité, sont désormais le théâtre de combats rapprochés entre les deux camps. Les forces de sécurité, fidèles au président, tentent de contenir l’avancée des milices, mais la situation reste extrêmement volatile.

Des milices organisées et déterminées

Les milices opposantes, regroupées autour de figures politiques marginalisées, disposent d’un réseau logistique et d’une capacité de mobilisation significative. D’après Libération, ces groupes armés, bien que non structurés comme une armée régulière, représentent une menace sérieuse pour la stabilité de la région. Leur refus catégorique de la prolongation du mandat s’inscrit dans un contexte de tensions politiques récurrentes en Somalie, où les changements de leadership se font souvent dans la violence.

Les combats, qui ont débuté dans plusieurs quartiers de Mogadiscio, ont déjà causé des dizaines de victimes et forcé des milliers de civils à fuir leurs domiciles. Les autorités locales ont imposé un couvre-feu partiel, mais son application reste difficile dans un contexte aussi fragmenté.

Le président Hassan Cheikh Mohamoud sous pression

Hassan Cheikh Mohamoud, en poste depuis 2022, justifie sa décision par la nécessité de garantir une transition politique « stable et ordonnée ». Il a déclaré, selon Libération : « La prolongation de mon mandat est une mesure temporaire pour éviter un vide institutionnel dangereux. Nous devons protéger les acquis démocratiques de notre pays. » Pourtant, cette argumentation ne convainc pas ses adversaires, qui y voient une manœuvre pour se maintenir au pouvoir.

L’opposition, menée par des figures comme l’ancien président Mohamed Abdullahi Mohamed « Farmajo », dénonce un « coup de force » et appelle à une mobilisation générale. Les milices, qui soutiennent ces leaders, ont d’ores et déjà menacé d’étendre les combats si leurs revendications ne sont pas entendues.

Et maintenant ?

Les prochaines 48 heures s’annoncent décisives : une médiation internationale, menée par l’Union africaine, est en cours pour tenter d’apaiser les tensions. Une réunion d’urgence du Parlement somalien, prévue pour le 6 juin 2026, pourrait redéfinir le cadre institutionnel et mettre fin aux violences. Cependant, le risque d’une escalade reste élevé si aucun compromis n’est trouvé.

La communauté internationale, déjà préoccupée par la résurgence des groupes djihadistes dans la région, surveille de près l’évolution de la situation. Une intervention militaire étrangère, bien que peu probable à court terme, n’est pas totalement exclue si la crise s’aggrave.

Une session parlementaire est prévue pour le 6 juin 2026 afin d’examiner la légitimité de la prolongation du mandat. Si aucun accord n’est trouvé, une transition forcée ou une intervention extérieure pourrait être envisagée.