Le décathlonien français Kevin Mayer, double champion du monde de sa discipline, a récemment partagé sa vision sur l’alimentation et son impact sur la performance sportive. Lors d’un entretien accordé au podcast Extraterrien, il a développé une théorie selon laquelle le régime alimentaire idéal varierait selon les origines génétiques d’un individu. Une prise de position qui s’appuie sur son propre vécu et ses observations personnelles, comme le rapporte RMC Sport.

L’athlète de 34 ans, connu pour son approche rigoureuse et sa quête constante d’optimisation, a évoqué l’importance de la viande dans son alimentation. « Je vais un peu choquer tous les gens qui ne mangent pas de viande par conviction – et j’ai un peu cette conviction aussi. Mais dès que je mange de la viande, ça n’a rien à voir, je suis désolé », a-t-il déclaré. « J’ai essayé beaucoup de régimes, et je suis toujours revenu à la même chose. Quand je ne mange que de la viande et des légumes, je sèche à vue d’œil et je suis plus en forme. »

Ce qu'il faut retenir

  • Kevin Mayer, double champion du monde de décathlon, défend une théorie selon laquelle l’alimentation devrait s’adapter aux origines génétiques de chacun.
  • Il affirme que la viande joue un rôle clé dans ses performances, malgré une conviction personnelle en faveur du végétarisme.
  • L’athlète s’appuie sur son arbre généalogique pour justifier ses choix alimentaires, évoquant les habitudes alimentaires de ses ancêtres vikings.
  • Il soutient que les différences génétiques entre populations pourraient influencer la digestion et l’assimilation des aliments.
  • Cette théorie s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’optimisation de la performance sportive par l’alimentation.

Une vision alimentaire ancrée dans son parcours sportif

Kevin Mayer n’est pas un novice en matière de nutrition sportive. Le décathlonien, réputé pour sa polyvalence et son exigence physique, a toujours accordé une attention particulière à son alimentation. Son approche actuelle repose sur une conviction personnelle : la viande, combinée à des légumes, lui permet d’atteindre un niveau de forme optimal. « Quand je ne mange que de la viande et des légumes, je sèche à vue d’œil et je suis plus en forme », a-t-il expliqué lors de l’entretien.

Cette affirmation s’inscrit dans un débat récurrent autour des régimes alimentaires chez les athlètes de haut niveau. Si certains privilégient les régimes végétariens ou véganes pour leurs bienfaits supposés sur la récupération ou la santé à long terme, Mayer défend une position opposée. Pour lui, l’efficacité prime avant tout, même si cela implique de remettre en question des convictions personnelles. « Je vais un peu choquer tous les gens qui ne mangent pas de viande par conviction – et j’ai un peu cette conviction aussi », a-t-il reconnu avec une pointe d’autodérision.

L’arbre généalogique comme guide alimentaire

La théorie développée par Mayer va plus loin que le simple choix entre viande et végétarisme. Elle s’appuie sur une analyse de son arbre généalogique pour justifier ses préférences alimentaires. « Je regarde beaucoup l’arbre généalogique aussi pour faire ça. Pour moi, un blond aux yeux bleus ne peut pas manger exactement pareil qu’une personne noire ou un asiatique », a-t-il affirmé. Cette déclaration, qui pourrait prêter à polémique, s’explique par une logique historique et évolutive.

Selon lui, les habitudes alimentaires de nos ancêtres ont façonné notre capacité à digérer certains aliments. « Notre branche ne s’est pas du tout nourrie de la même manière pendant des centaines de milliers d’années », a-t-il souligné. « Je viens des Vikings et je suis sûr qu’on ne trouvait pas de riz là où mes ancêtres ont vécu. Je sais que je n’ai pas les armes de les digérer comme une personne qui a eu tout son arbre généalogique et qui a vécu soit dans le centre de l’Europe, même dans le sud de l’Europe, ou en Afrique. »

« Je regarde beaucoup l’arbre généalogique aussi pour faire ça. Pour moi, un blond aux yeux bleus ne peut pas manger exactement pareil qu’une personne noire ou un asiatique. »
Kevin Mayer, double champion du monde de décathlon

Une théorie controversée mais cohérente avec son parcours

La prise de position de Mayer ne manque pas de susciter des interrogations, tant sur le plan scientifique que sociétal. Pourtant, elle s’inscrit dans une démarche personnelle et cohérente avec son parcours sportif. L’athlète, qui a toujours cherché à repousser ses limites, explique sa théorie par des années d’expérimentations et d’ajustements alimentaires. Pour lui, l’alimentation n’est pas seulement une question de santé, mais un levier de performance.

Cette vision pourrait également refléter une tendance croissante chez certains athlètes de haut niveau, qui cherchent à personnaliser leur préparation au maximum. Que ce soit par le biais de la génétique, de l’épigénétique ou simplement de l’expérience, l’idée d’adapter son régime en fonction de son profil biologique gagne en popularité. Cependant, elle reste marginale dans le monde sportif, où les régimes standardisés (végétarien, méditerranéen, etc.) dominent souvent les débats.

Et maintenant ?

Il reste à voir si cette théorie trouvera un écho au-delà du cercle des athlètes de haut niveau. Les recherches scientifiques sur l’adaptation génétique de l’alimentation en sont encore à leurs balbutiements, et les experts appellent à la prudence avant d’en tirer des conclusions définitives. Pour l’heure, Kevin Mayer compte bien poursuivre sur cette voie, convaincu que son approche lui permet de maintenir un niveau de performance optimal. Son prochain objectif ? Les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028, où il compte bien démontrer une fois de plus l’efficacité de sa méthode.

Interrogé sur l’avenir de sa carrière, Mayer a récemment annoncé une saison blanche en 2025, mais sans pour autant mettre un terme à sa préparation pour les Jeux. Une décision qui laisse présager une continuation de ses expérimentations alimentaires, au grand dam de ses détracteurs qui le voient déjà comme un athlète en fin de carrière. « Arrêtez de me dire que je suis fini, j’arrêterai quand j’aurai décidé », avait-il lancé avec fermeté, comme le rappelle RMC Sport.

Quoi qu’il en soit, la théorie de Mayer ouvre un débat qui dépasse le cadre du sport. Elle invite à repenser notre rapport à l’alimentation, non plus seulement en termes de santé ou d’éthique, mais aussi en fonction de notre héritage biologique. Une perspective qui, si elle se confirme, pourrait bien révolutionner les approches nutritionnelles de demain.

À ce stade, la théorie de Kevin Mayer s’appuie principalement sur son expérience personnelle et ses observations. Aucune étude scientifique large ne valide actuellement l’idée que l’alimentation devrait être strictement adaptée en fonction de l’origine génétique ou de la couleur de peau. Les recherches en épigénétique et en nutrition personnalisée commencent tout juste à explorer ces pistes, mais elles restent limitées et non concluantes.

Les réactions sont partagées. Certains athlètes ou nutritionnistes saluent son audace et son approche pragmatique, tandis que d’autres y voient une généralisation abusive. La plupart des experts insistent cependant sur le fait que chaque individu réagit différemment à un régime, quelles que soient ses origines, et que l’équilibre nutritionnel reste le critère le plus important.