La ministre de la Transition écologique Monique Barbut a participé aux réunions de crise sur les incendies depuis sa résidence secondaire de Sainte-Maxime (Var), entre le 22 et le 28 juillet 2026, selon Franceinfo - Politique. Cette révélation, rapportée par Le Canard enchaîné le 28 juillet, intervient alors que la ministre a récemment fait volte-face sur sa démission du gouvernement, avant de finalement rester en poste.
Ce qu'il faut retenir
- Monique Barbut a participé à distance aux réunions de crise sur les incendies, organisées les 25 juillet à 22 heures, 26 juillet au matin et 28 juillet à 10 heures, alors qu’elle séjournait à Sainte-Maxime.
- La ministre a quitté Paris le 22 juillet, après avoir finalement renoncé à sa démission, pour rejoindre sa résidence familiale dans le Var, un déplacement initialement prévu et non lié à sa démission avortée.
- Son entourage dénonce une tentative de « nuire » à la ministre, estimant qu’elle fait l’objet d’attaques systématiques depuis son entrée au gouvernement.
- Malgré les critiques, Monique Barbut prévoit toujours de partir en vacances familiales au Maroc fin août pour célébrer ses 70 ans, un voyage organisé avant même sa nomination au gouvernement.
- Le séjour au Maroc, prévu pour durer plusieurs jours, a été confirmé comme conforme aux règles en vigueur pour les membres du gouvernement.
Une démission annulée, un déplacement dans le Var
Le 21 juillet 2026, après l’adoption de la loi d’urgence agricole, Monique Barbut avait annoncé sa démission du gouvernement en signe de protestation contre l’ouverture à la réintroduction de deux pesticides, qualifiant ce texte de « recul environnemental de trop ». Dans un communiqué publié le lendemain matin, elle expliquait sa décision par son opposition à cette mesure. Pourtant, à la sortie du Conseil des ministres, son maintien au gouvernement a été annoncé, à la demande d’Emmanuel Macron. Un revirement qui a surpris une partie de l’opinion publique et des observateurs politiques.
Selon les informations de Le Canard enchaîné, relayées par Franceinfo - Politique, Monique Barbut a passé cinq jours dans sa villa de Sainte-Maxime, dans le Var, après avoir finalement choisi de rester au gouvernement. Son entourage a confirmé ce déplacement à franceinfo, précisant qu’il avait été programmé avant même les événements de juillet. La ministre est revenue à Paris dès le lundi 28 juillet pour assister au Conseil des ministres à 11h30 à l’Élysée. Un aller-retour qui a suscité des interrogations sur son implication dans la gestion des crises nationales.
Une participation à distance aux réunions de crise
Malgré sa présence dans le Var, Monique Barbut a pris part aux réunions de crise sur les incendies organisées par le Premier ministre. Les échanges ont eu lieu en visioconférence : d’abord le vendredi 25 juillet à 22 heures, puis le samedi 26 juillet au matin, avant une dernière réunion lundi 28 juillet à 10 heures, en présence du chef de l’État. Une modalité de travail que son entourage justifie par la nécessité d’agir rapidement sur la prévention et la reconstruction des forêts, tandis que la lutte contre les incendies relève du ministère de l’Intérieur.
« Il n’y a aucun problème pour travailler à distance, on prépare déjà un plan de reconstruction de nos forêts », a assuré un membre de son cabinet à Franceinfo - Politique. Les équipes de la ministre ont également rappelé que son rôle était de se concentrer sur la prévention des départs de feu et la restauration des écosystèmes, et non sur l’extinction des incendies, une mission dévolue à d’autres services de l’État. « On s’y fait beaucoup attaquer et particulièrement elle, qui se bat pour obtenir des arbitrages et ne rentre pas dans les codes d’un ministre récitant des éléments de langage », a souligné une source proche de la ministre.
Une polémique sur la gestion des apparences
Ce déplacement dans le Var, révélé par Le Canard enchaîné, s’ajoute à une série de critiques adressées à Monique Barbut depuis son entrée au gouvernement en juin 2026. Ses détracteurs lui reprochent d’abord une certaine discrétion, voire un manque de visibilité médiatique. Certains lui ont également reproché une erreur de communication sur des prévisions de canicules, alimentant une perception de maladresse dans la gestion des dossiers sensibles.
Pour ses soutiens, ces attaques relèvent d’une stratégie délibérée pour discréditer une ministre perçue comme indépendante et en désaccord avec les orientations gouvernementales. « C’est propre à ce ministère : on s’y fait beaucoup attaquer, et particulièrement elle, qui ne rentre pas dans les codes », a réagi son entourage. La ministre, ancienne présidente du Fonds mondial pour la nature (WWF France), est en effet connue pour son engagement environnemental, parfois en tension avec les priorités économiques du gouvernement.
Un voyage familial au Maroc malgré les polémiques
Malgré les critiques, Monique Barbut a confirmé qu’elle partirait bien en vacances en famille au Maroc fin août pour fêter ses 70 ans. Née à Casablanca, la ministre a toujours entretenu un lien fort avec le pays. Son entourage a précisé que ce voyage avait été organisé bien avant sa nomination au gouvernement, et que tous les membres de sa famille en avaient été informés. Une décision qui, selon ses proches, respecte les règles applicables aux membres du gouvernement.
« C’était un séjour prévu avant même qu’elle devienne ministre, tout le monde était au courant avant sa nomination », a indiqué une source proche de la ministre. « Tout est fait dans les règles. » Le voyage, dont la durée n’a pas été précisée, permettra à Monique Barbut de rejoindre Paris rapidement en cas de besoin, un argument avancé pour justifier le choix du Maroc comme destination. Un argument qui n’a pas suffi à faire taire les critiques, certains y voyant une provocation en pleine période de crise.
Reste à savoir si cette affaire aura un impact sur la carrière de la ministre. Son engagement en faveur de l’écologie, bien que salué par une partie de la société civile, semble en effet de plus en plus en tension avec les orientations du gouvernement. Une équation difficile à résoudre pour une ministre qui, malgré les critiques, reste en poste pour l’instant.
Selon Franceinfo - Politique, son maintien au gouvernement a été demandé par Emmanuel Macron lors du Conseil des ministres du 21 juillet 2026. Aucune raison officielle n’a été avancée, mais des observateurs évoquent une nécessité de stabilité au sein du gouvernement, alors que plusieurs crises (agricoles, environnementales) secouent le pays.
Son entourage a indiqué qu’elle travaillait sur un « plan de reconstruction des forêts », dont les premières mesures pourraient être annoncées à la rentrée 2026. Ces propositions s’inscrivent dans une logique de prévention des incendies, distincte de la gestion des feux en cours, confiée au ministère de l’Intérieur.