Alors que les feux de forêt ont durement frappé plusieurs zones de Nouvelle-Aquitaine cet été, les pouvoirs publics et les professionnels du tourisme multiplient désormais les initiatives pour tenter de limiter l’impact économique sur une région déjà fragilisée. Selon Libération, le ministère de l’Économie et les acteurs locaux misent sur une communication renforcée et des aides financières pour rassurer les visiteurs et relancer l’attractivité du territoire.
Ce qu'il faut retenir
- Le ministère de l’Économie et les acteurs locaux ont lancé une campagne de communication pour restaurer l’image de la Nouvelle-Aquitaine après les incendies.
- Les professionnels du tourisme décrivent une « catastrophe » économique sur le plan local, avec des pertes estimées à plusieurs millions d’euros.
- Des aides financières et des messages positifs sont déployés pour attirer à nouveau les visiteurs, français et internationaux.
- Les feux de forêt ont touché des zones clés du tourisme régional, notamment en Dordogne et dans les Landes.
Les incendies qui ont ravagé une partie de la Nouvelle-Aquitaine cet été laissent derrière eux des paysages dévastés et une économie locale sous le choc. Les professionnels du tourisme, souvent représentés par des syndicats comme Atout France, dénoncent des pertes « sans précédent » pour la saison en cours. « C’est une catastrophe pour notre activité », a ainsi déclaré Jean-Luc Michaux, président du comité régional du tourisme, à Libération. « Entre annulations de réservations et baisse de fréquentation, les chiffres sont alarmants. »
Face à cette situation, l’État et les collectivités locales tentent de réagir rapidement. Le ministère de l’Économie a annoncé le déblocage d’un fonds d’urgence de 5 millions d’euros pour soutenir les entreprises touchées. Parallèlement, une campagne de communication a été lancée pour mettre en avant les sites épargnés et les initiatives de résilience des acteurs locaux. L’objectif : convaincre les touristes, notamment français, de ne pas boycotter la région. « Nous devons montrer que la Nouvelle-Aquitaine reste une destination sûre et attractive », a précisé un porte-parole du ministère.
Sur le terrain, les professionnels tentent de minimiser l’impact des incendies. Dans les Landes, où plusieurs campings et résidences de tourisme ont été menacés, des opérations de nettoyage et de communication ont été lancées en urgence. À Bordeaux, les offices de tourisme organisent des rencontres avec les visiteurs pour les rassurer sur la qualité des services disponibles. « Les gens ont peur, mais la plupart des hébergements et des activités sont intacts », a expliqué Sophie Bernard, directrice de l’office de tourisme de Dax. « Le vrai défi, c’est de faire revenir la confiance. »
Pourtant, les chiffres restent préoccupants. Selon les premières estimations de la Chambre de commerce et d’industrie de Nouvelle-Aquitaine, la fréquentation touristique pourrait chuter de 20 % dans les zones les plus touchées. Les pertes pour les hôteliers, restaurateurs et autres prestataires pourraient atteindre plusieurs dizaines de millions d’euros, une somme difficile à absorber pour des acteurs déjà fragilisés par la crise sanitaire. « On parle d’une saison perdue, mais c’est toute une économie qui est en jeu », a souligné Michaux.
Alors que la Nouvelle-Aquitaine reste l’une des régions les plus prisées des touristes français et européens, les enjeux vont bien au-delà de la simple saison estivale. La capacité à rebondir pourrait déterminer le modèle économique de nombreux territoires ruraux et littoraux. Autant dire que la bataille est aussi symbolique : il en va de la réputation d’une région qui mise sur son attractivité pour son développement.
Les zones les plus affectées se situent principalement en Dordogne et dans les Landes, où plusieurs massifs forestiers et campings ont été menacés. Les départements de la Corrèze et de la Gironde ont également enregistré des départs de feu, mais avec des dégâts moindres.