Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, a proposé la mise en place d’une primaire en deux temps pour désigner le candidat du parti à l’élection présidentielle de 2027, selon Le Monde – Politique. Ce projet, qui vise à organiser une première primaire réservée aux adhérents du PS et de Place publique ainsi qu’aux sympathisants sociaux-démocrates, s’inscrit dans une logique de désignation préalable avant une éventuelle primaire plus large de la gauche. Une initiative qui a immédiatement suscité des réserves, voire un rejet catégorique, parmi une partie des responsables socialistes ainsi que de la part de Raphaël Glucksmann.

Ce qu'il faut retenir

  • Olivier Faure propose une primaire en deux temps pour la présidentielle 2027, avec une première sélection interne au PS et à ses alliés.
  • Cette primaire initiale serait ouverte aux adhérents du PS, de Place publique et aux sympathisants sociaux-démocrates.
  • Le candidat issu de cette première primaire participerait ensuite à une primaire plus large de la gauche, si elle est organisée.
  • L’option est rejetée par une partie des opposants internes au PS ainsi que par Raphaël Glucksmann.
  • Cette proposition intervient dans un contexte de tensions accrues au sein du parti, déjà fragilisé par des divisions persistantes.

Une proposition visant à clarifier la stratégie socialiste

Avec cette initiative, Olivier Faure cherche à structurer une offre politique claire pour le Parti socialiste, alors que le parti peine à retrouver une unité après des années de divisions internes et de défaites électorales. Selon ses propos rapportés par Le Monde – Politique, cette primaire en deux temps permettrait de désigner un candidat unique avant une éventuelle alliance avec d’autres forces de gauche, comme Europe Écologie Les Verts (EELV) ou le Parti communiste (PCF). La première étape, réservée aux sympathisants du PS et de ses partenaires, servirait de filtre pour éviter une dispersion des voix lors d’une primaire plus large.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer la cohésion du camp socialiste, alors que le parti reste divisé entre une aile modérée, représentée par Faure, et des courants plus à gauche, critiques envers une alliance jugée trop libérale. Le premier secrétaire a indiqué que cette proposition pourrait être soumise au vote des militants lors d’un prochain congrès, sans préciser de date.

Des opposants déterminés à bloquer le projet

La proposition d’Olivier Faure a immédiatement suscité une levée de boucliers au sein même du PS. Plusieurs figures du parti, parmi lesquelles figurent d’anciens cadres comme Julien Dray ou Henri Emmanuelli, ont déjà fait part de leur opposition frontale. Leur argument principal ? Une telle primaire en deux temps risquerait d’exclure une partie de la base militante et de renforcer l’image d’un parti coupé de ses racines sociales-démocrates.

Le rejet le plus net est venu de Raphaël Glucksmann, député européen et co-président de Place publique, qui a fermé la porte à toute participation à ce processus. Dans une déclaration relayée par Le Monde – Politique, il a souligné que cette primaire en deux temps « ne correspond pas à l’esprit d’ouverture nécessaire pour rassembler la gauche ». Glucksmann, dont le mouvement est allié au PS depuis 2022, a rappelé que Place publique avait toujours défendu une primaire ouverte à tous les citoyens, et non une sélection interne.

Un contexte politique déjà tendu pour le PS

Cette proposition survient alors que le Parti socialiste traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. Après avoir été marginalisé lors des dernières élections présidentielles et législatives, le parti peine à retrouver une crédibilité électorale. Les sondages actuels le placent autour de 5 à 7 % d’intentions de vote, loin derrière La France insoumise (LFI) ou le Rassemblement national (RN).
La crise interne s’est encore aggravée depuis le départ de plusieurs figures historiques, comme François Hollande ou Martine Aubry, et la montée en puissance de courants plus radicaux au sein du parti.

Dans ce contexte, la proposition d’Olivier Faure peut aussi être lue comme une tentative de recentrer le PS sur ses fondamentaux, tout en évitant une alliance trop large avec des forces perçues comme trop à gauche. Pourtant, le risque d’un éclatement persiste, comme en témoignent les tensions récurrentes entre les différentes sensibilités du parti.

Et maintenant ?

La prochaine étape dépendra du vote des militants socialistes lors du prochain congrès, dont la date n’a pas encore été fixée. Si le projet est adopté, une première primaire interne pourrait être organisée d’ici la fin de l’année, avant une éventuelle primaire de la gauche programmée pour 2026 ou début 2027. Cependant, le rejet de Raphaël Glucksmann et des opposants internes pourrait compliquer la mise en œuvre de ce processus, voire entraîner de nouvelles divisions au sein du parti. Reste à voir si Olivier Faure parviendra à rallier une majorité suffisante pour faire avancer sa proposition, ou si cette initiative ne fera qu’aggraver la crise déjà profonde du PS.

Quoi qu’il en soit, cette primaire en deux temps reflète les dilemmes stratégiques auxquels le Parti socialiste est confronté : comment concilier unité et ouverture, tout en évitant une marginalisation électorale croissante ? Les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir du parti, alors que la course à l’Élysée s’accélère.

Selon la proposition d’Olivier Faure, cette première primaire serait ouverte aux adhérents du Parti socialiste, de Place publique ainsi qu’aux sympathisants sociaux-démocrates. Aucun autre parti ou mouvement n’est mentionné pour l’instant dans le projet.