Selon Le Figaro, les salariés des librairies parisiennes de l’enseigne Gibert Joseph, en redressement judiciaire, sont appelés à faire grève ce samedi 2 septembre 2026. Des piquets de grève sont prévus dès 10 heures devant les magasins du boulevard Saint-Michel (6e arrondissement) et de Barbès (18e arrondissement). Ce mouvement social s’inscrit dans un contexte de négociations tendues entre la direction, l’administrateur judiciaire et les organisations syndicales autour du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de ce fleuron historique de la librairie française.
Ce qu'il faut retenir
- Une mobilisation massive : lors de la première grève organisée mercredi 26 août, près de 90 % des salariés y avaient participé, entraînant la fermeture de trois magasins sur cinq.
- Un plan de transformation contesté : le PSE prévoit 84 suppressions d’emplois et la fermeture de quatre librairies, dont trois en province, ainsi que d’un « corner ». À Paris, 30 postes seraient supprimés selon la CGT.
- Un monument culturel en péril : Gibert Joseph, qui compte 500 salariés et 16 magasins en France, a été placé en redressement judiciaire fin avril 2026. Aucune offre de reprise n’a été déposée avant le 25 août pour trois librairies, dont deux devraient être liquidées.
- Des dysfonctionnements logistiques dénoncés : la CGT pointe des problèmes d’approvisionnement depuis l’externalisation de la logistique, ce qui aggrave les difficultés commerciales de l’enseigne.
Un mouvement social qui s’inscrit dans la durée
Ce samedi 2 septembre marque la deuxième journée de grève chez Gibert Joseph depuis l’annonce du plan de transformation le 24 juillet dernier. Selon Sophie Rachet, déléguée syndicale CGT, près de 90 % des salariés avaient déjà participé à la mobilisation du 26 août, paralysant trois magasins sur cinq. La CGT souligne que cette mobilisation a reçu le soutien d’élus parisiens, dont certains se sont rendus sur les lieux pour montrer leur solidarité. À l’issue de ce mouvement, la mairie de Paris a fait voter un vœu de soutien à l’enseigne et à ses salariés lors du Conseil de Paris.
Les salariés dénoncent notamment l’ampleur des suppressions de postes prévues par le PSE, qui prévoit la disparition de 84 emplois au niveau national, dont 30 à Paris. La CGT réclame une réduction des licenciements, l’accès pour tous à un plan de départ volontaire, ainsi que des indemnités supérieures au minimum légal et des conditions de départ homogènes pour l’ensemble des salariés du groupe.
Un redressement judiciaire aux conséquences multiples
Gibert Joseph, institution emblématique du paysage culturel parisien, est placé en redressement judiciaire depuis fin avril 2026, à la demande de son propriétaire, la Financière Palidis. Aucune offre de reprise n’a été déposée avant la date limite du 25 août pour trois librairies menacées : celles d’Évreux (Eure), de Poitiers (Vienne) et la Librairie de la Place, située quai Saint-Michel à Paris. Ces établissements devraient donc être placés en liquidation judiciaire, avec 27 emplois supprimés.
Les tensions ne se limitent pas aux suppressions de postes. La CGT dénonce également des dysfonctionnements logistiques depuis l’externalisation de cette fonction, qui affectent l’approvisionnement des magasins et pénalisent leurs ventes. Le syndicat menace de déclencher un droit d’alerte économique pour alerter sur les risques encourus par le plan de relance de l’enseigne. La prochaine réunion de négociations avec la direction est programmée ce lundi 31 août.
Un « plan de transformation » très contesté
Le « plan de transformation » présenté par la direction le 24 juillet 2026 prévoit la fermeture de quatre librairies et d’un « corner », ainsi que la suppression de 84 emplois au total. À Paris, le PSE concerne spécifiquement 30 postes, ce qui suscite l’opposition unanime des salariés. La CGT exige une limitation des suppressions d’emplois, la généralisation d’un plan de départ volontaire et des indemnités plus avantageuses pour tous.
Pour la CGT, ces mesures risquent de fragiliser davantage une enseigne déjà en difficulté.
« Ce plan ne sauvegarde pas l’emploi, il le détruit. Nous exigeons des garanties pour les salariés et une vraie concertation », a déclaré Sophie Rachet, déléguée syndicale CGT chez Gibert Joseph.
Le sort de Gibert Joseph, symbole historique de la librairie parisienne, reste donc incertain. Alors que les négociations se poursuivent, les salariés restent mobilisés pour tenter de préserver au maximum leurs emplois et l’avenir de l’enseigne.