Alors que les Championnats d’Europe de natation se déroulent à Paris jusqu’au 10 août 2026, la compétition d’eau libre a offert ce vendredi 7 août un spectacle inédit sur les bords de Seine. Le format 3 km knockout, l’un des plus spectaculaires de l’événement, a permis aux nageurs et nageuses de l’équipe de France de profiter d’un public enthousiaste pour glaner leurs premières médailles. Selon Franceinfo – Sport, cette épreuve, organisée entre les ponts de Bir Hakeim et de Grenelle, a transformé le cœur de la capitale en un véritable stade à ciel ouvert, attirant autant les habitués du footing matinal que les touristes en visite.
Ce qu’il faut retenir
- Trois nageuses françaises engagées sur le 3 km knockout : Inès Delacroix (4e), Lou-Ann Gaudaire (6e) et Caroline Jouisse (10e)
- Deux médailles pour les hommes avec Marc-Antoine Olivier (argent) et Logan Fontaine (bronze)
- Le public parisien a massivement répondu présent dès le lever du jour sur l’île aux Cygnes
- Le cadre unique de la compétition a été salué par les organisateurs pour son accessibilité et son ambiance festive
- Les nageurs ont souligné l’impact positif de l’engouement populaire sur leurs performances
Un format spectaculaire pour une première médaille
Dès l’aube, les supporters français se sont massés sur les bords de l’île aux Cygnes pour encourager les représentants tricolores. « Allez Caro, allez Inès, allez Lou-Ann », scandaient-ils sous un soleil déjà généreux. Après des débuts en demi-teinte pour l’équipe de France lors de ces Championnats d’Europe, l’heure était venue de décrocher une première médaille. « On est là pour un titre, et pour des médailles, lance Romain, tenant un immense drapeau tricolore. Chez les filles et chez les garçons, ce serait le top. » Son vœu sera partiellement exaucé : si les hommes réalisent un doublé avec Olivier et Fontaine, les nageuses terminent en revanche au pied du podium.
Cette épreuve, introduite récemment dans les compétitions internationales, met aux prises les nageurs dans une série de duels éliminatoires. « Ce qui a fait beaucoup aussi, c’est l’énergie que les supporters nous donnaient pendant les phases de repos », a souligné Marc-Antoine Olivier, vice-champion d’Europe, après avoir remporté l’argent. Son coéquipier Logan Fontaine, médaillé de bronze, a pour sa part évoqué un « presque doublé » pour l’équipe de France.
Paris, capitale éphémère de l’eau libre
Le site choisi pour l’occasion, entre les ponts de Bir Hakeim et de Grenelle, a offert un cadre exceptionnel aux athlètes. « Nous avons voulu sortir le sport de haut niveau des piscines et l’emmener en cœur de ville », a expliqué Maxime Sauvage, adjoint aux Sports de la mairie de Paris, avant le début des Championnats. Ce choix a séduit jusqu’aux passants les plus inattendus. « Ah, c’est ouvert à tout le monde ? » s’est exclamé Charles, un joggeur qui avait interrompu sa course matinale pour observer la première course. Son interrogation en dit long sur l’accessibilité inédite de cette compétition.
Sur place, la structure pour le plongeon à 20 mètres et le passage du métro en arrière-plan ont ajouté une touche de décalage à l’événement. « C’est une sacrée compétition, ajoute Romain, habitant en région parisienne. Et puis, sur l’eau libre et le plongeon, l’accès est gratuit et c’est grandiose. » Une gratuité qui a contribué à attirer un public diversifié, des touristes aux locaux, tous unis par l’envie de vivre une expérience sportive hors norme.
Un public familial et engagé
Parmi les spectateurs, les familles étaient nombreuses. Milo, 3 ans, tenu dans les bras de son père, s’est montré particulièrement enthousiaste. « Mais papa, les Françaises elles gagnent ? Elles plongent depuis le pont ? », a-t-il demandé, déclenchant les sourires de Brigitte et Claude, ses grands-parents. Ces derniers, venus spécialement de province pour visiter Paris, ont profité de l’événement pour « voir un peu les Championnats d’Europe avant de grimper sur la Tour Eiffel », selon les mots de Brigitte. Autant dire que Milo repartira avec des étoiles plein les yeux.
« Par rapport à d’autres pays, sur des compétitions mondiales ou autres, je trouve qu’il y a vraiment du monde, se réjouit Bertrand Bompieyre, le patron de l’eau libre tricolore. C’est rare un tel cadre, en pleine ville, c’est sûr que ça aide. » Une analyse partagée par de nombreux observateurs présents sur place, qui ont salué l’engouement populaire comme un atout majeur pour le développement de l’eau libre en France.
« C’est une sacrée compétition. Et puis, sur l’eau libre et le plongeon, l’accès est gratuit et c’est grandiose. »
— Romain, spectateur sur l’île aux Cygnes
L’engouement populaire, un levier pour l’équipe de France
Pour Bertrand Bompieyre, l’affluence record autour de cette épreuve n’est pas un hasard. « Chez nous, sur des compétitions mondiales ou autres, je trouve qu’il y a vraiment du monde. C’est rare un tel cadre, en pleine ville, c’est sûr que ça aide. » Un constat qui renvoie à la volonté des organisateurs de démocratiser l’accès au sport de haut niveau. « C’est une compétition à laquelle j’avais coché dans mon agenda », confie Romain, qui promet déjà d’être présent samedi pour le relais, avec l’espoir de voir les Français décrocher un nouveau titre européen.
Les nageurs tricolores, eux, semblent avoir trouvé dans ce public un allié de taille. « L’énergie des supporters pendant les phases de repos a été déterminante », a reconnu Olivier après sa médaille d’argent. Un soutien qui pourrait bien faire la différence dans les prochaines épreuves, alors que la compétition se poursuit jusqu’au 10 août.
Alors que les Championnats d’Europe de natation battent leur plein, une chose est sûre : Paris a su offrir une vitrine exceptionnelle à l’eau libre, mêlant performance sportive et spectacle populaire. Reste à savoir si cette formule fera des émules dans les prochaines années.
Le 3 km knockout est une épreuve d’eau libre où les nageurs s’affrontent en duels éliminatoires. À chaque tour, les deux derniers arrivés sont éliminés jusqu’à ce qu’il ne reste que deux finalistes qui s’affrontent pour la médaille d’or.
Les Championnats d’Europe de natation 2026 se tiennent à Paris, principalement dans le bassin de la piscine Georges Vallerey (20e arrondissement), avec certaines épreuves en eau libre sur la Seine, notamment entre les ponts de Bir Hakeim et de Grenelle.