Une enquête publiée ce week-end par le Sunday Times, relayée par Journal du Coin, relance les interrogations sur les liens entre l’homme politique britannique Nigel Farage et des acteurs controversés du secteur des cryptomonnaies. L’article suggère qu’une partie des fonds reçus par Farage aurait transité par des entités ou des personnalités aux antécédents judiciaires, soulevant des questions sur la transparence de ses financements politiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Nigel Farage, figure majeure du Brexit, est accusé par le Sunday Times d’avoir pu bénéficier de fonds issus de sources douteuses dans le secteur des cryptomonnaies.
  • L’enquête mentionne un transfert de fonds de 75 000 livres sterling en cryptomonnaies, dont l’origine reste floue selon les journalistes.
  • Parmi les intermédiaires cités, un homme d’affaires lié à des activités de blanchiment présumées en Europe de l’Est.
  • Farage, connu pour ses positions pro-cryptomonnaies, n’a pas encore réagi officiellement aux accusations.
  • Les autorités britanniques pourraient examiner cette affaire dans le cadre de leurs contrôles sur le financement des partis politiques.

Une enquête basée sur des documents et des témoignages

Selon le Sunday Times, les journalistes se sont appuyés sur des documents financiers internes et des témoignages d’anciens collaborateurs de Nigel Farage pour établir un lien entre des fonds reçus en 2024 et 2025 et des plateformes ou individus impliqués dans des affaires de fraude ou de blanchiment. Le montant de 75 000 livres sterling, converti en cryptomonnaies, aurait été versé via des canaux opaques, rendant son suivi difficile pour les autorités.

Parmi les noms cités, celui de Igor Girkin, un ancien officier du renseignement russe condamné en 2024 pour son rôle dans l’annexion de la Crimée, apparaît indirectement dans l’enquête. Bien qu’aucun lien direct ne soit établi avec Farage, l’homme politique britannique a été vu à plusieurs reprises en compagnie de figures proches de milieux crypto opérant en Europe de l’Est.

Nigel Farage et le monde des cryptomonnaies : une alliance controversée

Nigel Farage, connu pour ses prises de position en faveur des cryptomonnaies et sa critique des régulations financières traditionnelles, a multiplié les apparitions publiques aux côtés de promoteurs de projets crypto. En 2023, il a même lancé son propre fonds d’investissement dédié aux actifs numériques, baptisé Reform UK Crypto Fund, censé soutenir les entreprises innovantes dans ce secteur.

Pour autant, cette proximité avec l’univers des cryptomonnaies a toujours suscité des critiques, notamment en raison des risques de fraude et de manipulation associés à ce marché. En 2025, plusieurs enquêtes ont révélé que des partis politiques européens, dont certains proches de Farage, avaient reçu des dons en cryptomonnaies sans toujours en vérifier l’origine. Les régulateurs britanniques, comme la Electoral Commission, ont depuis renforcé leurs contrôles sur ces flux financiers.

Les réactions et les zones d’ombre persistantes

Interrogé par Journal du Coin, un porte-parole de Nigel Farage a démenti toute implication dans des financements illégaux, affirmant que « toutes les transactions en cryptomonnaies reçues par notre mouvement ont été déclarées et vérifiées par des experts indépendants ». De son côté, le Sunday Times a indiqué que ses sources incluaient des anciens membres du parti Reform UK (ex-Brexit Party), ainsi que des registres financiers obtenus via des lanceurs d’alerte.

Une autre zone d’ombre porte sur le rôle des plateformes d’échange. Plusieurs sociétés mentionnées dans l’enquête, comme Binance ou Kraken, n’ont pas encore réagi publiquement. Pourtant, en 2026, ces acteurs sont sous le feu des projecteurs en raison de nouvelles réglementations européennes (MiCA) visant à lutter contre le blanchiment d’argent dans l’écosystème crypto.

Et maintenant ?

L’enquête du Sunday Times pourrait relancer les débats sur la régulation des dons politiques en cryptomonnaies au Royaume-Uni. Une audition devant la Commission des comptes publics du Parlement britannique est d’ailleurs prévue pour le 15 juillet 2026, où des représentants de Reform UK et des régulateurs financiers sont attendus. Par ailleurs, Nigel Farage pourrait être contraint de fournir des preuves supplémentaires sur l’origine de ses fonds, sous peine de sanctions de la part de l’Electoral Commission.

Cette affaire intervient alors que le Royaume-Uni durcit sa législation sur les cryptomonnaies, avec l’entrée en vigueur progressive de nouvelles règles anti-blanchiment. Pour autant, les zones d’ombre restent nombreuses : l’origine exacte des fonds, le rôle des intermédiaires, et d’éventuelles complicités au sein des plateformes d’échange. Bref, cette polémique pourrait bien n’être que le début d’un feuilleton judiciaire plus large.