Quatre jours après l’explosion survenue dans un immeuble résidentiel de Monaco, l’enquête progresse et révèle un visage inattendu : le principal suspect ne serait pas un homme, mais une femme d’une trentaine d’années, de nationalité ukrainienne et résidant en Allemagne. Selon Le Figaro, cette dernière aurait déposé un colis piégé devant le domicile de l’oligarque ukrainien Vadim Ermolaev, figure économique controversée visée par des sanctions internationales.
Ce qu'il faut retenir
- Une suspecte ukrainienne âgée d’une trentaine d’années, résidant en Allemagne, est désormais recherchée par les enquêteurs pour son rôle présumé dans l’attentat.
- L’explosion, survenue il y a quatre jours dans un immeuble monégasque, a blessé trois personnes, dont Ermolaev, dont l’épouse reste entre la vie et la mort.
- Les images de vidéosurveillance montrent un suspect vêtu d’un chapeau noir, d’un gilet et d’un pantalon blancs, ainsi que de baskets noires.
- L’enquête révèle que l’objectif n’était pas Monaco, mais bien une personne ciblée, selon les déclarations des autorités locales.
- Vadim Ermolaev, 45e fortune ukrainienne, est sous le coup de sanctions pour ses liens présumés avec le régime de Kiev et ses activités économiques en Ukraine.
Une enquête en pleine reconstruction des faits
L’explosion, qui s’est produite dans la soirée du 3 juillet 2026 dans un immeuble résidentiel situé à proximité de la frontière franco-monégasque, a blessé trois personnes. Parmi les victimes figurent Vadim Ermolaev, dont l’état de santé n’a pas été précisé, et deux autres membres de sa famille, tous d’origine ukrainienne. L’épouse de l’oligarque, grièvement blessée, est toujours hospitalisée dans un état critique, tandis que les deux autres victimes ont subi des blessures sans gravité.
Les premières investigations, menées conjointement par les autorités monégasques et les services de renseignement français, ont permis de reconstituer le parcours du suspect. Grâce aux images des caméras de surveillance de la principauté, les enquêteurs ont identifié une personne vêtue d’un chapeau noir, d’un gilet et d’un pantalon blancs, ainsi que de baskets noires, se dirigeant vers le domicile d’Ermolaev. « Le profil ne correspondait pas à celui d’un homme, mais à celui d’une femme », a indiqué une source proche de l’enquête à Le Figaro.
Un colis piégé déposé devant le domicile de l’oligarque
Les éléments recueillis par les enquêteurs suggèrent que le colis explosif aurait été déposé devant la résidence d’Ermolaev par la suspecte, avant d’être déclenché à distance ou par un mécanisme interne. Les autorités monégasques ont confirmé que l’attentat visait spécifiquement l’oligarque, et non la principauté dans son ensemble. « Ce n’était pas Monaco qui était visé », a déclaré un responsable local sous couvert d’anonymat, soulignant que l’incident s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques liées à la guerre en Ukraine.
Vadim Ermolaev, qui vit en exil en Europe de l’Ouest depuis plusieurs années, est une figure controversée du paysage économique ukrainien. Malgré les sanctions imposées par l’Union européenne pour ses liens présumés avec le gouvernement ukrainien, il aurait maintenu des activités en Ukraine, selon des informations rapportées par Le Figaro. Son nom est régulièrement cité dans des rapports d’experts sur le financement occulte de certains acteurs politiques et économiques en Ukraine.
Un contexte international sous haute tension
Cette affaire survient dans un contexte où Monaco, principauté réputée pour son cadre de vie luxueux et son attractivité financière, se retrouve malgré elle au cœur d’un conflit aux répercussions internationales. Les autorités locales ont d’ores et déjà renforcé les mesures de sécurité dans les zones résidentielles, tout en appelant à la retenue dans les spéculations médiatiques. « Les habitants du Rocher sont sous le choc, mais restent déterminés à poursuivre leur quotidien », a précisé un porte-parole de la principauté.
Parallèlement, cette enquête intervient quelques jours seulement après un autre drame aérien survenu en France. Un avion de type Pilatus, immatriculé en Allemagne, s’est écrasé près de Nancy le même jour, faisant onze morts. Bien que sans lien apparent avec l’attentat de Monaco, cet événement rappelle la fragilité des situations sécuritaires en Europe, où les tensions géopolitiques se répercutent sur le territoire.
Cette affaire pose également la question des liens entre les oligarques ukrainiens sous sanctions et les réseaux d’influence en Europe. Les prochaines semaines pourraient voir l’émergence de nouveaux éléments sur les motivations de la suspecte et son éventuel lien avec des groupes politiques ou criminels en Ukraine ou en Russie. Pour l’heure, l’enquête se poursuit sous haute surveillance.
Vadim Ermolaev est visé par des sanctions européennes pour son soutien présumé au gouvernement ukrainien et ses activités économiques controversées. Ces mesures, entrées en vigueur en 2024, incluent un gel de ses avoirs en Europe et une interdiction de voyager dans l’UE. Les détails précis de ces sanctions n’ont pas été rendus publics par les autorités.