La NASA et Katalyst Space sont parvenues à stabiliser le télescope spatial Swift, dont la rotation excessive menaçait la mission, ont annoncé les deux organisations selon Numerama. Grâce à une manœuvre délicate, les équipes ont réduit la vitesse de rotation du satellite à moins de 1,5 degré par seconde, une valeur considérée comme critique pour la poursuite des opérations.

Cette réussite ouvre la voie à une mise à jour logicielle majeure, conçue pour restaurer le contrôle complet du télescope. « La stabilisation était une étape indispensable avant d’envisager toute correction », a expliqué un porte-parole de la NASA. L’opération, menée à distance, a consommé une quantité minimale de carburant, préservant ainsi les réserves restantes pour les futures missions.

Ce qu'il faut retenir

  • Le télescope Swift a vu sa rotation réduite à moins de 1,5°/s, évitant une perte de contrôle totale.
  • La manœuvre a nécessité une consommation minimale de carburant, selon les équipes de la NASA et Katalyst Space.
  • Une mise à jour logicielle est désormais prévue pour rétablir le contrôle complet du satellite.
  • Swift, lancé en 2004, est dédié à l’observation des sursauts gamma et autres phénomènes cosmiques violents.

Un satellite en péril depuis plusieurs semaines

Le télescope Swift, conçu pour détecter les sursauts gamma et étudier les phénomènes célestes les plus énergétiques, avait commencé à présenter des signes de dysfonctionnement il y a plusieurs semaines. Sa rotation incontrôlée, estimée à plus de 20° par seconde en début de crise, rendait toute observation scientifique impossible et risquait d’endommager les équipements. Les équipes techniques de la NASA et de Katalyst Space, l’entreprise spécialisée dans les services en orbite, ont alors lancé une opération de sauvetage.

« La priorité était de stopper cette rotation avant qu’elle n’endommage les gyroscopes ou les panneaux solaires », a précisé un ingénieur de Katalyst Space. Après plusieurs jours de calculs et de simulations, un protocole de freinage a été déployé à distance. Grâce à une série de poussées contrôlées de ses propulseurs, le satellite a vu sa vitesse diminuer progressivement jusqu’à atteindre un seuil acceptable.

Une mise à jour logicielle pour éviter de futurs incidents

Si la stabilisation du télescope marque une première victoire, les équipes ne comptent pas s’arrêter là. Une mise à jour logicielle, actuellement en phase finale de tests au sol, devrait être déployée dans les prochains jours. « Ce correctif vise à corriger les anomalies de logiciel qui ont contribué à cette perte de contrôle », a indiqué un responsable de la NASA. L’objectif est double : restaurer pleinement les capacités de Swift et renforcer la résilience du système face à d’éventuelles nouvelles défaillances.

Selon les prévisions, la procédure de mise à jour devrait durer entre 24 et 48 heures. Pendant cette période, les instruments scientifiques du satellite seront mis en pause. Une fois l’opération terminée, une phase de recalibrage sera engagée pour s’assurer que tous les systèmes fonctionnent à nouveau de manière nominale.

Et maintenant ?

Si la mise à jour logicielle se déroule comme prévu, le télescope Swift devrait reprendre ses observations scientifiques d’ici la fin du mois d’août. Les équipes de la NASA et de Katalyst Space surveilleront de près les premiers retours de données pour confirmer l’efficacité des corrections. À plus long terme, cette mission pourrait servir de référence pour les futurs services de maintenance en orbite, alors que les satellites vieillissants deviennent de plus en plus nombreux.

Un enjeu stratégique pour l’observation spatiale

Le télescope Swift, opérationnel depuis plus de vingt ans, reste l’un des outils les plus précieux pour l’astronomie gamma. Sa capacité à détecter en temps réel les sursauts gamma, ces explosions les plus énergétiques de l’univers, en fait un acteur clé pour la recherche astrophysique. Une perte définitive de contrôle aurait non seulement signé la fin de sa mission, mais aussi privé les scientifiques d’une source unique de données.

Cette opération de sauvetage illustre aussi l’importance croissante des services en orbite. Katalyst Space, qui collabore régulièrement avec la NASA, développe des solutions pour prolonger la durée de vie des satellites en difficulté. « Ces missions de maintenance deviennent essentielles à une époque où les budgets spatiaux sont de plus en plus serrés », souligne un expert du secteur. Avec le vieillissement de nombreux satellites, ces interventions pourraient se multiplier dans les années à venir.

Reste à voir si cette réussite encouragera d’autres agences spatiales à investir dans des technologies de maintenance ou de remorquage en orbite. Pour l’heure, la communauté scientifique peut souffler : Swift a évité le pire, et son avenir semble désormais assuré pour quelques années encore.

Selon les premières analyses, la rotation excessive du télescope aurait été provoquée par une défaillance partielle de ses gyroscopes, combinée à un bug logiciel affectant son système de stabilisation. Les équipes n’ont pas encore identifié la cause racine, mais l’enquête se poursuit.