« Quand j’ai été élu maire, je vous ai dit qu’on allait taxer les riches. Et bien, aujourd’hui, nous taxons les riches. » Dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux, le maire démocrate de New York, Zohran Mamdani, a annoncé le 17 avril 2026 l’instauration d’une taxe inédite sur les résidences secondaires estimées à plus de 5 millions de dollars, dont les propriétaires ne résident pas dans la ville. Selon BFM Business, cette mesure devrait rapporter 500 millions de dollars annuellement à la métropole, financant notamment la garde d’enfants, l’entretien des rues et la sécurité des quartiers.
Ce qu'il faut retenir
- Première taxe de l’histoire de New York ciblant spécifiquement les résidences secondaires de luxe (> 5 M$), détenues par des propriétaires non-résidents.
- Cette mesure devrait générer 500 millions de dollars par an, destinés à des services publics comme la petite enfance, la propreté urbaine et la sécurité.
- Le maire Zohran Mamdani justifie cette taxe comme un moyen de lutter contre l’injustice fiscale et de « faire contribuer ceux qui en ont les moyens ».
- Plusieurs milliardaires new-yorkais, dont le PDG de Citadel Ken Griffin, possèdent des biens visés par cette taxe, comme un penthouse acquis pour 238 millions de dollars.
- La taxe s’inscrit dans une politique plus large visant à imposer à 2 % les revenus des plus aisés (> 1 M$ par an), avec le soutien d’économistes comme Gabriel Zucman et Joseph Stiglitz.
Une taxe symbolique et concrète contre les inégalités
Dans sa vidéo, Zohran Mamdani a critiqué un « système injuste » qui pénalise les New-Yorkais actifs tout en permettant aux ultra-riches de stocker leur capital dans l’immobilier local sans y contribuer financièrement. « Ces résidences secondaires ne servent qu’à enrichir leurs propriétaires, sans aucun bénéfice pour la ville », a-t-il souligné. Pour illustrer son propos, il s’est tourné vers un immeuble de standing derrière lui, évoquant le penthouse de Ken Griffin, PDG du fonds d’investissement Citadel, acheté en 2023 pour un montant record de 238 millions de dollars. Selon la mairie, cette résidence est inoccupée la plupart du temps.
Le maire a également rappelé que les fonds collectés seront directement réinvestis dans des services publics essentiels. « Chaque dollar de cette taxe financera des écoles, des rues plus propres et des quartiers plus sûrs », a-t-il affirmé. Cette approche s’inscrit dans la continuité de ses promesses électorales, axées sur une fiscalité plus progressive et une redistribution vers les classes moyennes et populaires de la ville.
Des réactions immédiates, entre soutien et opposition
L’annonce a suscité des réactions contrastées parmi les acteurs économiques new-yorkais. Le milliardaire Daniel Loeb, dirigeant du fonds spéculatif Third Point, a critiqué la mesure, accusant Mamdani de « harceler » les grands employeurs de la ville. « Le maire attise la lutte des classes et divulgue des informations personnelles sur l’un des plus grands employeurs de New York », a-t-il déclaré dans un message posté en ligne, faisant référence à la mention publique de l’adresse de Ken Griffin. Loeb a également mis en garde contre les risques de fuite des capitaux : « On ne peut pas taxer une ville pour la mener à la prospérité, et on n’attire pas les investisseurs en diabolisant ceux qui créent des emplois. »
Cette opposition s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre Mamdani et les milieux financiers, amplifié par ses relations tendues avec l’ancien président américain Donald Trump. Loeb a d’ailleurs évoqué une possible « destruction » de New York, estimant que « l’histoire prouve que ces politiques fiscales ne fonctionnent pas ». Malgré ces critiques, le maire démocrate semble déterminé à poursuivre sa politique, s’appuyant sur des experts renommés pour concevoir sa réforme fiscale.
« Tout le monde a un rôle à jouer pour notre ville… et certains doivent en faire un tout petit peu plus que les autres. Joyeuse fête de l’impôt, New York ! »
Zohran Mamdani, maire de New York, le 17 avril 2026
Un projet porté par des économistes de renom
Pour concevoir cette taxe et élargir sa politique fiscale, Zohran Mamdani s’est entouré de deux figures majeures de l’économie : l’économiste français Gabriel Zucman, connu pour ses travaux sur l’évasion fiscale, et le prix Nobel américain Joseph Stiglitz. Leur expertise vise à structurer une fiscalité plus juste, ciblant à la fois les résidences secondaires de luxe et les revenus des contribuables les plus aisés. La mesure sur les résidences secondaires s’appliquera dès l’année prochaine, tandis que l’extension de l’impôt sur le revenu des plus riches est en cours d’étude.
Cette initiative s’ajoute à une série de réformes menées par Mamdani depuis son élection en 2025, marquée par un discours résolument progressiste. Parmi ses autres projets figurent l’augmentation des salaires minimums dans les entreprises bénéficiant de contrats publics et la création de logements sociaux. Ces mesures visent à atténuer les effets de la crise du logement à New York, où les prix de l’immobilier restent parmi les plus élevés au monde.
Cette réforme illustre la volonté de Mamdani de rééquilibrer la fiscalité new-yorkaise, mais son succès dépendra de sa capacité à convaincre les New-Yorkais — et les investisseurs — de la nécessité de ces mesures. Reste à voir si cette politique portera ses fruits ou si elle accentuera les divisions économiques dans une ville déjà profondément inégalitaire.
La taxe s’appliquera aux résidences secondaires estimées à plus de 5 millions de dollars et détenues par des propriétaires qui ne résident pas à New York. Cela inclut des biens comme le penthouse de Ken Griffin, acquis pour 238 millions de dollars, qui est inoccupé la plupart du temps.
La mairie de New York table sur un rendement annuel de 500 millions de dollars une fois la taxe pleinement appliquée. Son entrée en vigueur est prévue pour 2027, avec des premiers versements attendus dès cette date.
