La nageuse française Mary-Ambre Moluh a marqué l’histoire des championnats de France de natation 2026 en pulvérisant le record national du 100 mètres dos en finale. Selon RMC Sport, elle a réalisé un temps de 58 secondes et 25 centièmes, effaçant des tablettes l’ancienne marque détenue depuis 2021 par Emma Terho, une figure de la natation tricolore désormais retraitée. Ce chrono, à seulement 17 centièmes du record d’Europe détenu par la Britannique Kathleen Dowson, propulse la jeune nageuse de 20 ans en tête du classement européen, à un peu plus d’un mois des championnats d’Europe organisés à Paris.

Installée depuis deux ans à l’université de Berkeley, en Californie, Moluh a concrétisé une ambition qu’elle caressait depuis plusieurs saisons. « Il fallait aller le chercher », a-t-elle déclaré après sa performance, soulignant le soulagement ressenti après des mois de travail acharné. « Toute l’année j’y ai pensé. J’avais en tête cette saison de performer. » Son record personnel, obtenu après une finale où elle a concédé des difficultés dans les derniers mètres, marque un tournant dans sa carrière.

Ce qu'il faut retenir

  • Mary-Ambre Moluh bat le record de France du 100m dos en 58s25c, effaçant le précédent record de Emma Terho (58s79).
  • Son chrono la place en tête du classement européen, à 17 centièmes du record d’Europe.
  • La nageuse de 20 ans, basée à Berkeley depuis deux ans, vise désormais les championnats d’Europe à Paris (10 au 16 août).
  • Moluh réalise également la 5e performance mondiale de la saison, selon les bilans européens.

Une ascension sportive marquée par la rigueur et l’ambition

Ce record s’inscrit dans une progression visible depuis deux ans pour Mary-Ambre Moluh. « Ça ne sort pas de nulle part », a analysé Michel Chrétien, son entraîneur en France à l’Insep. Selon RMC Sport, la nageuse a affiché une ambition croissante au fil des saisons, malgré un début de parcours compliqué après les Jeux olympiques. « Aux JO, ça ne s’est pas passé comme elle l’aurait souhaité, puis elle est partie aux États-Unis avec une première année d’adaptation où elle n’a pas fait un travail énorme. La deuxième année, elle a été plus exigeante au niveau de ses entraînements, exigeante vis-à-vis du staff et d’elle-même. »

Son passage à Berkeley, où elle a intégré l’un des programmes universitaires les plus prestigieux au monde, a également joué un rôle clé dans sa transformation. « Quand j’ai vu toutes les Américaines et les Australiennes nager régulièrement sous les 59 secondes, je me suis dit que 59 secondes, ça ne valait plus rien. Il fallait passer sous cette barrière », a expliqué la jeune femme. Son objectif affiché ? Devenir la nageuse la plus rapide du classement mondial, avec l’espoir que son nom apparaisse un jour parmi les cinq meilleures performances de l’histoire.

Une métamorphose physique et mentale

Le surnom « la Chips », donné par ses coéquipières en référence à son énergie et son croustillant, prend tout son sens aujourd’hui. « Une de mes coachs aux États-Unis m’a montré les meilleures nageuses et m’a fait remarquer qu’elles avaient des corps de femmes avec beaucoup de muscles. Je me suis dit qu’il fallait mettre beaucoup de choses en place pour en arriver là », a-t-elle confié. Moluh a ainsi ajusté son alimentation et sa préparation physique pour gagner en masse musculaire, tout en conservant une silhouette fine et longiligne.

Michel Chrétien a confirmé cette évolution : « Elle est plus tonique. Elle n’est pas massive, c’est une fille qui est fine et assez longiligne. Il y a les transformations qui se sont opérées et on sent qu’elle a plus de force musculaire sans avoir un gabarit énorme. » Cette métamorphose s’accompagne d’une confiance accrue, visible dans sa capacité à enchaîner les performances de haut niveau.

« Il n’y a jamais personne qui a réussi quelque chose sans avoir tenté. C’était mon objectif de partir plus vite. »
— Mary-Ambre Moluh, après sa victoire en finale du 100m dos

Vers les championnats d’Europe et au-delà

Avec ce record, Mary-Ambre Moluh se positionne comme l’une des favorites pour les championnats d’Europe qui auront lieu à Paris du 10 au 16 août. « On est pile dedans là, c’est très bien ! », s’est-elle réjouie auprès des médias. Son objectif ? « Être la fille en haut des rankings » et remporter une médaille à domicile. « J’ai tellement hâte d’être aux championnats d’Europe. C’est forcément mon objectif ultime de la saison. »

Mais la jeune nageuse ne compte pas s’arrêter là. « Il y a ce record d’Europe qui n’est pas très loin… », a-t-elle glissé, laissant entrevoir de nouvelles ambitions pour la suite de sa carrière. Si elle parvient à améliorer son chrono, elle pourrait s’attaquer à la marque de Kathleen Dowson, établie à 58s08c depuis 2021. Une perspective qui ajoute une dimension encore plus captivante à sa préparation.

Et maintenant ?

Mary-Ambre Moluh devrait désormais se concentrer sur sa préparation pour les championnats d’Europe, où elle fera figure de favorite sur le 100m dos. Son entraînement à Berkeley se poursuivra dans les prochaines semaines, avec pour objectif d’affiner encore sa technique et sa puissance musculaire. Si elle confirme ses performances, elle pourrait également être en lice pour des podiums sur d’autres distances, comme le 50m dos où elle a déjà battu le record de France. Les prochaines semaines seront cruciales pour la nageuse, qui vise une médaille à Paris et, à plus long terme, une place parmi l’élite mondiale.

Les observateurs s’attendent à ce que Moluh soit sous les projecteurs lors des championnats d’Europe. Son parcours, marqué par une ascension progressive et une détermination sans faille, en fait l’une des nageuses françaises les plus prometteuses de sa génération. Reste à savoir si elle parviendra à convertir cette dynamique en médaille, mais une chose est sûre : son nom résonne déjà comme celui d’une future star de la natation.