Le 21 février 2026, environ 3 200 personnes se sont rassemblées à Lyon pour rendre hommage à Quentin Deranque, un militant d’extrême droite tué la semaine précédente. La préfecture du Rhône a annoncé qu’elle allait saisir la justice au sujet de saluts nazis ainsi que d’insultes racistes et homophobes survenus pendant l’hommage.

Les organisateurs de la marche ont estimé la participation à 3 500 personnes, tandis que la préfecture a avancé le chiffre de 3 200 participants. Le cortège a défilé dans le calme sous la surveillance d’un important dispositif policier, composé de renforts de CRS, de gendarmes mobiles et de deux drones.

Le contexte de la marche

La marche en hommage à Quentin Deranque a été organisée par des groupuscules d’ultradroite, dont les « nationaux-révolutionnaires » Allobroges-Bourgoin, les identitaires d’Héritage Lyon et du collectif féministe Némésis, les « nationaux-identitaires » d’Audace Lyon et les nationalistes monarchistes et antirépublicains de l’Action française.

Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a déclaré : « Je ne veux pas que Lyon soit la capitale de l’ultradroite, à aucun moment. C’est d’abord la ville de Jean Moulin, la capitale de la Résistance. » Il a également épinglé la décision de la région Auvergne-Rhône-Alpes de placer le portrait de Quentin Deranque sur la façade de son siège, qualifiant cela de « récupération politique » qui relève de « l’indécence ».

Les faits marquants de la marche

Le cortège a défilé derrière de larges portraits de Quentin Deranque, avec des symboles de l’ultradroite visibles et des discours très politiques tenus contre « le gauchisme » ou « la violence antifasciste ». Des banderoles « l’extrême gauche tue » côtoyaient des drapeaux bleu, blanc, rouge, tandis que les manifestants scandaient « Antifas assassins », « LFI complice » ou encore « Jeune Garde en prison, libérez la ville de Lyon ».

La région Auvergne-Rhône-Alpes, dont l’exécutif est dirigé de fait par Laurent Wauquiez (Les Républicains), a déployé un large portrait du jeune homme sur sa façade. Des anciens membres des Remparts (mouvement dissous), d’Audace – descendant du Bastion social, un groupe nationaliste-révolutionnaire dissous en 2019 – et du syndicat d’extrême droite, la Cocarde étudiante, étaient présents dans la foule.

Les personnalités présentes

Yvan Benedetti, ancien dirigeant pétainiste de l’Œuvre française, mouvement aujourd’hui dissous, et ex-cadre du Front national avant son exclusion, était présent en première ligne du cortège à Lyon. Marc de Cacqueray-Valmenier, ex-dirigeant des Zouaves Paris, groupuscule d’ultradroite aujourd’hui dissous, était également présent.

Le sénateur du Rhône Etienne Blanc (LR) a déclaré : « Je ne me voyais pas assez de couardise pour rester tranquillement chez moi au coin du feu. On ne peut pas laisser ça dans l’indifférence. J’affirme que je trouve cet assassinat monstrueux. »

Les suites de la marche

La préfecture du Rhône a annoncé qu’elle allait saisir la justice au sujet de saluts nazis ainsi que d’insultes racistes et homophobes survenus pendant l’hommage. Une personne a été interpellée au cours de la marche en hommage à Quentin Deranque à Lyon, en possession d’un couteau et d’un marteau.

Le président Emmanuel Macron a appelé « tout le monde au calme » et a annoncé que le gouvernement se réunirait la semaine prochaine pour discuter des « groupes d’action violente ». Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a rappelé que la ville allait rester sous une « extrême vigilance » des policiers nationaux et municipaux tout le week-end.

La marche en hommage à Quentin Deranque a laissé de nombreuses questions en suspens, notamment sur les suites judiciaires des faits constatés pendant la marche et sur les mesures à prendre pour prévenir de tels événements à l’avenir. Les prochaines semaines seront donc à surveiller de près pour voir comment les autorités réagiront à cette situation.