L’analyste géopolitique Ulrich Bounat a évoqué, ce lundi 25 mai 2026, lors de l’émission Good Morning Business sur BFM Business, les blocages majeurs qui entravent la conclusion d’un protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis. Selon ses déclarations, le dossier nucléaire iranien reste le principal obstacle à un compromis diplomatique durable entre les deux pays. Dans le même temps, les discussions ont également porté sur l’évolution du conflit en Ukraine et l’impasse stratégique dans laquelle se trouve actuellement Moscou.
Ce qu'il faut retenir
- Le principal point de blocage des négociations Iran-USA concerne le dossier nucléaire, selon Ulrich Bounat, analyste géopolitique spécialiste de l’Europe centrale et de l’Est.
- Ulrich Bounat était l’invité d’Annalisa Cappellini dans l’émission Le monde qui bouge – L’Interview, diffusée ce lundi 25 mai sur BFM Business.
- L’analyste a également analysé l’impasse de la Russie dans la guerre en Ukraine, soulignant les difficultés croissantes rencontrées par Moscou sur le terrain.
- L’émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, a abordé ces enjeux dans le cadre de son rendez-vous matinal du lundi 25 mai 2026.
Un protocole d’accord en suspens depuis des mois
Le protocole d’accord envisagé entre Téhéran et Washington, qui devait marquer une étape décisive dans la normalisation des relations bilatérales, se heurte à des désaccords persistants. Ulrich Bounat, invité par Annalisa Cappellini dans l’émission Le monde qui bouge – L’Interview, a rappelé que « le volet nucléaire reste le nœud gordien de ces négociations ». Autant dire que sans avancée sur ce point, tout compromis global semble hors de portée dans l’immédiat.
Les discussions, qui s’étaient intensifiées au printemps 2025, ont connu plusieurs cycles de relance et de rupture. Les États-Unis, de leur côté, insistent sur le respect strict des engagements pris dans le cadre du JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action), l’accord nucléaire iranien signé en 2015 mais abandonné par l’administration Trump en 2018. L’Iran, quant à lui, exige la levée intégrale des sanctions économiques imposées par Washington, une demande qui se heurte à des réticences américaines.
L’Iran et les États-Unis face à leurs lignes rouges
D’après Ulrich Bounat, l’Iran refuse toute remise en cause de son programme nucléaire civil, qu’il présente comme un droit inaliénable. « Téhéran exige des garanties sur la levée des sanctions, mais aussi sur la non-ingérence américaine dans ses affaires intérieures », a-t-il précisé. De son côté, l’administration américaine, sous la présidence de Joe Biden puis de son successeur, continue de lier toute levée partielle des sanctions à un encadrement strict du programme nucléaire iranien, notamment en limitant le niveau d’enrichissement d’uranium.
Ces divergences ont déjà conduit à plusieurs rounds de négociations infructueux. Le dernier en date, organisé en mars 2026 à Doha, s’est soldé par un échec, les deux parties refusant de céder sur leurs exigences respectives. Selon Bounat, « la méfiance réciproque reste un frein majeur ». Il rappelle que les deux pays n’ont plus de relations diplomatiques directes depuis 1980, ce qui complexifie encore les échanges.
L’impasse russe en Ukraine, un contexte géopolitique tendu
Dans le même temps, Annalisa Cappellini, chroniqueuse de l’émission, a analysé l’évolution du conflit en Ukraine, mettant en lumière l’impasse stratégique dans laquelle se trouve désormais la Russie. Depuis le début de l’année 2026, Moscou a intensifié ses offensives dans l’est du pays, notamment dans la région de Donetsk, mais les gains territoriaux restent limités face à la résistance ukrainienne renforcée par l’aide militaire occidentale.
« La Russie paie le prix de ses erreurs stratégiques », a souligné Cappellini, citant notamment les problèmes logistiques et les pertes humaines élevées. Elle rappelle que l’économie russe, bien que résiliente grâce aux exportations énergétiques, montre des signes de faiblesse avec une inflation persistante et une fuite des capitaux. Bounat a ajouté que « l’isolement diplomatique de Moscou s’accentue », citant le récent vote à l’ONU condamnant l’annexion de quatre régions ukrainiennes en 2022.
Des scénarios possibles, mais peu d’optimisme
Face à ces blocages, plusieurs scénarios sont envisagés par les observateurs. D’un côté, une reprise des négociations sous l’égide de médiateurs internationaux, comme la Turquie ou la Chine, pourrait offrir une issue. De l’autre, une escalade militaire, notamment en cas d’effondrement du cessez-le-feu actuel, n’est pas à exclure. Ulrich Bounat tempère cependant ces spéculations : « Aucune des parties n’a intérêt à une escalade incontrôlée, mais les marges de manœuvre sont étroites. »
Côté ukrainien, la priorité reste l’obtention d’un soutien militaire accru de la part des alliés occidentaux, notamment des États-Unis. Quant à l’Iran, son isolation croissante pourrait le pousser à revoir sa position, sous la pression des sanctions et des difficultés économiques. « Mais cela prendra du temps », a rappelé Bounat.
L’émission Good Morning Business sur BFM Business sera de retour demain, mardi 26 mai 2026, pour de nouvelles analyses économiques et géopolitiques. Le rendez-vous matinal de Laure Closier continue d’aborder les grands enjeux du jour avec des invités et des experts de premier plan.
Le dernier accord en vigueur avant son abandon était le JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action), signé en juillet 2015 à Vienne entre l’Iran et le groupe des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) plus l’Allemagne. Cet accord prévoyait la levée progressive des sanctions internationales contre l’Iran en échange d’un gel de son programme nucléaire civil et de contrôles renforcés par l’AIEA. Les États-Unis s’en sont retirés en mai 2018 sous la présidence de Donald Trump.