Comme le rapporte BFM Business, Nik Storonsky, le fondateur et directeur général de Revolut, pourrait voir sa fortune exploser grâce à un accord de rémunération inspiré de celui d’Elon Musk chez Tesla. Selon le Financial Times, cette proposition vise à aligner la valorisation de la fintech britannique avec les performances financières de l’entreprise, dont la capitalisation dépasse déjà les 115 milliards de dollars.

Ce qu'il faut retenir

  • Nik Storonsky détient actuellement 29 % du capital de Revolut, soit une participation estimée à 33 milliards de dollars.
  • Si la valorisation de l’entreprise dépasse les 200 milliards de dollars, sa part pourrait atteindre 40 %, portant sa fortune à 80 milliards de dollars.
  • Revolut, déjà la start-up la plus valorisée du Royaume-Uni, envisage une introduction en Bourse et une expansion internationale après l’obtention d’une licence bancaire complète en mars 2026.
  • L’entreprise affiche un bénéfice avant impôt de 2,3 milliards de dollars en 2025, en progression de 57 %.
  • Ce type d’accord, rare en Europe, pourrait faire de Storonsky l’homme le plus riche du Royaume-Uni, devant même la famille Bettencourt.

Un modèle inspiré de Tesla et des ambitions XXL pour Revolut

Le modèle de rémunération proposé par Nik Storonsky s’inspire directement de celui appliqué par Elon Musk chez Tesla. Selon BFM Business, la participation du fondateur de Revolut dans son entreprise serait indexée sur la valorisation de la fintech. Actuellement évaluée à 115 milliards de dollars, Revolut pourrait atteindre les 200 milliards de dollars d’ici les prochaines années, notamment grâce à une éventuelle introduction en Bourse.

Si cette hypothèse se concrétise, la part de Storonsky dans le capital passerait de 29 % à 40 %, ce qui porterait sa fortune à 80 milliards de dollars. Une somme suffisante pour le placer en tête des fortunes britanniques, devant même Liliane Bettencourt, héritière de L’Oréal. Plusieurs caps de valorisation seraient fixés, dont un seuil à 500 milliards de dollars, mais les détails exacts de cette rémunération restent confidentiels.

Cette stratégie, encore rare en Europe, vise à récompenser la croissance exceptionnelle de Revolut. L’entreprise, fondée en 2014, compte désormais 75 millions d’utilisateurs répartis dans 40 pays. Avec un bénéfice avant impôt de 2,3 milliards de dollars en 2025 – en hausse de 57 % par rapport à l’année précédente –, Revolut confirme sa rentabilité et son modèle disruptif face aux banques traditionnelles.

Une expansion internationale accélérée par une licence bancaire au Royaume-Uni

Le développement de Revolut s’accélère depuis l’obtention d’une licence bancaire complète au Royaume-Uni en mars 2026. Après des années de négociations, cette autorisation permet à l’entreprise de proposer une gamme élargie de services financiers, incluant des comptes épargne rémunérés, des assurances voyage ou encore des taux d’intérêt avantageux. « Nous ne sommes plus seulement une banque digitale, mais une plateforme financière complète », a déclaré un porte-parole de Revolut, cité par BFM Business.

Cette licence devrait faciliter l’expansion internationale de Revolut, déjà présente en Australie grâce à un agrément équivalent. La fintech a également déposé une demande pour opérer aux États-Unis, où elle pourrait concurrencer les géants traditionnels comme Bank of America ou JPMorgan Chase. En 2026, Revolut prévoit d’étendre ses services à de nouveaux marchés, notamment en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient, où la demande pour des solutions bancaires digitales explose.

Un modèle économique basé sur la diversification des revenus

Revolut a su se différencier en misant sur des services premium, comme des frais de change réduits ou des programmes de cashback. L’entreprise propose désormais des produits d’assurance, des solutions d’épargne à haut rendement et des cartes bancaires haut de gamme. Selon les analystes, cette diversification a permis d’augmenter significativement ses revenus, qui dépassent désormais ceux de nombreuses banques traditionnelles au Royaume-Uni.

« Nos utilisateurs recherchent des alternatives aux banques classiques, et nous leur offrons des services plus transparents et moins chers », a expliqué Nik Storonsky dans une interview accordée au Financial Times. La fintech mise également sur l’innovation technologique, avec des fonctionnalités comme l’agrégation de comptes multi-banques ou des outils de gestion budgétaire automatisée. Ces atouts ont contribué à une croissance annuelle de 30 % du nombre d’utilisateurs en 2025.

Un accord historique qui pourrait redéfinir les standards en Europe

Si l’accord de rémunération proposé par Nik Storonsky aboutit, il s’agirait du plus lucratif jamais conclu en Europe pour un dirigeant de start-up. Ce modèle, inspiré des pratiques américaines, reste peu répandu sur le continent, où les investisseurs privilégient généralement des rémunérations fixes ou liées à des bonus annuels. « Ce type d’accord est exceptionnel en Europe, mais il pourrait devenir une tendance si Revolut démontre que cette approche stimule la croissance », a analysé un expert en private equity interrogé par BFM Business.

Pour les actionnaires de Revolut, cette proposition présente un risque : si la valorisation de l’entreprise ne décolle pas, la part de Storonsky dans le capital pourrait ne pas atteindre les niveaux escomptés. À l’inverse, si Revolut confirme sa trajectoire de croissance, cet accord pourrait servir de référence pour d’autres licornes européennes en quête de financement. Plusieurs investisseurs institutionnels, dont des fonds souverains, ont déjà exprimé leur intérêt pour participer à la prochaine levée de fonds de la fintech, prévue d’ici 2027.

Et maintenant ?

La prochaine étape pour Revolut consistera à finaliser son introduction en Bourse, une opération qui pourrait avoir lieu d’ici 2027 si les conditions de marché le permettent. D’ici là, l’entreprise devra convaincre ses actionnaires de valider l’accord de rémunération de Storonsky, un processus qui pourrait prendre plusieurs mois. Parallèlement, Revolut poursuivra son expansion internationale, avec une attention particulière sur les États-Unis et l’Asie, où la concurrence est intense. La fintech devra également maintenir sa rentabilité, alors que ses marges pourraient être affectées par la hausse des coûts réglementaires et technologiques.

Pour les observateurs du secteur, l’enjeu est double : valider le modèle de rémunération de Storonsky tout en garantissant une croissance durable pour Revolut. Si l’entreprise parvient à concilier ces deux objectifs, elle pourrait devenir un cas d’école pour les start-up européennes en quête de levées de fonds record.

Ce modèle, appelé « rémunération par objectifs » (performance-based compensation), lie directement la fortune du dirigeant à la valorisation de l’entreprise. Chez Tesla, Elon Musk a vu sa participation dans le capital atteindre des niveaux records grâce à cette approche, qui récompense la croissance boursière et financière. Revolut applique le même principe pour inciter Storonsky à maximiser la valeur de son entreprise, tout en alignant ses intérêts avec ceux des actionnaires.