La brigade d’atteinte aux biens de la police nationale et la compagnie de gendarmerie de Loire-Atlantique ont annoncé, ce mardi 2 juin 2026, avoir mis un terme à une vague de cambriolages qui frappait l’agglomération nantaise depuis l’automne dernier. Selon Le Figaro, deux quinquagénaires ont été interpellés la semaine précédente, déférés devant le parquet du tribunal judiciaire de Nantes le samedi 30 mai, puis placés en détention provisoire pour vols et tentatives de vols avec effraction, commis en bande organisée.
Ce qu'il faut retenir
- 122 cambriolages commis depuis novembre 2025 dans l’agglomération nantaise, incluant Nantes, Basse-Goulaine, Rezé, Carquefou et Saint-Sébastien-sur-Loire.
- Deux individus arrêtés : l’un de nationalité géorgienne, l’autre arménienne, âgés respectivement de 51 et 59 ans.
- Plus de 300 objets volés saisis lors des perquisitions, dont une partie aurait été transférée en Arménie.
- Les enquêteurs estiment que trois complices pourraient encore être en liberté, d’après les témoignages de victimes.
- La série de vols aurait généré un véritable carnage depuis l’automne 2025, selon les autorités locales.
Identifiés à l’issue d’une enquête de longue haleine, les deux hommes, dont l’un avait déjà été condamné pour des faits similaires, opéraient avec une méthode rodée. Ils ciblaient principalement des immeubles résidentiels aisés et des résidences sécurisées, selon le lieutenant Laura Rogeon, cheffe de la brigade d’atteinte aux biens de Nantes. « Il s’agit de professionnels gantés et organisés, qui préparaient méticuleusement leurs coups », a-t-elle précisé.
Une organisation méthodique et des cibles précises
Pour repérer leurs futures victimes, les cambrioleurs effectuaient des repérages deux à trois jours avant les intrusions, en circulant devant les immeubles ciblés. Leur mode opératoire reposait sur des détails techniques : ils déposaient du gras sur les œillets des judas pour vérifier l’absence des occupants, appliquaient de la colle au bas des portes, et désactivaient les caméras de surveillance en les occultant ou en bloquant les accès avec du ruban adhésif. Les cambriolages étaient systématiquement commis de nuit, durant les week-ends, lorsque les logements étaient supposés inoccupés.
Les perquisitions menées dans les domiciles des deux suspects ont permis de saisir plus de 300 objets, parmi lesquels des bijoux de famille, des objets connectés, des montres de collection, des bouteilles de spiritueux et des flacons de parfum. Si une partie de ces biens a été retrouvée au commissariat central de Nantes, les enquêteurs estiment que « certains objets ont déjà été transférés en Arménie », comme l’a indiqué une source judiciaire. Les investigations se poursuivent pour tenter de récupérer l’intégralité du butin.
Un profil criminel déjà connu des services de police
L’un des mis en examen, âgé de 51 ans et de nationalité géorgienne, avait déjà été condamné pour des faits comparables dans le passé. Le second, âgé de 59 ans et de nationalité arménienne, agissait en qualité de receleur, facilitant l’écoulement des biens volés. Leur arrestation marque un coup d’arrêt à une série de vols qui a semé l’inquiétude dans l’agglomération nantaise depuis plusieurs mois. « C’est une satisfaction d’avoir mis fin à cette grosse série de faits », a déclaré le commissaire divisionnaire Éric Eudes, directeur adjoint de la police de Loire-Atlantique, lors d’une conférence de presse.
Le commissaire a également salué la collaboration entre la police nationale et la gendarmerie, qualifiant leur travail de « déterminant » pour aboutir à ces interpellations. « Ça a été un véritable carnage depuis l’automne, mais nous observons désormais une amélioration sur le front des cambriolages. Nous restons toutefois vigilants, car nous savons que d’autres équipes opèrent également sur le secteur », a-t-il ajouté. Malgré l’incarcération des deux principaux suspects, l’enquête se poursuit au sein du service local de police judiciaire pour identifier d’éventuels complices.
Les rares témoins ayant assisté à des tentatives de cambriolage ont évoqué la présence d’un troisième individu, toujours en fuite. Les autorités appellent à la prudence et invitent les habitants des communes concernées à signaler toute activité suspecte aux forces de l’ordre.
Un contexte local marqué par une hausse des cambriolages
Cette affaire survient dans un contexte où l’insécurité, et plus particulièrement les cambriolages, est un sujet de préoccupation majeur à Nantes et ses alentours. En avril 2026, la maire Johanna Rolland avait été critiquée après une troisième homicide en un mois, un sujet qui avait alimenté le débat sur la sécurité dans la région. Par ailleurs, en mars dernier, un policier s’était donné la mort dans les locaux du commissariat de Nantes, un drame qui avait profondément marqué les effectifs et la population locale.
Alors que les enquêtes se poursuivent, les autorités locales rappellent que la lutte contre la criminalité organisée reste une priorité. « Nous ne baissons pas la garde. D’autres opérations pourraient être menées dans les semaines à venir », a indiqué un responsable de la gendarmerie, sans préciser si d’autres arrestations étaient imminentes.
Dans l’immédiat, les habitants de l’agglomération nantaise sont invités à renforcer les dispositifs de sécurité de leur domicile et à signaler toute activité suspecte aux forces de l’ordre. Les services de police et de gendarmerie maintiennent une présence accrue dans les quartiers les plus touchés par les cambriolages.
L’enquête se poursuit au sein du service local de police judiciaire pour identifier d’éventuels complices et récupérer l’intégralité du butin volé. Les autorités n’ont pas communiqué de date précise pour d’éventuelles nouvelles arrestations, mais indiquent que les investigations pourraient s’étendre sur plusieurs semaines.
Non. Si plus de 300 objets ont été saisis lors des perquisitions, une partie du butin, notamment des biens de valeur, aurait été transférée en Arménie. Les enquêteurs tentent de récupérer l’intégralité des objets volés, mais certains pourraient être définitivement perdus.