Selon Le Monde, une enquête de l’Observatoire des multinationales pointe du doigt les pratiques commerciales des enseignes Relay, détenues par le groupe Bolloré. L’étude dénonce une préférence accordée aux publications appartenant au même groupe, soulevant des questions sur l’indépendance éditoriale et la concurrence dans les espaces dédiés à la presse en gare.
L’Observatoire des multinationales, think tank spécialisé dans l’analyse des pratiques des grandes entreprises, vient de publier une enquête accablante à l’encontre du réseau Relay. Le groupe, propriété du milliardaire Vincent Bolloré — dont les positions ultraconservatrices sont régulièrement commentées —, serait accusé de favoriser systématiquement ses propres publications dans ses rayons en gare. Une situation qui, selon l’enquête, limite la diversité de l’offre disponible pour les voyageurs et interroge sur les règles de concurrence en vigueur.
Ce qu’il faut retenir
- Un monopole contesté : Le réseau Relay, présent dans la plupart des gares françaises, est mis en cause pour ses pratiques commerciales favorisant ses propres publications.
- Un milliardaire en ligne de mire : Vincent Bolloré, propriétaire du groupe, est connu pour ses positions politiques et économiques conservatrices.
- Une enquête de l’Observatoire des multinationales : L’étude révèle que Relay réserve une place de choix aux revues et livres du groupe Bolloré dans ses rayons.
- Des questions sur la concurrence : Les règles encadrant l’implantation des kiosques en gare sont au cœur des débats.
Un réseau dominant dans les gares françaises
Avec plus de 1 500 points de vente répartis dans les gares françaises, Relay occupe une place quasi exclusive dans l’offre de presse et de lecture proposée aux voyageurs. Le groupe, contrôlé par la famille Bolloré, domine ainsi un marché où la concurrence est limitée. Pourtant, cette domination est désormais remise en cause par des acteurs associatifs et économiques, qui dénoncent un manque de transparence et une distorsion de concurrence.
L’enquête de l’Observatoire des multinationales, relayée par Le Monde, met en lumière un phénomène précis : les publications du groupe Bolloré — notamment des magazines et revues édités par Bolloré Media — bénéficieraient d’un traitement de faveur dans l’agencement des rayons. Une situation qui, selon les auteurs de l’étude, « limite l’accès à une presse diversifiée pour les usagers des transports ».
Un milliardaire au profil controversé
Vincent Bolloré, figure emblématique du monde des affaires français, n’est pas un inconnu dans le débat public. Son groupe, Bolloré, est présent dans de nombreux secteurs, de la logistique à l’énergie, en passant par les médias. Ses prises de position politiques, souvent qualifiées d’ultraconservatrices, ont alimenté de vives polémiques ces dernières années.
Côté économique, la famille Bolloré détient une part majoritaire du capital de Relay, ce qui lui confère un contrôle direct sur les choix éditoriaux et commerciaux de l’enseigne. Une concentration de pouvoir qui, selon les observateurs, soulève des questions sur l’équité des règles du jeu concurrentiel dans les espaces publics comme les gares.
Des pratiques commerciales sous le feu des projecteurs
L’enquête de l’Observatoire des multinationales s’appuie sur des observations réalisées dans plusieurs gares françaises. Les auteurs soulignent que les publications du groupe Bolloré — qu’il s’agisse de magazines, de revues ou de livres — occupent une place disproportionnée par rapport à leur part de marché réelle. « On constate une forme de captation de l’espace public au profit des intérêts du groupe », a indiqué l’un des chercheurs à l’origine de l’étude.
Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres cas de conflits d’intérêts dans le secteur de la distribution. En 2023, une enquête de l’Autorité de la concurrence avait déjà pointé des pratiques similaires dans le secteur de la grande distribution, où certains groupes imposaient leurs propres marques en tête de gondole.
De son côté, Relay n’a pas encore réagi publiquement aux accusations portées par l’Observatoire des multinationales. Le groupe, contacté par Le Monde, s’est refusé à tout commentaire, se contentant de rappeler que ses offres respectaient les règles en vigueur.
Reste à savoir si cette polémique contribuera à faire évoluer les règles encadrant l’implantation des kiosques en gare. Une chose est sûre : la question de la diversité de l’offre et de l’équité concurrentielle ne manquera pas de revenir dans le débat public.
Selon l’enquête de l’Observatoire des multinationales, il s’agit principalement des magazines et revues édités par Bolloré Media, une filiale du groupe Bolloré. Ces publications bénéficieraient d’un placement privilégié dans les rayons Relay, au détriment d’autres titres indépendants.