Plus d’une semaine après les catastrophiques coulées de boue qui ont frappé le nord du Népal le 26 août dernier, les familles des pèlerins indiens disparus attendent toujours des nouvelles de leurs proches. Selon nos confrères de Libération, plusieurs victimes recensées parmi les victimes seraient originaires de l’État indien du Bihar, où la communauté locale vit dans l’incertitude et l’angoisse.

Ce qu'il faut retenir

  • 1 200 morts et disparus officiellement dénombrés au Népal après les inondations et glissements de terrain du 26 août, selon les autorités népalaises
  • Plusieurs dizaines de victimes seraient des pèlerins indiens, notamment originaires de l’État du Bihar
  • Les opérations de recherche se poursuivent malgré des conditions météo difficiles et des routes coupées
  • Les familles des disparus, en Inde, espèrent encore un miracle ou une confirmation officielle
  • Le gouvernement népalais a déclaré l’état d’urgence dans les zones touchées

Les autorités népalaises ont recensé plus de 1 200 morts et disparus à la suite des inondations et des coulées de boue qui ont ravagé la région montagneuse de l’ouest du pays le 26 août. Côté indien, on recense également des victimes parmi les pèlerins en transit ou sur place. « Plusieurs familles du Bihar sont directement touchées », a indiqué un responsable local sous couvert d’anonymat, joint par Libération. Les proches des disparus, souvent des agriculteurs ou des travailleurs journaliers, n’ont plus eu de contact depuis plusieurs jours, alors qu’ils devaient revenir de leur pèlerinage vers des sites religieux indiens.

Parmi les témoignages recueillis par Libération, celui de Rajesh Kumar, 38 ans, originaire de la ville de Bhagalpur, dans le Bihar, illustre l’ampleur du drame. Son frère, Mukesh Kumar, 42 ans, faisait partie d’un groupe de 15 pèlerins partis en direction du temple de Pashupatinath, à Katmandou. « On n’a plus de nouvelles depuis le 26 août. Les autorités népalaises disent qu’ils font tout leur possible, mais on n’a rien reçu », a-t-il expliqué, la voix tremblante. Comme lui, des dizaines de familles se rassemblent devant les bureaux locaux de l’administration pour obtenir des réponses, sans succès pour l’instant.

« Les familles sont sous le choc. Certaines ont même commencé à organiser des rituels funéraires par précaution, mais personne n’ose y croire vraiment. »
— Un responsable de l’ONG Maitri Humanitarian, spécialisée dans l’aide aux victimes de catastrophes naturelles

Les opérations de recherche se heurtent à des difficultés logistiques majeures. Les routes menant aux zones sinistrées sont coupées ou inondées, et les communications sont souvent interrompues. Selon les dernières estimations du gouvernement népalais, plus de 5 000 personnes sont toujours isolées dans les villages reculés de la région de Gandaki. Les équipes de secours, composées de militaires et de volontaires, tentent de rétablir les liaisons aériennes pour acheminer du matériel et des vivres, mais la météo reste défavorable. « On ne peut pas avancer plus vite », a reconnu un porte-parole de l’armée népalaise, cité par Libération.

Côté indien, les autorités ont mis en place un centre d’accueil temporaire à la frontière, où les familles peuvent déposer des plaintes et signaler la disparition de leurs proches. « On a reçu plus de 200 demandes de recherches depuis une semaine », a précisé un officier de police du district de Kishanganj, dans le Bihar. Les démarches administratives, souvent longues et complexes, ajoutent à la souffrance des familles. Certaines ont déjà fait le voyage jusqu’à Katmandou, mais la plupart restent bloquées à la frontière, faute de documents valides ou de moyens financiers pour se déplacer.

Et maintenant ?

Les prochaines 48 heures s’annoncent cruciales pour les opérations de secours. Les autorités népalaises ont annoncé une réunion d’urgence ce 3 septembre avec les représentants indiens pour coordonner les efforts et faciliter les recherches. D’ici là, les familles des disparus devraient recevoir un premier bilan officiel, mais les chances de retrouver des survivants s’amenuisent à mesure que le temps passe. Quant aux pèlerins encore portés disparus, leur sort reste incertain, dans l’attente de preuves concrètes.

Alors que le Népal pleure ses victimes et que l’Inde attend des réponses, la communauté internationale a commencé à réagir. L’Inde a proposé une aide humanitaire et logistique, tandis que l’Union européenne a débloqué une enveloppe de 500 000 euros pour les secours. Reste à savoir si ces initiatives suffiront à apporter un peu de réconfort aux familles en détresse.