D'après Le Figaro, une attaque menée dans la nuit par des hommes armés contre un village d'agriculteurs a fait au moins 30 morts, dont des enfants, dans l'État de Kaduna, dans le nord du Nigeria. Les assaillants ont attaqué le village vers minuit dans la nuit de dimanche à lundi, ouvrant le feu de manière sporadique avant d'incendier des habitations et des commerces, selon des habitants et un responsable local.

Le nord-ouest et le centre du Nigeria connaissent des violences opposant éleveurs musulmans et agriculteurs majoritairement chrétiens, qui trouvent leur source dans des différends de longue date, notamment autour de la gestion des terres et des ressources. L'impact du changement climatique a ajouté une pression supplémentaire à ces tensions, alors que la croissance démographique accroît les besoins en terres agricoles et que le pâturage est menacé par la sécheresse.

Ce qu'il faut retenir

  • Au moins 30 personnes ont été tuées dans l'attaque, dont des enfants.
  • Les assaillants ont attaqué le village dans la nuit de dimanche à lundi.
  • Les violences dans la région sont alimentées par des différends entre éleveurs musulmans et agriculteurs chrétiens.
  • Le changement climatique exerce une pression supplémentaire sur les ressources.

Contexte et réactions

«À ce stade, nous avons retrouvé 30 corps et il y a des craintes que le bilan ne s'alourdisse, car certaines victimes blessées se trouvent toujours dans un état critique», a déclaré à l'AFP le secrétaire du chef du village de Naridon, Dogon Rana. Certaines personnes sont toujours portées disparues, a-t-il ajouté.

Rubean James, un habitant de Naridon, raconte avoir entendu des coups de feu et estime que lui et sa famille ont eu «de la chance» de pouvoir s'échapper par une porte arrière avant de se cacher dans la brousse. «Après le lever du jour, nous sommes revenus et avons découvert que plusieurs personnes avaient été tuées. Je peux confirmer qu'au total, 31 personnes ont été tuées et que d'autres ont été blessées», a-t-il ajouté.

Enquête et sécurité

Le gouvernement de l'État de Kaduna a demandé aux services de sécurité de «renforcer les opérations» pour identifier et arrêter les auteurs, sans fournir de bilan de victimes. L'Association des peuples unis du sud de Kaduna (SOKAPU) a adressé une lettre à la police de l'État de Kaduna, dans laquelle elle alerte sur des «meurtres de masse, enlèvements et destructions de terres» en hausse, qui dévastent les communautés rurales.

Et maintenant ?

L'incident a conduit à une accalmie relative dans le village à la suite du déploiement de policiers et militaires. L'État du Kaduna est aussi régulièrement secoué par des violences meurtrières perpétrées par des gangs criminels appelés «bandits» qui mènent des raids dans les villages, pillent, kidnappent et tuent les habitants, mais aussi par des djihadistes.

Amnesty International a indiqué «condamner fermement le meurtre d'au moins 30 personnes lors d'une attaque menée par des hommes armés» contre le village de Naridon, dans l'État de Kaduna. Le chef communautaire Yunusa Babados a affirmé que les assaillants ont pénétré dans plusieurs habitations, notamment celle d'une famille où six enfants d'un même foyer ont été tués.