Alors que les coureurs s’apprêtent à s’élancer sur les sentiers escarpés de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) 2026, les questions sur la nutrition en course restent au cœur des stratégies de performance. Et pour cause : une mauvaise gestion des apports énergétiques peut transformer une ambition en échec, malgré des mois d’entraînement. Comme le rapporte Le Figaro, Nouchka Simic, ancienne championne de France d’aviron, traileuse et diététicienne du sport, livre ses conseils pour éviter les pièges classiques, comme l’usage excessif des gels énergétiques toutes les trente minutes. Son livre, Le nutri’guide du sportif, paru en mai 2025, s’impose déjà comme une référence pour les athlètes, tandis que son application MyRavito, co-développée avec son équipe, accompagne les coureurs dans l’élaboration de plans nutritionnels sur mesure.
Ce qu’il faut retenir
- Nouchka Simic est l’autrice de Le nutri’guide du sportif, sorti en mai 2025, et suit plus de 237 000 abonnés sur les réseaux sociaux.
- Elle a co-développé l’application MyRavito, dédiée à la planification nutritionnelle pour les sportifs d’endurance.
- L’UTMB 2026, qui se déroule ces prochains jours, sert de cadre à ses recommandations pour les coureurs d’ultra-trail.
- Ses conseils visent à éviter les erreurs courantes, comme une surconsommation de gels énergétiques toutes les 30 minutes.
Spécialiste de la nutrition sportive, Nouchka Simic insiste sur un principe fondamental : la personnalisation des stratégies. Pour elle, il n’existe pas de recette universelle, même pour les athlètes d’élite. « Chaque coureur doit adapter son alimentation en fonction de son métabolisme, de son expérience et des conditions de course », a-t-elle expliqué à nos confrères du Figaro. L’erreur la plus fréquente ? Croire que des apports systématiques, comme un gel toutes les demi-heures, suffisent à garantir la performance. « Cela peut fonctionner pour certains, mais pour d’autres, cela mène à des troubles digestifs ou à un épuisement prématuré », précise-t-elle.
Son approche s’appuie sur une science rigoureuse, mais aussi sur son parcours personnel. Ancienne rameuse de haut niveau, elle a dû concilier performance et gestion de l’effort à long terme. Ce double vécu lui permet aujourd’hui de proposer des solutions concrètes, comme l’utilisation d’applications pour modéliser les apports nutritionnels en fonction du dénivelé, de la température ou du profil du coureur. « On ne mange pas de la même façon sur le GR20 ou sur un trail en plaine », rappelle-t-elle. Son livre, qui compile des années de recherches et de retours terrain, offre ainsi une synthèse accessible, loin des dogmes souvent relayés dans le milieu.
L’application MyRavito, un outil au service des coureurs
Parmi ses réalisations, l’application MyRavito occupe une place centrale dans sa démarche. Disponible depuis 2024, elle permet aux utilisateurs de construire un plan nutritionnel adapté à leur épreuve, en intégrant des paramètres comme la durée, l’intensité ou les conditions météo. « L’idée est de rendre la science accessible », explique-t-elle. « Beaucoup de coureurs planifient leur entraînement, mais négligent l’aspect alimentation, alors que c’est tout aussi crucial ». L’application propose des simulations basées sur des données réelles, comme les besoins en glucides ou en électrolytes, avec des ajustements en temps réel selon l’évolution de l’effort. Depuis son lancement, plus de 50 000 téléchargements ont été recensés, un succès qui reflète l’engouement pour ce type d’outils.
Pour les coureurs de l’UTMB 2026, MyRavito pourrait ainsi devenir un allié de poids. L’épreuve, réputée pour son dénivelé important et ses variations climatiques brutales, exige une préparation méticuleuse. « Sur l’UTMB, on parle de courses qui durent entre 40 et 50 heures pour les élites », souligne-t-elle. « Une erreur de calcul sur les apports en glucides, et c’est l’abandon qui guette ». Ses conseils ciblent notamment les coureurs amateurs, souvent moins expérimentés dans la gestion de l’effort prolongé. « Ils pensent parfois qu’il suffit de manger plus, mais la clé réside dans la régularité et la qualité des apports », insiste-t-elle.
Les différences entre élites et amateurs : une question de méthode
Selon Nouchka Simic, les stratégies nutritionnelles divergent profondément entre les coureurs de haut niveau et les participants occasionnels. Les premiers bénéficient d’un suivi médical et nutritionnel constant, avec des protocoles testés en amont lors d’entraînements spécifiques. « Pour eux, tout est calculé : les quantités, les types de glucides, même la texture des aliments », explique-t-elle. À l’inverse, les amateurs doivent souvent improviser, faute de temps ou de ressources. « Leur plus grand défi ? Trouver un équilibre entre ce qu’ils aiment et ce qui est efficace », ajoute-t-elle. Son livre propose justement des recettes simples, adaptées aux contraintes des traileurs en déplacement, comme des barres énergétiques maison ou des mélanges de pâtes à tartiner riches en protéines.
Un autre point crucial : l’hydratation. Beaucoup de coureurs sous-estiment son importance, alors que la déshydratation est l’une des premières causes d’abandon. « Il faut boire avant d’avoir soif », rappelle-t-elle. « Et adapter ses apports en fonction de la sudation, surtout en montagne où les températures varient énormément ». Ses recommandations s’appuient sur des données physiologiques précises, comme la perte de sodium par litre de transpiration, souvent négligée par les athlètes.
Pour les coureurs, l’édition 2026 de l’UTMB sera donc l’occasion de valider ou d’infirmer les théories actuelles. Une chose est sûre : la nutrition, souvent reléguée au second plan, prend une place de plus en plus centrale dans la préparation des épreuves d’ultra-endurance.
Selon Nouchka Simic, les erreurs les plus fréquentes incluent une surconsommation de gels énergétiques toutes les 30 minutes, un manque d’hydratation adapté aux conditions météo, et une méconnaissance de ses propres besoins en électrolytes. « Beaucoup de coureurs croient que manger plus suffira, mais c’est la régularité et la qualité des apports qui font la différence », explique-t-elle.
Non. Conçue pour s’adapter à tous les niveaux, l’application MyRavito propose des plans personnalisables, que l’on soit élite ou amateur. « L’idée est de démocratiser l’accès à une nutrition scientifique, même pour ceux qui n’ont pas les moyens de suivre un diététicien dédié », précise Nouchka Simic.