La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a infligé une amende transactionnelle record de 35 millions d’euros à Nintendo of Europe, selon Numerama. Cette sanction, acceptée par le géant nippon, met un terme à une affaire concernant la dissimulation du défaut des manettes Joy-Con, un problème technique affectant des millions de joueurs en France.

Ce qu'il faut retenir

  • Une amende de 35 millions d’euros, la plus élevée jamais prononcée par la DGCCRF dans ce type d’affaire.
  • Le défaut des Joy-Con Drift, connu dès 2018 mais caché jusqu’en 2020, a valu à Nintendo l’accusation de pratiques commerciales trompeuses.
  • L’entreprise doit également publier un communiqué d’excuses sur sa page d’accueil en France.
  • L’enquête a révélé que Nintendo avait sous-estimé l’impact de ce défaut sur les consommateurs.
  • L’association UFC-Que Choisir avait porté plainte, soulignant les difficultés rencontrées par les joueurs pour obtenir réparation.

Un défaut technique connu depuis 2018, mais minimisé jusqu’en 2020

L’affaire trouve son origine dans le Joy-Con Drift, un dysfonctionnement des joysticks des manettes Joy-Con de la Nintendo Switch. Ce problème, qui provoque des mouvements parasites involontaires lors des parties, a été signalé par des milliers de joueurs dès 2017-2018, soit moins d’un an après le lancement de la console en mars 2017. Pourtant, Nintendo n’a reconnu officiellement l’existence de ce défaut qu’en 2020, après des mois de pression médiatique et associative.

Selon Numerama, des documents internes révélés lors de l’enquête de la DGCCRF montrent que le fabricant japonais était parfaitement conscient du problème dès 2018. Des tests internes et des retours clients avaient mis en lumière le défaut, mais l’entreprise a choisi de ne pas communiquer publiquement sur le sujet. Cette réticence à informer les consommateurs a été qualifiée de pratique commerciale trompeuse par les autorités françaises.

Une enquête de la DGCCRF et une plainte de l’UFC-Que Choisir

L’enquête menée par le service national des enquêtes de la DGCCRF a permis de confirmer que Nintendo avait dissimulé délibérément les informations concernant le Joy-Con Drift. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a joué un rôle clé dans le déclenchement de cette procédure en déposant une plainte pour manquement à l’obligation d’information des consommateurs.

Les enquêteurs ont établi que la communication tardive et parcellaire de Nintendo avait faussé le comportement des joueurs. Beaucoup ont renoncé à se tourner vers le service après-vente par méconnaissance de leurs droits ou par crainte de ne pas être entendus.

« Cette rétention d’information a directement contribué à dissuader les consommateurs de réclamer une prise en charge légitime pour un défaut de conception »,
a indiqué la DGCCRF dans son communiqué.

Une sanction record pour une pratique qualifiée de trompeuse

La DGCCRF a considéré que les agissements de Nintendo constituaient un délit caractérisé de pratique commerciale trompeuse, au sens de l’article L. 121-1 du Code de la consommation. La répression des fraudes a souligné que l’entreprise avait altéré la liberté de choix des consommateurs en ne les informant pas des risques liés au Joy-Con Drift.

Pour éviter un procès long et médiatisé, Nintendo of Europe a accepté de transiger en payant une amende de 35 millions d’euros, un montant exceptionnel reflétant l’ampleur de la sanction et la gravité des faits reprochés. À titre de mesure symbolique, l’entreprise devra également publier un communiqué d’excuses sur la page d’accueil de son site français. Cette publication, imposée par la DGCCRF, constituera une reconnaissance publique de ses responsabilités.

Et maintenant ?

Cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la gestion des défauts techniques dans l’industrie du jeu vidéo. Les consommateurs français pourraient être plus vigilants quant aux communications des fabricants, tandis que les autorités de régulation devraient renforcer leur surveillance des pratiques commerciales dans ce secteur. Reste à voir si d’autres enseignes du jeu vidéo pourraient faire l’objet de procédures similaires à l’avenir.

Une décision saluée par les associations de consommateurs

L’UFC-Que Choisir a salué cette décision, qu’elle qualifie de victoire pour les consommateurs. L’association estime que cette sanction envoie un signal fort aux entreprises qui chercheraient à minimiser leurs responsabilités face à des défauts avérés.

« Cette condamnation montre que les pratiques commerciales trompeuses ne seront plus tolérées, y compris dans un secteur aussi concurrentiel que celui du jeu vidéo », a déclaré un porte-parole de l’association. Elle espère que cette décision incitera d’autres fabricants à adopter une communication plus transparente en cas de problèmes techniques.

Nintendo de retour sur le devant de la scène médiatique

Cette affaire intervient alors que Nintendo continue de dominer le marché du jeu vidéo avec sa Switch, malgré la concurrence accrue des nouvelles consoles. Le groupe japonais, connu pour ses franchises comme Mario, Zelda ou Pokémon, a toujours mis en avant la qualité de ses produits et son engagement envers les joueurs.

Pourtant, cette condamnation rappelle que même les géants du secteur ne sont pas à l’abri des sanctions en cas de manquement à leurs obligations légales. La publication forcée d’un communiqué d’excuses sur son site français pourrait, selon les observateurs, nuire temporairement à son image, déjà fragilisée par les critiques répétées sur le Joy-Con Drift.

Le Joy-Con Drift désigne un dysfonctionnement des joysticks des manettes Joy-Con de la Nintendo Switch, provoquant des mouvements parasites involontaires. Des milliers de joueurs ont signalé ce problème dès 2017-2018, mais Nintendo n’a reconnu officiellement son existence qu’en 2020. Ce défaut a entraîné des difficultés pour les consommateurs souhaitant obtenir une réparation, d’où les accusations de pratiques commerciales trompeuses.

Outre le paiement de l’amende de 35 millions d’euros, Nintendo doit publier un communiqué d’excuses sur sa page d’accueil française. L’entreprise pourrait également revoir ses procédures internes pour améliorer la transparence en cas de défaut technique, afin d’éviter de futures sanctions.