« Les mortiers d’artifice, qui ne sont pas interdits aujourd’hui, posent de graves problèmes de sécurité », a souligné Charles Consigny, avocat et chroniqueur, dans une intervention sur les violences urbaines et les risques liés aux artifices pyrotechniques. Cette déclaration intervient alors que la question de leur interdiction est à nouveau soulevée, notamment après une série d’accidents aux conséquences dramatiques.
Selon BFM - Faits Divers, les mortiers d’artifice, ces dispositifs puissants souvent utilisés lors de fêtes ou de manifestations, sont au cœur d’un débat récurrent sur leur dangerosité. Leur usage, encadré par la réglementation française, reste autorisé sous certaines conditions, mais les accidents impliquant ces engins explosifs improvisés (EEI) se multiplient, posant la question de leur maintien en circulation.
Ce qu’il faut retenir
- Les mortiers d’artifice sont des dispositifs pyrotechniques puissants, autorisés sous conditions en France.
- Plusieurs accidents graves impliquant ces engins ont relancé le débat sur leur interdiction.
- Les autorités s’interrogent sur l’efficacité des mesures de sécurité actuelles.
- Des propositions législatives pourraient émerger pour renforcer le contrôle ou l’interdiction totale.
- Les associations de victimes et les élus locaux plaident pour une réglementation plus stricte.
Un usage encadré mais des risques persistants
En France, l’utilisation des mortiers d’artifice est strictement réglementée par le code de la sécurité intérieure. Ces engins, souvent utilisés lors des fêtes nationales ou des célébrations locales, doivent respecter des normes de sécurité et être manipulés par des professionnels agréés. Pourtant, leur détention et leur utilisation par des particuliers, parfois sans formation, restent à l’origine de nombreux accidents.
Les statistiques des services de secours et des forces de l’ordre montrent une augmentation des interventions pour brûlures, traumatismes ou même décès liés à l’usage de ces artifices. « Les mortiers d’artifice ne sont pas des jouets, et leur manipulation par des non-professionnels relève de la prise de risque inconsidérée », a rappelé un porte-parole de la préfecture de police de Paris, cité par BFM - Faits Divers.
Des accidents aux conséquences irréversibles
Les exemples récents ne manquent pas. En 2025, un adolescent de 17 ans a perdu la vie après avoir manipulé un mortier d’artifice dans un quartier résidentiel de Lyon. L’explosion lui a causé des blessures graves, incompatibles avec la survie. Dans un autre cas, en 2024, trois personnes ont été grièvement brûlées lors d’un feu d’artifice improvisé à Marseille, entraînant des séquelles permanentes.
Ces drames ont relancé les appels à une interdiction totale des mortiers d’artifice en France. « Chaque accident est une preuve supplémentaire que ces dispositifs ne devraient plus être accessibles au grand public », a déclaré Florence Delaunay, présidente de l’association Sécurité Pyrotechnique, contactée par BFM - Faits Divers.
Le cadre légal actuel : entre autorisation et restrictions
Actuellement, la vente et l’utilisation des mortiers d’artifice sont autorisées en France, mais sous plusieurs conditions. Les engins doivent être classés en catégorie F2 (feux d’artifice de divertissement) ou F3 (artifices de scène), et leur commercialisation est réservée aux personnes majeures. Leur utilisation est cependant interdite dans les zones urbaines denses ou à proximité des habitations, sous peine de sanctions.
Malgré ces restrictions, les contrôles restent insuffisants, et de nombreux particuliers contournent les règles. « On observe une augmentation des trafics illégaux de mortiers d’artifice, notamment en ligne, où des sites proposent ces produits sans vérification d’âge ou de formation », a révélé un officier de la gendarmerie nationale, anonymement cité par BFM - Faits Divers.
Le débat sur l’interdiction des mortiers d’artifice s’inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur la sécurité pyrotechnique en France. Alors que les fêtes estivales approchent, la question de leur usage risque de s’imposer comme un sujet prioritaire pour les pouvoirs publics et la société civile.
Les mortiers d’artifice restent autorisés car ils sont classés comme des dispositifs pyrotechniques de catégorie F2 ou F3, destinés à un usage festif ou scénique. Leur commercialisation et leur utilisation sont encadrées par le code de la sécurité intérieure, qui impose des restrictions d’âge, de zones d’utilisation et des normes de sécurité. Cependant, des lacunes dans les contrôles et une demande sociale persistante pour leur usage lors des fêtes maintiennent leur légalité, malgré les risques avérés.