La Nouvelle-Zélande enregistre une hausse sans précédent des demandes de « visas dorés » depuis l’adoption, au printemps 2025, de nouvelles règles plus souples par le gouvernement de Christopher Luxon. Selon BFM Business, plus de 700 étrangers fortunés ont sollicité ce titre de séjour au cours des quatorze derniers mois, contre seulement 115 demandes sur la période 2021-2024. Ce programme, qui permet d’obtenir un droit de séjour en échange d’un investissement minimal de 5 millions de dollars néo-zélandais (2,55 millions d’euros), attire particulièrement les investisseurs américains, dont 277 demandes proviennent des États-Unis, principalement de Californie.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 700 demandes enregistrées en quatorze mois, contre 115 sur les trois années précédentes.
  • 277 demandes émanent des États-Unis, dont une majorité de Californie.
  • Investissement minimal exigé : 5 millions de dollars néo-zélandais (2,55 M€) sur trois ans, ou 10 millions (5,10 M€) sur cinq ans pour un accès élargi.
  • Le gouvernement a assoupli les règles en 2025, après leur durcissement en 2018 par l’ex-Première ministre Jacinda Ardern.
  • Résidence requise : 21 jours (pour l’investissement minimal) ou 105 jours (pour l’investissement élevé).

Un dispositif attractif dans un contexte géopolitique tendu

L’afflux de demandes s’inscrit dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques persistantes et une recherche accrue de stabilité. La Nouvelle-Zélande, archipel isolé du Pacifique Sud, mise sur son image de pays sûr et éloigné des conflits pour séduire les ultrariches en quête de sécurité. « Les visas dorés permettent non seulement d’attirer des capitaux étrangers, mais aussi de bénéficier du savoir-faire et des compétences de leurs bénéficiaires », a souligné Christopher Luxon, Premier ministre néo-zélandais, lors d’une déclaration rapportée par BFM Business.

Parmi les critères d’éligibilité assouplis figurent l’accès à l’immobilier et la durée de résidence minimale, des conditions qui avaient été restreintes en 2018 sous le mandat de Jacinda Ardern. Ces modifications visent à stimuler les investissements locaux, notamment dans les start-up, et à dynamiser l’économie nationale grâce à l’apport de fonds étrangers.

Des critères d’investissement stricts mais adaptables

Pour obtenir ce titre de séjour, les candidats doivent s’engager à investir dans l’économie néo-zélandaise, que ce soit via des fonds directs, des projets philanthropiques, des obligations ou des biens immobiliers. Le montant minimal requis s’élève à 5 millions de dollars néo-zélandais (2,55 millions d’euros) sur trois ans, avec une obligation de résidence de 21 jours par an. Une option plus coûteuse, à 10 millions de dollars néo-zélandais (5,10 millions d’euros), permet d’investir dans des obligations ou des projets immobiliers, tout en réduisant la durée de résidence à 105 jours sur cinq ans.

Ces seuils, bien que élevés, restent inférieurs à ceux pratiqués par d’autres pays comme le Portugal ou les États-Unis, où les montants exigés peuvent dépasser les 1,5 million d’euros. La Nouvelle-Zélande se positionne ainsi comme une alternative attractive, combinant sécurité juridique et opportunités d’investissement ciblées.

Une stratégie économique controversée mais efficace

Si le gouvernement défend ce programme comme un levier de croissance, certains observateurs soulignent les risques d’une dépendance accrue aux capitaux étrangers. « Nous avons grandement bénéficié non seulement des capitaux injectés dans nos start-ups, mais aussi des connaissances et du savoir-faire qui y ont été apportés », a déclaré Christopher Luxon, selon BFM Business. Pourtant, des critiques pointent du doigt l’opacité potentielle de certains investissements ou la spéculation immobilière que pourrait encourager l’assouplissement des règles.

Le programme néo-zélandais s’inscrit dans une tendance mondiale où plusieurs pays, comme Malte ou la Grèce, utilisent les « visas dorés » pour attirer des investisseurs étrangers. Cependant, face à la montée des critiques sur ces dispositifs (risques de blanchiment, pression sur les prix de l’immobilier), certains États durcissent désormais leurs critères. La Nouvelle-Zélande fait figure d’exception en adoptant une approche inverse, avec des résultats immédiats.

Et maintenant ?

L’afflux de demandes pourrait se poursuivre dans les mois à venir, à condition que le gouvernement maintienne sa politique d’ouverture. Une réévaluation des critères d’ici 2027 est envisageable, notamment si les effets sur l’économie locale s’avèrent limités ou si les pressions politiques s’intensifient. Par ailleurs, la concurrence entre pays pour attirer les ultrariches devrait s’accentuer, avec un risque de course au moins-disant sur les montants d’investissement exigés. Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits à long terme ou si elle entraînera des déséquilibres économiques internes.

Avec plus de 700 dossiers en un an, la Nouvelle-Zélande confirme son statut de destination prisée pour les investisseurs internationaux. Entre opportunités économiques et enjeux de souveraineté, ce programme interroge : jusqu’où un État peut-il aller pour attirer des capitaux étrangers sans sacrifier ses priorités nationales ?

Plusieurs pays proposent des dispositifs comparables, comme le Portugal (programme suspendu en 2024), l’Espagne, la Grèce, Malte, Chypre, les États-Unis (via le programme EB-5) ou encore le Royaume-Uni. Les critères varient considérablement d’un pays à l’autre, tant sur les montants exigés que sur les secteurs d’investissement éligibles.

Les risques incluent une dépendance excessive aux capitaux étrangers, des distorsions sur le marché immobilier (hausse des prix), des soupçons de blanchiment d’argent, ou encore une perte de contrôle sur les secteurs stratégiques de l’économie. Certains pays ont d’ailleurs suspendu ou durci leurs programmes en réponse à ces critiques, comme l’a fait le Portugal en 2024.