Alors que les tensions autour du programme nucléaire iranien persistent, les États-Unis ont appelé, ce mardi 9 juin 2026, la Chine et la Russie à mettre fin à leur opposition systématique aux décisions du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette demande intervient dans un contexte marqué par une escalade diplomatique et des manœuvres stratégiques autour du dossier iranien, comme le rapporte BMF - International.

Ce qu'il faut retenir

  • Les États-Unis exhortent la Chine et la Russie à cesser de « saboter » les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU concernant le programme nucléaire iranien.
  • Washington a récemment neutralisé un pétrolier dans le détroit d’Ormuz, en réponse à des tensions accrues dans la région.
  • Les neuf États dotés de l’arme nucléaire ont dépensé près de 17 milliards de dollars de plus en 2025 pour moderniser leurs arsenaux.
  • L’administration américaine affirme être dans les « dernières étapes » d’un accord jugé « très bon » pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient.

Lors d’une intervention devant l’Assemblée générale des Nations unies, l’ambassadeur américain a dénoncé ouvertement l’attitude de Pékin et de Moscou. « La Chine et la Russie doivent cesser de saboter les décisions du Conseil de sécurité sur le dossier iranien », a-t-il déclaré, sans préciser quelles mesures concrètes Washington pourrait envisager en cas de non-respect de cet appel. Selon des diplomates présents, la séance a surtout été marquée par des applaudissements nourris, reflétant une division persistante au sein de la communauté internationale sur la manière de gérer la crise.

Cette prise de position américaine survient alors que les tensions dans la région restent vives. Le 9 juin 2026, les États-Unis ont annoncé avoir neutralisé un pétrolier dans le détroit d’Ormuz, un acte qui illustre la fermeté affichée par Washington face aux provocations présumées de Téhéran. Ce détroit, par lequel transite près d’un tiers du trafic pétrolier mondial, est régulièrement le théâtre d’incidents entre l’Iran et les puissances occidentales. Le pétrolier, dont l’identité et la nationalité n’ont pas été précisées, aurait été intercepté après avoir refusé de se soumettre à un contrôle.

Le programme nucléaire iranien, au cœur des tensions, fait l’objet de discussions depuis des années. Les négociations, menées sous l’égide de plusieurs pays, peinent à aboutir en raison de divergences majeures. Les États-Unis, soutenus par une partie de l’Europe, exigent un renforcement des sanctions et un encadrement strict du programme iranien, tandis que Pékin et Moscou y voient une opportunité de renforcer leur influence régionale. « Nous sommes dans les dernières étapes de ce qui sera un très bon accord », avait affirmé Donald Trump quelques jours plus tôt, sans fournir de détails supplémentaires sur les termes envisagés.

Dans un rapport publié en 2025, l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) avait révélé que les neuf États dotés de l’arme nucléaire avaient augmenté leurs dépenses militaires de près de 17 milliards de dollars en un an. Cette hausse, qui porte le total à plus de 90 milliards de dollars, reflète une course aux armements qui s’étend bien au-delà du dossier iranien. Les États-Unis, la Russie et la Chine figurent parmi les principaux contributeurs à cette augmentation, alimentée par des craintes de prolifération et des rivalités géopolitiques.

Un contexte diplomatique de plus en plus tendu

La demande américaine intervient après plusieurs mois de blocages répétés au Conseil de sécurité. La Chine et la Russie, membres permanents dotés d’un droit de veto, ont systématiquement opposé leur veto à plusieurs résolutions proposées par Washington et ses alliés. Ces veto ont empêché l’adoption de mesures plus strictes contre l’Iran, perçues comme nécessaires par les États-Unis pour faire plier Téhéran. « La Russie et la Chine utilisent leur position au Conseil de sécurité pour protéger leurs intérêts stratégiques en Iran, au détriment de la stabilité régionale », a souligné un haut responsable américain sous couvert d’anonymat.

Parallèlement, les États-Unis ont multiplié les démonstrations de force dans la région. En plus de l’interception du pétrolier, Washington a déployé des navires de guerre supplémentaires dans le golfe Persique et renforcé ses partenariats militaires avec des pays comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Ces mesures visent à dissuader l’Iran de poursuivre ses activités jugées provocatrices, notamment dans le domaine nucléaire et balistique. Téhéran, de son côté, nie toute intention de se doter de l’arme nucléaire et accuse les États-Unis de chercher à justifier une intervention militaire.

Et maintenant ?

La pression américaine sur Pékin et Moscou pourrait s’intensifier dans les semaines à venir, avec une possible proposition de résolution alternative au Conseil de sécurité. Une telle initiative, si elle est adoptée, pourrait contourner le veto russe ou chinois, mais risquerait d’aggraver les tensions déjà palpables entre les grandes puissances. Les prochaines réunions du Conseil de sécurité, prévues pour la mi-juin 2026, seront déterminantes pour évaluer l’évolution de la crise. Par ailleurs, la communauté internationale pourrait être appelée à se prononcer sur de nouvelles sanctions économiques, dont l’efficacité reste toutefois incertaine.

La question reste entière : Pékin et Moscou accepteront-ils de revoir leur position, ou l’escalade diplomatique et militaire va-t-elle se poursuivre ? Dans l’immédiat, aucun signe ne laisse présager un apaisement. Les déclarations américaines, tout comme les réponses iraniennes, suggèrent que la crise pourrait encore s’aggraver avant de trouver une issue.

Washington craint que l’Iran ne développe une arme nucléaire, ce qui bouleverserait l’équilibre des forces au Moyen-Orient. Les États-Unis accusent Téhéran de mener des activités nucléaires clandestines, malgré les démentis iraniens. Une telle capacité nucléaire iranienne menacerait également les alliés américains dans la région, comme Israël et l’Arabie saoudite.

Une fermeture ou une perturbation du trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz, par où transite près d’un tiers du pétrole mondial, provoquerait une flambée des prix de l’énergie. Cela impacterait l’économie mondiale, déjà fragilisée par les tensions géopolitiques et les crises énergétiques récurrentes. Les pays importateurs, comme la Chine et l’Europe, seraient particulièrement touchés.