Nathalie Arthaud, porte-parole historique de Lutte ouvrière, a annoncé ce week-end sa quatrième candidature à l’élection présidentielle lors de la fête annuelle du parti dans le Val-d’Oise. Selon Libération, cette nouvelle campagne s’articulera autour d’un retour aux sources, avec un programme directement inspiré du Manifeste du Parti communiste rédigé en 1848 par Karl Marx et Friedrich Engels, légèrement actualisé pour tenir compte des effets de la mondialisation.
Ce qu'il faut retenir
- Nathalie Arthaud brigue un quatrième mandat présidentiel en 2027 sous la bannière de Lutte ouvrière.
- Son programme s’appuiera sur le Manifeste du Parti communiste de 1848, avec des ajustements liés à la mondialisation.
- La fête annuelle de Lutte ouvrière, où l’annonce a été faite, s’est tenue dans le Val-d’Oise ce week-end.
- Arthaud a déjà été candidate en 2012, 2017 et 2022, obtenant à chaque fois moins de 1 % des suffrages.
Une candidature ancrée dans la tradition trotskiste
Nathalie Arthaud, 60 ans, a confirmé son engagement lors de l’événement traditionnel de Lutte ouvrière, un rassemblement annuel qui mêle débats politiques et convivialité, avec notamment des sardines grillées servies aux participants. Selon Libération, cette tradition remonte aux années 1970 et symbolise l’ancrage populaire et militant du parti. L’annonce de sa candidature s’inscrit dans une stratégie de continuité, loin des remous médiatiques qui entourent d’autres forces politiques.
Le parti, fondé en 1968 par Arlette Laguiller, reste fidèle à une ligne révolutionnaire et anti-capitaliste. « Nous ne changeons pas de ligne, nous la réaffirmons », a souligné Arthaud lors de son discours, précisant que le programme de 2027 ne serait qu’une « version modernisée » du texte fondateur de Marx et Engels. — autant dire que les fondamentaux idéologiques restent intacts.
Un programme économique radical et une critique systématique du capitalisme
Le Manifeste du Parti communiste, texte de référence pour Lutte ouvrière, appelle à l’abolition des classes sociales et à la révolution prolétarienne. Dans sa version actualisée, le parti promet de s’attaquer aux « excès de la mondialisation » sans pour autant renoncer à ses principes. Nathalie Arthaud a rappelé que son objectif était de « porter la voix des travailleurs » face à un système qu’elle qualifie de « prédateur ».
Selon les observateurs, cette candidature s’inscrit dans une logique de résistance idéologique plutôt que dans une perspective de victoire électorale. En 2022, Arthaud avait obtenu 0,64 % des voix, un score similaire à celui de 2017. « Nous ne cherchons pas à séduire, nous cherchons à convaincre », a-t-elle déclaré, insistant sur le rôle d’éducation politique de son parti.
Des « workers fight » pour dynamiser la campagne
Lutte ouvrière mise aussi sur des initiatives militantes pour donner de la visibilité à sa campagne. Parmi celles-ci, les « workers fight », des actions symboliques organisées dans des entreprises ou lors de manifestations, visent à mobiliser les salariés autour de revendications concrètes. Ces actions s’ajoutent aux meetings traditionnels et aux distributions de tracts dans les quartiers populaires.
Selon Libération, ces « workers fight » pourraient prendre la forme de piquets de grève éphémères ou de distributions de matériel de propagande dans des zones industrielles. Le parti mise sur un ancrage territorial fort, notamment en Île-de-France et dans les anciennes régions minières du Nord et de l’Est.
Quelle que soit l’issue de cette nouvelle tentative, Nathalie Arthaud a d’ores et déjà acté son rôle de figure inamovible de l’extrême gauche trotskiste, fidèle à une ligne politique inchangée depuis près de six décennies.
Selon Libération, Lutte ouvrière évoque une « actualisation mineure » du texte original pour intégrer des éléments liés à la mondialisation, sans préciser les modifications exactes. Nathalie Arthaud a simplement évoqué une adaptation aux « réalités économiques contemporaines », notamment en matière de numérique et de finance internationale.