Près de vingt-huit ans après sa disparition, le chanteur Nino Ferrer (1934-1998) est célébré au musée Henri-Martin de Cahors à travers une exposition consacrée à sa passion pour la peinture. Une première, puisque jamais un musée n’avait auparavant mis à l’honneur cette facette de l’artiste, connu du grand public pour ses tubes comme Mirza ou Le Sud. Cette manifestation, intitulée « Nino Ferrer peintre », est visible jusqu’au 31 décembre 2026, selon Franceinfo - Culture.
Ce qu'il faut retenir
- Une soixantaine d’œuvres de Nino Ferrer, dont certaines jamais exposées, sont présentées au musée Henri-Martin de Cahors jusqu’au 31 décembre 2026.
- L’artiste, installé dans le Lot en 1977, y a réalisé une centaine de toiles et plusieurs centaines de dessins, souvent inspirés de son environnement immédiat.
- L’exposition met en lumière son travail pictural, marqué par une influence surréaliste et une recherche approfondie sur la couleur et le dessin.
- Parmi les pièces exposées, « La Désabusion », déjà utilisée pour la pochette d’un album, et « Les Œufs », reflétant son attachement au mouvement surréaliste.
- Une vitrine de 11 mètres retrace la vie de l’artiste à travers des objets, documents et talismans, prêtés par ses deux fils.
Un artiste polyvalent révélé sous un nouveau jour
Nino Ferrer s’est éteint le 13 août 1998, laissant derrière lui une carrière musicale légendaire. Pourtant, sa passion pour la peinture, moins médiatisée, a occupé une place centrale dans sa vie, notamment après son installation dans le Lot en 1977. C’est dans cette région, plus précisément dans sa propriété de La Taillade, dans le Quercy Blanc, qu’il a trouvé une source d’inspiration majeure. Son fils Arthur Ferrari, qui a grandi sur place, confirme l’importance de ce lieu dans l’œuvre de son père : « C’est un endroit d’inspiration. Il a réussi à se libérer, aussi bien dans la peinture que dans la musique », confie-t-il à Franceinfo - Culture.
Dès les années 1980, Nino Ferrer s’est immergé dans la peinture avec une énergie nouvelle, fusionnant ses deux passions. Selon ses fils, l’artiste aurait réalisé une centaine de toiles de grand format et plusieurs centaines de dessins, dont une partie seulement a été recensée à ce jour. La plupart de ces œuvres puisent leur sujet dans son cadre de vie, comme en témoigne Arthur Ferrari : « Nous sommes ici sous les cèdres, un lieu que Nino adorait particulièrement. La maison de La Taillade apparaît dans une dizaine de ses tableaux. »
Une exposition qui rend hommage à un peintre cultivé et exigeant
Au musée Henri-Martin de Cahors, l’exposition présente une soixantaine de pièces, dont certaines, comme « La Désabusion », étaient jusqu’ici réservées à l’univers musical. Rachel Amalric, directrice du musée, souligne le talent de l’artiste : « C’est une peinture soutenue par un travail du dessin extrêmement qualitatif, avec une véritable recherche sur la couleur et une influence des surréalistes. Nino Ferrer était un artiste extrêmement cultivé. » Pour elle, cette exposition est l’occasion de montrer un pan essentiel de son œuvre : « Il aurait aimé être davantage reconnu pour sa peinture. Il serait heureux, aujourd’hui, d’être enfin reconnu en tant que peintre et d’avoir un pied dans un musée. »
La scénographie, conçue avec la participation d’Arthur Ferrari, alterne entre les toiles et une immersion dans l’intimité de l’artiste. Dans la dernière salle, une vitrine de 11 mètres de long rassemble des objets personnels, des photographies, des partitions et des talismans, offrant aux visiteurs un voyage dans l’univers intime de Nino Ferrer. Une façon de rappeler que derrière le chanteur se cachait un peintre passionné, dont l’œuvre mérite d’être redécouverte.
Un parcours artistique marqué par le surréalisme et la liberté
Parmi les œuvres exposées, « Les Œufs » illustre l’influence évidente du mouvement surréaliste sur son travail. Dans la première salle, le visiteur découvre également « La Désabusion », une toile de grand format qui a donné son nom à un album emblématique. Rachel Amalric explique que cette peinture reflète la quête de liberté et d’authenticité qui animait l’artiste : « Ses œuvres mêlent une grande maîtrise technique et une recherche constante sur la couleur, avec une touche personnelle très forte. »
L’exposition permet aussi de comprendre comment Nino Ferrer a réussi à concilier musique et peinture. Arthur Ferrari, qui a collaboré à la mise en scène sonore aux côtés de la directrice du musée, souligne cette dualité : « Mon père a trouvé dans la peinture une façon de s’exprimer différemment, sans les contraintes du show-business. Ici, il était libre. » Une liberté qui transparaît dans chaque toile, qu’il s’agisse de paysages du Quercy Blanc ou de compositions oniriques inspirées par son environnement.
L’exposition « Nino Ferrer peintre » s’adresse aussi bien aux amateurs de musique qu’aux passionnés d’art. Elle rappelle que Nino Ferrer, bien au-delà de ses succès commerciaux, était un artiste complet, dont la peinture mérite d’être placée au même rang que ses compositions musicales. Une redécouverte qui, pour ses fils, aurait sans doute comblé ses vœux : « Il aurait été heureux de voir ses toiles exposées dans un musée. »
Les informations pratiques (horaires, tarifs, conditions d'accès) sont disponibles sur le site officiel du musée Henri-Martin de Cahors. Pour des détails précis, il est conseillé de consulter directement leur page dédiée à l'exposition.