Alors que la rentrée 2026 se profile à l’horizon, le moral des Français reste au plus bas. 63 % des personnes interrogées déclarent être inquiètes face à la situation du pays, selon un sondage Opinion en direct de l’institut Elabe pour BFM - Politique, publié ce mercredi 26 août. Un pessimisme qui traverse toutes les catégories de la population et qui se maintient à un niveau identique à celui observé lors de la rentrée précédente.

Ce qu'il faut retenir

  • Un sondage Opinion en direct Elabe pour BFM - Politique révèle que 63 % des Français sont inquiets face à la situation du pays à l’approche de la rentrée 2026.
  • Parmi les émotions exprimées, 41 % des sondés se disent exaspérés, tandis que 38 % ressentent de la colère, et 11 % seulement l’espoir, classé 9e parmi 15 sentiments.
  • Sept Français sur dix (69 %) estiment aller bien personnellement, un chiffre en hausse de dix points par rapport à 2025, mais neuf sur dix (90 %) jugent que le pays ne va pas bien.
  • Les incendies (61 %), les épisodes de canicule et de sécheresse (45 %), ainsi que la hausse des prix du carburant (44 %) sont les événements de l’été qui ont le plus marqué les Français.
  • Pour les sondés, la priorité d’action du gouvernement doit être le pouvoir d’achat (48 %), devant la sécurité (32 %) et la dette publique (29 %).

Interrogés sur leur état d’esprit à l’issue de la trêve estivale, les Français expriment un large éventail d’émotions négatives. Selon le sondage Opinion en direct Elabe pour BFM - Politique, 41 % des sondés se disent exaspérés, 38 % ressentent de la colère, 29 % une lassitude, 24 % de la peur, 21 % de la tristesse et 20 % de la fatigue. L’espoir, premier sentiment positif, n’apparaît qu’en 9e position parmi 15 émotions, avec seulement 11 % de citations.

Pourtant, ce tableau morose contraste avec le sentiment de bien-être personnel des Français. 69 % des sondés estiment aller bien, un chiffre en progression de dix points par rapport à l’année dernière et qui retrouve son niveau de 2024 (68 %) et 2023 (69 %). Après un net recul lors de la rentrée 2025 (59 %), cette amélioration reflète une relative résilience individuelle malgré un contexte national perçu comme dégradé.

Un pessimisme transversal, mais des nuances selon l’âge et le vote

Le pessimisme ambiant concerne l’ensemble des catégories de la population, mais avec des intensités variables. Les 18-34 ans sont un peu moins alarmistes (78 % d’inquiets) que les 50 ans et plus (95 %). Côté politique, les électeurs du Rassemblement National (RN) sont les plus pessimistes, avec 97 % d’inquiets, suivis par ceux du Nouveau Front populaire et de La République en Marche (LREM).

Cette défiance généralisée s’explique en grande partie par une actualité estivale marquée par des événements marquants. Parmi une liste de 19 faits survenus ces deux derniers mois, les Français citent en tête les incendies (61 %), qui ont particulièrement touché le Sud-Ouest et les retraités (73 % dans ces catégories). Viennent ensuite les épisodes de canicule et de sécheresse (45 %), la hausse des prix du carburant (44 %) et le piratage de données (24 %).

Les incendies, notamment ceux qui ont ravagé la Gironde, occupent une place centrale dans les esprits. Le traumatisme persiste pour de nombreux sinistrés, comme en témoignent les retours des populations concernées. La hausse des prix du carburant, quant à elle, est particulièrement citée par les électeurs RN (63 %), les employés et ouvriers (55 %), ainsi que les habitants des zones rurales (53 %).

Priorités d’action : le pouvoir d’achat en tête des préoccupations

Alors que le gouvernement d’Élisabeth Borne, puis celui de Sébastien Lecornu, tente de trouver une majorité pour le budget 2027, les Français placent le pouvoir d’achat en tête de leurs priorités. 48 % des sondés estiment que c’est la première action à mener, devant la sécurité (32 %), la dette publique (29 %), la santé (28 %) et l’immigration (27 %).

Ces priorités varient toutefois selon les sensibilités politiques. Les électeurs du Nouveau Front populaire citent en premier le pouvoir d’achat (53 %), les inégalités sociales (41 %), la santé (38 %) et la lutte contre le dérèglement climatique (38 %). Ceux du bloc central (Ensemble) privilégient la dette (43 %) et la lutte contre le changement climatique (39 %). Les sympathisants des Républicains (LR) mettent en avant la dette (42 %), le pouvoir d’achat (41 %) et la sécurité (37 %). Enfin, les électeurs du RN placent l’immigration en tête (61 %), suivie du pouvoir d’achat (53 %) et de la sécurité (48 %).

Un été 2026 marqué par des crises multiples

Le moral en berne des Français s’inscrit dans un contexte estival particulièrement mouvementé. Outre les incendies et les vagues de chaleur, le pays a également été marqué par la hausse des prix à la pompe, perçue comme un symbole de l’inflation persistante. Les piratages informatiques, dont celui ayant touché des données sensibles, ont également contribué à alimenter un sentiment de vulnérabilité.

Dans un même temps, les conflits à l’étranger, comme la guerre en Ukraine ou les tensions au Moyen-Orient, ainsi que la question migratoire, ont été moins cités par les sondés. Seuls 16 % mentionnent les guerres au Moyen-Orient, 14 % celle en Ukraine, et 13 % la crise migratoire à Ceuta. Ces sujets, bien que présents dans le débat public, semblent moins prégnants dans l’esprit des Français à l’approche de la rentrée.

Et maintenant ?

Alors que le gouvernement doit présenter son budget 2027 dans les prochains mois, la question du pouvoir d’achat restera au cœur des négociations. Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour évaluer la capacité des autorités à répondre aux attentes des Français, dans un contexte économique et social toujours tendu. La rentrée politique s’annonce donc chargée, avec des arbitrages budgétaires qui pourraient attiser ou apaiser les tensions.

Les résultats de ce sondage Opinion en direct Elabe pour BFM - Politique, réalisé du 25 au 26 août auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus, reflètent une société française en quête de repères. Entre résilience individuelle et inquiétude collective, les prochains mois diront si le moral des Français pourra se redresser face aux défis qui les attendent.

Les incendies arrivent en tête (61 %), suivis des épisodes de canicule et de sécheresse (45 %), de la hausse des prix du carburant (44 %) et du piratage de données (24 %).

Le pouvoir d’achat est cité en première position par 48 % des sondés, devant la sécurité (32 %) et la dette publique (29 %).