Graham Platner, candidat démocrate en lice pour un siège au Sénat américain dans l’État du Maine, fait face à une nouvelle accusation d’agression sexuelle portée par une ex-compagne. Selon Le Figaro, Jenny Racicot, 41 ans, affirme que l’ostréiculteur et ancien combattant des Marines l’aurait forcée à une relation sexuelle il y a près de cinq ans, alors qu’il était en état d’ébriété. Cette révélation intervient alors que la campagne de Platner est déjà minée par plusieurs scandales, mettant en péril ses ambitions politiques et l’image du Parti démocrate dans cet État clé.
Ce qu'il faut retenir
- Jenny Racicot accuse Graham Platner de l’avoir forcée à une relation sexuelle en 2021, alors qu’il était ivre.
- Platner dément catégoriquement ces accusations et évoque des « accusations troublantes, graves, et fausses ».
- Sa campagne est déjà fragilisée par d’autres scandales, dont des propos controversés sur les agressions sexuelles et un tatouage associable aux symboles nazis.
- Il reconnaît avoir souffert de syndrome de stress post-traumatique après trois déploiements en Irak et un en Afghanistan.
- Le Parti démocrate mise sur le Maine pour basculer un siège républicain au Sénat, mais l’affaire pourrait compromettre ses chances.
Une accusation qui s’ajoute à une campagne déjà controversée
Jenny Racicot, ex-compagne de Graham Platner, a livré son témoignage à Politico, un média américain, précisant que l’incident s’est produit fin 2021. Selon ses déclarations, Platner se serait présenté chez elle après qu’elle lui eut demandé de ne pas venir, l’y aurait saisie à plusieurs reprises malgré ses refus explicites, avant de la suivre dans sa chambre pour une relation non consentie. L’ostréiculteur, figure montante du Parti démocrate dans le Maine, a immédiatement réagi en démentant ces accusations avec fermeté.
« Ces accusations sont troublantes, graves, et fausses. Toute accusation d’acte non consenti est catégoriquement fausse », a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Platner, qui se présente comme un candidat populiste luttant contre l’oligarchie et les milliardaires, a également souligné que son équipe prendrait le temps de la réflexion pour déterminer la meilleure stratégie à adopter face à cette nouvelle polémique.
Une série de scandales qui fragilisent sa candidature
Cette affaire survient après plusieurs mois de turbulences pour Graham Platner. Début juin, le New York Times a publié une enquête dans laquelle plusieurs ex-compagnes dénoncent des comportements violents, méprisants et infidèles de sa part. L’une d’elles affirme même avoir été menacée physiquement. Platner avait alors reconnu, dans un communiqué au quotidien américain, avoir « trop souvent auto-soigné [ses] blessures avec l’alcool » et avoir été « loin d’être le parfait petit ami » durant une période difficile de sa vie.
Ces révélations s’ajoutent à d’autres controverses, comme un tatouage sur sa poitrine représentant un crâne surmonté de deux os croisés, largement associé aux symboles des SS. Platner, qui a servi trois fois en Irak et une fois en Afghanistan au sein du corps des Marines, a évoqué son syndrome de stress post-traumatique, conséquence de ses missions. Il a également été pointé du doigt pour des propos tenus en 2013, où il invitait les femmes à « prendre leurs responsabilités » et à éviter de se saouler pour ne pas être victimes d’agressions sexuelles.
Un soutien politique qui pourrait s’effriter
Jusqu’à présent, Graham Platner bénéficiait du soutien de figures progressistes américaines, dont le sénateur Bernie Sanders. Son discours populiste, axé contre les élites économiques et le gouvernement républicain, avait séduit une partie de l’électorat du Maine, un État rural et côtier considéré comme un bastion républicain. Cependant, cette nouvelle accusation d’agression sexuelle risque de fragiliser davantage sa position, alors que le Parti démocrate espérait capitaliser sur ce siège pour renforcer sa majorité au Sénat.
Le Maine, situé à l’extrême nord-est des États-Unis, est perçu comme l’une des principales opportunités pour les démocrates de faire basculer un siège républicain. Mais l’image de Platner, déjà entachée par des scandales répétés, pourrait dissuader une partie de l’électorat et des donateurs de le soutenir. Certains observateurs s’interrogent désormais sur la capacité du Parti démocrate à maintenir son soutien à un candidat aussi controversé.
Un parcours marqué par les contradictions
Graham Platner, 48 ans, est un ancien Marine décoré pour ses services en Irak et en Afghanistan. Après sa carrière militaire, il s’est tourné vers l’ostréiculture et s’est engagé en politique, se présentant comme un défenseur des classes populaires face aux élites. Pourtant, ses prises de position passées, ses comportements privés et ses propos publics ont souvent alimenté les polémiques. Ses déclarations sur les agressions sexuelles, en particulier, avaient suscité l’indignation de nombreux militants féministes et associations de défense des droits des femmes.
Son tatouage, souvent interprété comme un hommage involontaire à l’idéologie nazie, a également été source de vives critiques. Platner a tenté de justifier ce symbole en expliquant qu’il s’agissait d’un motif traditionnel dans les Marines, sans connotation politique. Malgré ces explications, l’image qu’il renvoie reste celle d’un candidat dont le passé et les déclarations ne correspondent pas toujours aux valeurs progressistes qu’il prétend défendre.
Quant à Jenny Racicot, son témoignage pourrait inspirer d’autres victimes potentielles à se manifester, comme cela a été le cas lors d’autres affaires similaires. La pression sur Platner risque donc de s’intensifier dans les prochaines semaines, alors que la campagne entre dans sa phase décisive.
Platner a indiqué que son équipe prendrait le temps de la réflexion pour déterminer la meilleure stratégie à adopter face à cette nouvelle polémique. Une enquête interne pourrait être lancée par le Parti démocrate pour évaluer l’impact de ces accusations sur sa candidature, avec un risque de retrait de soutien en cas de confirmation des allégations.
Le Maine est considéré comme un État clé en raison de sa position rurale et côtière, ainsi que de son électorat potentiellement réceptif aux messages progressistes. Une victoire démocrate dans cet État permettrait au parti de renforcer sa majorité au Sénat lors des élections de novembre 2026, d’où l’importance stratégique de ce scrutin pour les démocrates.