L’action du géant japonais Nintendo a enregistré une chute marquée de 6,8 % à la Bourse de Tokyo ce mercredi 10 juin 2026, selon BFM Bourse. Cette baisse fait suite à un Nintendo Direct jugé décevant par les investisseurs, qui attendaient davantage de titres phares pour soutenir les ventes de sa console Switch 2, lancée en juin 2025.
Ce qu'il faut retenir
- L’action Nintendo a chuté de 6,8 % à Tokyo après un Nintendo Direct considéré comme décevant par les investisseurs.
- Le groupe a annoncé un remake de Zelda Ocarina of Time, mais les titres présentés ont été jugés trop classiques par les analystes.
- La Switch 2, commercialisée depuis juin 2025, affiche des ventes en baisse de 17 % par rapport aux prévisions pour l’exercice 2026.
- Nintendo a relevé les prix de sa console en raison de la flambée des coûts des puces mémoire, liée à la demande en IA.
- Le groupe a vendu 19,9 millions d’unités de Switch 2 et 48,7 millions de jeux sur l’exercice clos en mars 2026.
Ce nouveau revers boursier illustre les doutes des marchés sur la capacité de Nintendo à maintenir l’attractivité de sa console, malgré des franchises emblématiques. Le Nintendo Direct de mardi 9 juin, diffusé en ligne, avait pour objectif de rassurer les investisseurs en dévoilant une partie de son catalogue à venir. Pourtant, les réactions ont été mitigées, voire négatives.
Parmi les annonces figuraient le remake de Zelda Ocarina of Time – un titre culte sorti en 1998 et souvent cité parmi les meilleurs jeux de tous les temps – ainsi que des suites de licences majeures comme Xenoblade Genesis, Final Fantasy Resonance, Kingdom Hearts IV et Fire Emblem: Fortune’s Weave. Des franchises qui, pour l’instant, ne semblent pas suffire à convaincre.
« La présentation du groupe japonais a mis en avant des jeux issus de ses franchises phares, notamment Mario. Cependant, la faiblesse du pipeline de logiciels et le coût élevé des composants alimentent les craintes entourant les futures ventes de la Switch 2 », a indiqué Allinvest Securities.
Les analystes pointent notamment l’absence de titres majeurs capables de relancer l’engouement pour la console. « Une présentation très décevante des nouveaux jeux, avec des titres ressassés datant de l’époque de la Nintendo 64 », a déclaré Amir Anvarzadeh, stratège chez Asymmetric Advisors, à Bloomberg. « La nouvelle console semble manquer de titres phares ».
Ce désenchantement intervient dans un contexte économique tendu pour Nintendo. La société, dont l’exercice clos en mars 2026 a enregistré un bond de 98,6 % de ses revenus grâce à la Switch 2 – avec 19,9 millions d’unités vendues et 48,7 millions de jeux écoulés –, table désormais sur un recul de 17 % des ventes pour l’exercice en cours. Une prévision qui a pesé sur l’action.
La situation est aggravée par la hausse des coûts de production. La pénurie de puces mémoire, liée à la forte demande en technologies d’intelligence artificielle, a entraîné une augmentation de 130 % des prix des mémoires vives. Selon le cabinet Gartner, cette flambée devrait se répercuter sur les prix des PC (+17 %) et des smartphones (+13 %) d’ici fin 2026. Nintendo a d’ailleurs relevé les tarifs de sa console pour s’adapter à cette contrainte.
Pourtant, la Switch 2, lancée en juin 2025, avait démarré sur une dynamique positive. Son lancement avait coïncidé avec une période de fêtes où les ventes avaient été soutenues. Mais les observateurs s’inquiètent désormais de l’absence de « killer app » (jeu phare) pour la période des fêtes à venir, alors que la console approche de sa deuxième année de commercialisation.
Ce recul boursier s’inscrit dans un marché globalement hésitant en Europe ce 10 juin 2026. Le CAC 40 a reculé de 0,14 %, tandis que d’autres indices européens affichaient des performances contrastées : le SBF 120 perdait 0,19 %, le AEX 25 reculait de 0,24 %, et le PSI 20 gagnait 0,52 %. Du côté des valeurs individuelles, Soitec (-12,24 %) et Nexans (-3,49 %) figuraient parmi les plus fortes baisses, tandis que Trigano (+2,60 %) et Vicat (+1,69 %) résistaient mieux.
Côté devises, l’euro s’échangeait à 1,1557 dollar, tandis que le yen se situait à 160,42 yens pour un dollar. Un contexte qui ajoute une pression supplémentaire sur les groupes technologiques japonais, déjà confrontés à la hausse des coûts et à une concurrence accrue sur le marché des consoles.
La balle est désormais dans le camp de Nintendo. Le groupe devra rapidement rassurer sur l’avenir de sa console phare, sous peine de voir sa valorisation boursière continuer de s’éroder. Pour les investisseurs, la question reste entière : la Switch 2 parviendra-t-elle à conserver son statut de leader, ou assistera-t-on à un essoufflement progressif du modèle économique de la société ?
Si le remake de Zelda Ocarina of Time a été salué par les fans, il ne suffit pas à lui seul à combler le manque de titres phares annoncés lors du Nintendo Direct. Les investisseurs attendaient des annonces plus ambitieuses pour la Switch 2, notamment des jeux capables de relancer les ventes de la console en période de fêtes. L’absence de « killer app » et la hausse des coûts de production ont donc pesé davantage que l’effet d’annonce positif.