Selon Numerama, Naomi Bashkansky, ancienne ingénieure chez OpenAI, a récemment rejoint Conduit, une startup spécialisée dans la conversion de l’activité cérébrale en instructions exploitables par des agents d’intelligence artificielle. Son objectif affiché : remplacer à terme les prompts textuels par une interface directe entre le cerveau humain et les modèles d’IA.

Ce qu'il faut retenir

  • Naomi Bashkansky a quitté son poste chez OpenAI pour intégrer Conduit, une startup axée sur l’interfaçage neuronal avec l’IA.
  • Conduit travaille sur un système permettant de traduire l’activité cérébrale en instructions pour des agents comme Codex, utilisé par les développeurs.
  • L’enjeu est de remplacer les prompts textuels par une communication directe par la pensée, via un bandeau neuronal.
  • Cette technologie pourrait révolutionner l’interaction homme-machine en supprimant l’étape intermédiaire du langage.

Une chercheuse au parcours marqué par l’innovation en IA

Naomi Bashkansky n’est pas une nouvelle venue dans le milieu de l’intelligence artificielle. Avant son départ d’OpenAI, elle a contribué à des projets liés aux modèles de langage avancés, notamment ceux qui ont permis à l’entreprise de se positionner comme un leader dans le domaine. Son choix de rejoindre Conduit, une structure encore peu connue du grand public, s’inscrit dans une logique d’innovation radicale. Selon ses propres mots, rapportés par Numerama, « nous développons des modèles de télépathie ». Autant dire que l’ambition est de taille : il s’agit ni plus ni moins que de créer une symbiose entre le cerveau humain et les systèmes d’IA.

Conduit et le pari d’une interface neuronale

Fondée récemment, Conduit se positionne comme une pionnière dans le domaine des interfaces cerveau-machine (ICM). La startup travaille actuellement sur un bandeau neuronal capable de capter et interpréter les signaux électriques du cerveau. L’objectif est de traduire ces signaux en instructions compréhensibles pour des agents d’IA comme Codex, un modèle utilisé par les développeurs pour automatiser des tâches de codage. Selon Numerama, cette technologie pourrait, à terme, rendre obsolètes les prompts textuels, ces instructions saisies manuellement par les utilisateurs pour guider l’IA.

Pour l’instant, les détails techniques restent confidentiels, mais Conduit a indiqué que ses recherches en étaient au stade des tests préliminaires. Plusieurs prototypes auraient déjà été testés en laboratoire, avec des résultats jugés prometteurs par l’équipe. La startup n’a pas encore communiqué de calendrier précis pour une commercialisation, mais elle évoque une possible sortie de produits d’ici deux à trois ans.

« Remplacer les prompts par un simple bandeau neuronal, c’est ouvrir la porte à une interaction homme-machine plus intuitive et immédiate. Aujourd’hui, nous perdons un temps précieux à formuler nos demandes en langage naturel. Demain, notre pensée pourrait suffire. »
— Naomi Bashkansky, selon Numerama

Les défis technologiques et éthiques à relever

Si l’idée d’une interface neuronale avec l’IA suscite un vif intérêt, elle soulève également des questions majeures. D’abord, sur le plan technique : la précision des capteurs et la capacité à interpréter correctement les signaux cérébraux restent des obstacles de taille. Ensuite, sur le plan éthique : comment garantir la confidentialité des données cérébrales ? Qui aura accès à ces informations, et dans quel but ? Conduit devra aussi convaincre les régulateurs de la sécurité de son système, notamment en ce qui concerne les risques de piratage ou de manipulation.

Par ailleurs, cette technologie pourrait accentuer les inégalités d’accès à l’IA. Si ces interfaces neuronales deviennent un standard, leur coût pourrait les réserver à une élite, creusant encore davantage le fossé entre ceux qui maîtrisent ces outils et les autres. Selon Numerama, ces enjeux seront au cœur des débats lors des prochaines conférences sur l’éthique de l’IA.

Et maintenant ?

Si les annonces de Conduit se concrétisent, le paysage de l’interaction avec l’IA pourrait connaître une révolution d’ici quelques années. Plusieurs acteurs du secteur, dont des géants comme Neuralink ou Synchron, travaillent déjà sur des interfaces neuronales, mais Conduit mise sur une approche plus accessible et moins invasive. Une première démonstration publique de sa technologie est prévue pour le premier trimestre 2027, selon des informations rapportées par Numerama. Dans l’immédiat, la communauté scientifique et les investisseurs suivront de près les progrès de la startup, dont les levées de fonds récentes laissent entrevoir un fort potentiel.

Quoi qu’il en soit, cette initiative rappelle que l’avenir de l’IA ne se limite pas aux modèles de langage ou aux algorithmes, mais s’étend aussi à la manière dont nous interagissons avec ces technologies. À l’heure où les débats sur l’autonomie des IA et leur intégration dans la société s’intensifient, une question se pose : et si, demain, notre pensée devenait le seul langage nécessaire pour dialoguer avec elles ?

Un bandeau neuronal est un dispositif portable, généralement placé autour du crâne, équipé de capteurs capables de mesurer l’activité électrique du cerveau. Ces signaux sont ensuite analysés par un algorithme pour en extraire des instructions ou des commandes exploitables par une machine, comme un ordinateur ou une IA.

Non. Plusieurs startups et laboratoires, comme Neuralink (Elon Musk) ou Synchron, développent des interfaces cerveau-machine. Cependant, Conduit se distingue en ciblant spécifiquement l’interaction avec les agents d’IA, et non uniquement les interfaces médicales ou grand public.