« Les Américains ne pensent pas tellement à l’Europe, sauf quand ils veulent partir en vacances », déclare Nicolas Berggruen, investisseur et philanthrope, dans un entretien accordé au Figaro. Fondateur de l’Institut Berggruen, un cercle de réflexion basé à Los Angeles, Venise et Pékin, il analyse les relations complexes entre les États-Unis et une Europe qu’il juge en retrait sur le plan de l’innovation et de la projection dans le futur.
Ce qu'il faut retenir
- Nicolas Berggruen, fondateur de l’Institut Berggruen, considère que l’Europe a abandonné son rôle d’innovation et de définition du futur.
- Il souligne le dynamisme de la côte Ouest des États-Unis, notamment en matière de création d’entreprises technologiques majeures (Amazon, Google, Uber, Airbnb, Anthropic, OpenAI, Perplexity).
- Selon lui, la côte Est américaine, ainsi que l’Europe, restent à la traîne en matière d’innovation technologique ces trente dernières années.
- Berggruen a fondé son institut à Los Angeles, Venise et Pékin, où il mène des réflexions sur l’avenir géopolitique et technologique.
- L’entretien a été réalisé à l’occasion de la remise du prix annuel de l’institut au philosophe Michael Sandel.
Un regard sur l’innovation : la côte Ouest des États-Unis en avance
Nicolas Berggruen a vécu longtemps à New York avant de s’installer à Los Angeles. Il constate une différence majeure entre ces deux villes américaines. Selon lui, la côte Ouest incarne une culture de l’innovation, de l’optimisme et de la prise de risque. « La côte Ouest américaine est beaucoup plus créative, beaucoup plus prête à s’intéresser au futur, mais aussi à créer le futur », explique-t-il. Il cite des exemples marquants : Amazon, Google, Uber, Airbnb, mais aussi les géants de l’intelligence artificielle comme Anthropic, OpenAI ou Perplexity.
À l’inverse, la côte Est, avec des villes comme New York, Boston ou Miami, ainsi que l’Europe, n’ont pas généré d’entreprises comparables ces trente dernières années. Berggruen admet que DeepMind, créé à Londres, a marqué une exception notable, mais il a été absorbé par Google. « Outre DeepMind, les seules exceptions sont en… », précise-t-il sans conclure sa pensée dans l’entretien.
L’Europe, un continent en retrait sur le plan technologique
L’investisseur et philanthrope dresse un constat sévère sur l’Europe. Pour lui, ce continent a renoncé à innover et à écrire l’avenir. Il évoque un manque d’audace et une tendance à se reposer sur des acquis passés plutôt qu’à construire l’avenir. « L’Europe a, selon lui, renoncé à innover et à écrire le futur », rapporte-t-il dans l’entretien.
Cette analyse s’inscrit dans un contexte plus large où les États-Unis, et particulièrement la côte Ouest, dominent le secteur technologique mondial. Berggruen souligne que l’IA, une révolution majeure, est née en Californie, où est basé son institut. Il s’interroge sur l’impact de cette technologie sur la façon de penser et de voir le monde depuis des villes comme New York, Washington ou Los Angeles.
L’Institut Berggruen : un think tank à l’échelle internationale
Fondé par Nicolas Berggruen, l’Institut Berggruen est un cercle de réflexion installé dans trois villes stratégiques : Los Angeles, Venise et Pékin. Son objectif est d’explorer les défis contemporains, notamment ceux liés à la gouvernance, à la technologie et à l’évolution des sociétés. Chaque année, l’institut remet un prix à une personnalité ayant marqué la réflexion intellectuelle.
Cette année, le philosophe Michael Sandel a été honoré. Connu pour ses travaux sur la justice sociale et l’économie morale, Sandel a été récompensé pour ses contributions à la compréhension des enjeux contemporains. L’événement a servi de cadre à l’entretien de Berggruen, où il a développé ses réflexions sur les dynamiques transatlantiques et l’innovation.
Berggruen, qui a bâti sa carrière sur l’investissement dans des projets à long terme, mise sur une approche similaire pour l’Europe. Son institut continue d’œuvrer pour promouvoir des idées innovantes et des solutions globales, mais le défi reste de taille.
L’Institut Berggruen est un cercle de réflexion fondé par Nicolas Berggruen. Il est installé à Los Angeles, Venise et Pékin et se concentre sur des enjeux contemporains comme la gouvernance, la technologie et l’évolution des sociétés. Chaque année, il remet un prix à une personnalité ayant marqué la réflexion intellectuelle.