Un serment gravé dans la mémoire et un parcours qui défie les codes. Le 26 janvier 2023, Nabil Lakhal a fait broder sur sa robe d’avocat la date à laquelle il a prêté serment devant la première chambre de la Cour d’appel de Paris. Une date symbolique pour cet homme qui a construit son ascension professionnelle à la force de son ambition et de ses rencontres décisives. Selon Capital, ce parcours hors norme illustre une forme d’excellence accessible, malgré les obstacles initiaux.
Ce qu'il faut retenir
- Le 26 janvier 2023 : date symbolique du serment de Nabil Lakhal, gravée sur sa robe d’avocat.
- Origines modestes : enfance à Pont-de-Beauvoisin (Isère) avec une mère célibataire.
- Un mentor décisif : un professeur de lycée à Saint-Raphaël lui ouvre les portes de formations d’excellence.
- Parcours académique : intégration à Sciences Po, stage à l’Élysée et en cabinet ministériel.
- Début professionnel : entrée chez Haïk & Associés, spécialisé en droit pénal, sans expérience préalable dans ce domaine.
- Mobilité sociale : déménagement du XIe au XVIIe arrondissement de Paris, symbole de son ascension.
Des origines modestes à l’ambition décomplexée
Nabil Lakhal a grandi à Pont-de-Beauvoisin, dans l’Isère, élevé par une mère célibataire. Ce contexte ne l’a pas empêché de nourrir de grandes ambitions, bien au contraire. C’est au lycée Saint-Exupéry de Saint-Raphaël qu’un professeur a joué un rôle clé dans son orientation. Ce dernier lui a proposé de viser des formations d’élite comme l’ENA ou Sciences Po. « Ce ‘geek d’école’ se sentait pousser des ailes », rapporte Capital. Pour Lakhal, la réussite n’est pas un hasard, mais le fruit d’un combat collectif : « La réussite est un sport de combat, mais collectif. Il faut une famille, un coach, des ‘angels’ », explique-t-il.
Le choix de graver la date de son serment sur sa robe d’avocat n’est pas anodin. Pour lui, ce titre représente bien plus qu’un diplôme : c’est une reconnaissance sociale, une preuve tangible de son ascension. « Quand on n’a pas grand-chose, on s’attache au statut, au titre. Je voulais essayer d’avoir un titre », confie-t-il à Capital.
Un parcours académique jalonné de défis surmontés
Sans réseau initial, Nabil Lakhal a multiplié les expériences pour se construire un CV d’excellence. Il a ainsi obtenu un stage à l’Élysée, puis dans un cabinet ministériel, avant d’intégrer Sciences Po. Une intégration qu’il décrit avec humilité : « À Sciences Po, j’ai eu un peu honte de dire d’où je venais. Une honte, une pudeur ». Ces mots révèlent les obstacles invisibles de la mobilité sociale, où la méconnaissance des codes peut freiner l’ambition.
Une fois son diplôme en poche, Lakhal a franchi une nouvelle étape en rejoignant le cabinet Haïk & Associés, spécialisé en droit pénal. Un choix audacieux, car il n’avait aucune expérience préalable dans ce domaine. Pourtant, son approche a séduit Jacqueline Laffont-Haïk, fondatrice du cabinet : « Je ne connaissais rien à cette discipline, mais j’ai proposé ma force de travail. Jacqueline Laffont-Haïk m’a fait confiance », raconte-t-il. Cette confiance accordée à un profil atypique illustre une tendance croissante dans certains milieux professionnels, où la diversité des parcours est désormais perçue comme un atout.
L’ascension sociale, une question de codes et de rencontres
Pour Nabil Lakhal, l’ascension sociale ressemble davantage à « un escalier, avec des marches hautes et irrégulières » qu’à un ascenseur. Cette métaphore souligne la difficulté de gravir les échelons dans un environnement où les codes sociaux jouent un rôle déterminant. « Il faut comprendre les codes sociaux, l’habitus », souligne-t-il. Une phrase qui résume bien les défis rencontrés par ceux qui, comme lui, viennent de milieux éloignés des cercles du pouvoir.
Son parcours l’a également conduit à changer de cadre de vie. Il a quitté le XIe arrondissement de Paris pour s’installer dans le XVIIe, l’un des quartiers les plus huppés de la capitale. Ce déménagement symbolise à lui seul l’ampleur de son ascension. Une preuve concrète que, malgré les obstacles, la mobilité sociale reste possible — à condition de savoir s’adapter et de s’entourer des bonnes personnes.
Le droit pénal, un terrain d’expérimentation professionnelle
Le choix du droit pénal par Nabil Lakhal peut sembler surprenant, lui qui n’avait aucune expérience dans ce domaine avant d’intégrer Haïk & Associés. Pourtant, cette discipline lui a offert une tribune pour s’affirmer. Le droit pénal, par sa nature même, exige une grande rigueur et une capacité à convaincre, des qualités que Lakhal a su développer au fil de ses expériences.
Son arrivée dans ce cabinet spécialisé marque le début d’une nouvelle phase dans sa carrière. « Je ne connaissais rien à cette discipline, mais j’ai proposé ma force de travail », explique-t-il. Cette approche pragmatique, combinée à la confiance de ses mentors, a permis à Lakhal de s’imposer rapidement. Une stratégie qui rappelle que, dans certains milieux, l’audace et le travail acharné peuvent compenser l’absence de réseau initial.
Son histoire rappelle une évidence : la réussite professionnelle ne dépend pas uniquement du talent, mais aussi des rencontres, de la persévérance et de la capacité à s’adapter. Une leçon qui dépasse le cadre juridique et s’applique à bien des secteurs.
Les obstacles incluent souvent l’absence de réseau initial, la méconnaissance des codes sociaux et professionnels, ainsi que les biais inconscients des recruteurs. Les parcours atypiques, comme celui de Nabil Lakhal, restent encore minoritaires dans ces milieux.
Les formations comme Sciences Po, via ses conventions éducation prioritaire, ou les écoles de commerce proposant des dispositifs similaires, sont souvent citées comme des tremplins. Les stages en institutions publiques ou les programmes de mentorat peuvent également faciliter l’insertion.