Les espoirs de l'équipe de France de judo reposeront en grande partie sur deux figures emblématiques lors des Championnats du monde 2026. Selon Franceinfo - Sport, la Fédération française a officialisé vendredi 3 juillet la sélection de Teddy Riner et Clarisse Agbégnénou pour la compétition organisée à Bakou, en Azerbaïdjan, du 4 au 11 octobre prochain. Une nouvelle qui marque le retour de Riner sur le devant de la scène mondiale, après une année 2025 marquée par une pause compétitive prolongée.

Ce qu'il faut retenir

  • Teddy Riner, sacré à 11 reprises champion du monde, fera son retour sur les tatamis après son troisième titre olympique en 2024.
  • Clarisse Agbégnénou, revenue en compétition en 2023 après une première maternité, vise une 7e couronne mondiale.
  • Amandine Buchard, médaillée d'argent aux Championnats d'Europe 2025, n'a pas été retenue en raison de son engagement dans le rugby.
  • Les Bleus et Bleues disposeront de 17 judokas pour défendre leurs chances à Bakou, où 14 titres mondiaux seront mis en jeu.

La sélection française s'appuiera sur des valeurs sûres pour cette édition des Mondiaux. Teddy Riner, absent des grands rendez-vous depuis les Jeux de Paris en août 2024, avait confirmé son intention de reprendre la compétition en participant au Grand Slam de Lausanne fin août. Une reprise stratégique avant l'objectif des Jeux de Los Angeles en 2028, où le judoka de 37 ans pourrait viser un quatrième titre olympique.

Côté féminin, Clarisse Agbégnénou fait figure de favorite. La judoka de -63 kg, championne du monde en 2023 à Doha, revient d'un break de plusieurs mois après la naissance de son deuxième enfant en mars 2026. Son dernier résultat en compétition remonte aux Championnats d'Europe 2025 à Podgorica, où elle avait décroché l'argent. Une performance qui avait démontré sa capacité à retrouver rapidement le haut niveau, un an après son retour d'un premier congé maternité.

Une équipe renouvelée, avec des ambitions claires

La Fédération française n'a pas retenu Amandine Buchard pour ces Mondiaux, une décision qui s'explique par son double projet sportif. La judoka de 30 ans, médaillée d'argent aux Championnats d'Europe en avril 2026, a en effet choisi de privilégier le rugby, discipline dans laquelle elle évolue désormais. Buchard avait expliqué à l'encadrement ne pas être disponible pour les stages préparatoires cet été, en raison de ses engagements avec son club. Une absence qui illustre la diversité des parcours athlétiques en France, où certains judokas explorent d'autres horizons sportifs.

« Ces championnats représentent une étape clé sur la route des JO de Los Angeles. Nous avons sélectionné les athlètes féminines sur la base de leur engagement, de leurs résultats bien sûr, mais aussi de leur état d'esprit, dans une ambition individuelle et collective », a déclaré Lucie Décosse, responsable de l'équipe de France féminine, dans un communiqué. Une approche qui met en avant la cohésion d'équipe, un paramètre essentiel pour espérer briller à Bakou.

Les Bleus aligneront des cadres et des espoirs

Du côté des hommes, l'équipe de France présentera une équipe expérimentée, avec des judokas comme Luka Mkheidze et Joan-Benjamin Gaba, respectivement champions d'Europe et du monde en titre dans leurs catégories. Le grand favori reste bien sûr Teddy Riner, qui portera le poids des attentes dans la catégorie reine des +100 kg. Son retour après près de deux ans d'absence pourrait inspirer ses coéquipiers, dans une compétition où la France vise à conserver son statut de nation majeure du judo mondial.

Les Mondiaux 2026 seront également l'occasion pour de jeunes talents de se révéler. C'est le cas de Manon Deketer ou de Kaïla Issoufi, qui pourront profiter de l'expérience de leurs ainées pour progresser. La sélection féminine, annoncée par France Judo sur les réseaux sociaux, compte aussi des athlètes comme Sarah-Léonie Cysique (-57 kg) ou Romane Dicko, championne du monde 2022 en +78 kg. Autant de profils complémentaires pour couvrir les 14 catégories de poids en lice.

Un calendrier chargé avant l'échéance d'octobre

Avant de s'envoler pour Bakou, les judokas français devront passer par une phase de préparation intense. Teddy Riner et Clarisse Agbégnénou sont tous deux attendus au Grand Slam de Lausanne les 23 et 24 août, une compétition qui servira de répétition générale avant les Mondiaux. Pour Agbégnénou, cette reprise sera d'autant plus scrutée qu'elle devra retrouver son niveau de forme optimal après une longue interruption.

« Ces étapes intermédiaires sont cruciales pour évaluer notre état de préparation », a indiqué un membre de l'encadrement technique sous couvert d'anonymat. « Nous travaillons sur des objectifs précis pour chaque athlète, en tenant compte de leur historique et de leurs contraintes personnelles. » Une gestion fine qui pourrait faire la différence face à des adversaires comme le Japon, la Géorgie ou la Mongolie, nations traditionnellement redoutables en judo.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour affiner les stratégies avant Bakou. La Fédération française devrait organiser plusieurs stages de préparation collective d'ici la fin août, avec une attention particulière portée sur la condition physique et mentale des athlètes. Les résultats des Grand Slam et Grand Prix estivaux pourraient aussi entraîner des ajustements dans les dernières semaines précédant les Mondiaux.

Reste à savoir si Riner et Agbégnénou parviendront à retrouver leur meilleur niveau d'ici octobre. Leurs performances en Suisse seront un premier indicateur, mais c'est sur la durée que leur état de forme réel se révèlera. Une chose est sûre : leur présence en Azerbaïdjan redonne de l'ambition à l'équipe de France, qui mise sur eux pour ramener un maximum de médailles.

Les Championnats du monde 2026 s'annoncent donc comme une compétition charnière, bien au-delà du simple rendez-vous sportif. Pour les Bleus, l'enjeu est double : performer sur la scène internationale et préparer l'avenir, avec Los Angeles en ligne de mire. À moins d'un an des Jeux, chaque médaille ou déception à Bakou pourrait peser lourd dans la balance.

La Fédération française a expliqué sa non-sélection par son engagement dans le rugby, discipline qu'elle a choisie de privilégier depuis plusieurs mois. Buchard a indiqué ne pas être disponible pour les stages préparatoires cet été, en raison de ses obligations sportives dans son nouveau club. Elle avait remporté l'argent aux Championnats d'Europe en avril 2026, mais son absence prolongée des tatamis a pesé dans la décision.