Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a estimé ce week-end que le « bloc central » incarné par Emmanuel Macron était en passe de s’effondrer après dix ans de macronisme, lors des journées d’été de son parti. Selon nos confrères de 20 Minutes - Politique, il a balayé les dernières tentatives de ses prédécesseurs à Matignon pour maintenir une dynamique centriste, tout en promettant que le PS serait « au rendez-vous » de la présidentielle de 2027.

Ce qu'il faut retenir

  • Olivier Faure juge le « bloc central » « terminé » après dix ans de macronisme et mise sur un effondrement prochain de cette alliance.
  • Il a rappelé que François Hollande était parti de 3 % dans les sondages avant de devenir président, affichant ainsi sa confiance dans une remontée du PS.
  • Le PS envisage de censurer le dernier budget de l’ère Macron si celui-ci s’inspire des propositions de Gabriel Attal et Édouard Philippe, soutenues par l’extrême droite.
  • Parmi les propositions phares : un fonds national pour aider les familles modestes à faire leurs courses et un grand service public de la lecture.
  • Faure a aussi annoncé un fonds national et européen pour la transition écologique, avec suspension des dividendes pour les entreprises ne s’engageant pas dans cette voie.

Olivier Faure a marqué la clôture des journées d’été du Parti socialiste par un discours volontariste, scandé par des militants enthousiastes, mais en l’absence de la majorité des candidats à la primaire de la gauche. Seule Ségolène Royal était présente dans l’assistance, où les militants scandaient « Olivier, Olivier » à son arrivée. Face à une salle convaincue, il a martelé que « Emmanuel Macron a raté son rendez-vous avec ce pays, avec la grandeur de son histoire, la soif de justice des Français. C’est terminé », avant d’ajouter : « Ses anciens Premiers ministres pourront se couvrir de cendres, c’est terminé. Le bloc central va s’effondrer. C’est terminé ! »

Le premier secrétaire du PS a également mis en garde contre les risques de dérive budgétaire du gouvernement sortant. Il a promis de censurer le dernier budget de l’ère Macron « si la copie qui sort des débats est celle de Messieurs Attal et Philippe avec le soutien de l’extrême droite ». Selon lui, le Premier ministre Gabriel Attal aura du mal à imposer ses vues à ses prédécesseurs à Matignon, tous deux candidats à la primaire du bloc central. « Nous viendrons avec nos propositions », a-t-il assuré, tout en se disant sceptique sur la possibilité d’un compromis.

Parmi les mesures annoncées, Olivier Faure a détaillé plusieurs projets sociaux et écologiques. Il a notamment évoqué la création d’un « fonds national qui permette aux familles les plus modestes de faire leurs courses à des tarifs réduits pour une nourriture en quantité et en qualité suffisantes ». Autre proposition : un « grand service public de la lecture ». Sur le plan environnemental, il a appelé à la création d’un « grand fonds national et européen doté de ressources permanentes » pour investir sur vingt ou trente ans dans la transition écologique. Il a aussi suggéré de « suspendre le versement de dividendes pour toute entreprise qui ne s’engage pas résolument dans sa propre transformation écologique ».

« La seule question est désormais de savoir qui sera chargé de reconstruire. Rien ne se passe jamais comme prévu ! »
Olivier Faure, premier secrétaire du PS

Face aux scepticismes entourant ses ambitions, Olivier Faure a rappelé l’exemple de François Hollande, parti de 3 % dans les sondages avant de remporter la présidentielle en 2012. « François Hollande a commencé à 3 % et il est devenu président de la République. Rien ne se passe jamais comme prévu ! », a-t-il lancé, alors que lui-même plafonne à 5 % dans les dernières enquêtes d’opinion. Il a invité à ne pas prêter attention « aux ricaneurs, aux analyses, aux sondages », insistant sur le fait que « le PS sera au rendez-vous » de la présidentielle.

Le premier secrétaire, qui devrait officiellement se déclarer candidat à la primaire de la gauche socialiste et démocratique dans les prochaines semaines, a axé son intervention sur la reconstruction d’une alternative crédible. Il a écarté toute idée de rejet du dialogue, précisant que le PS n’a « jamais refusé » le débat budgétaire, mais qu’il entend y apporter ses propres propositions. Parmi elles, la baisse des cotisations sociales promise par le bloc central, qu’il juge difficile à concrétiser sans compromis.

Cette prise de position s’inscrit dans un contexte politique marqué par une forte fragmentation de l’échiquier. Après dix ans de présidence Macron, les partis traditionnels peinent à retrouver une dynamique fédératrice. Olivier Faure mise sur l’effondrement annoncé du « bloc central » pour repositionner le PS comme une force de gauche unie, capable de proposer une alternative sociale et écologique. Reste à voir si les électeurs lui feront confiance, alors que les sondages actuels ne lui accordent que 5 % d’intentions de vote.

Et maintenant ?

La déclaration d’Olivier Faure intervient à quelques semaines du début de l’examen du dernier budget de l’ère Macron. Si le gouvernement maintient sa ligne budgétaire actuelle, le PS pourrait concrétiser sa menace de censure, plongeant l’Assemblée nationale dans une nouvelle phase d’incertitude politique. La primaire de la gauche, dont la date n’a pas encore été fixée, constituera un premier test pour évaluer l’audience réelle du PS. Les prochaines semaines seront également cruciales pour voir si d’autres figures de la gauche, comme Jean-Luc Mélenchon ou Yannick Jadot, rejoignent ou non ce mouvement de reconstruction.

L’enjeu pour le PS sera de transformer cette dynamique militante en succès électoraux concrets. Alors que la présidentielle de 2027 se profile, Olivier Faure mise sur un scénario à la Hollande : partir d’un score faible pour rebondir in fine. Mais dans un paysage politique aussi volatile, une telle stratégie reste incertaine, et le PS devra prouver qu’il peut incarner une alternative crédible face à une droite divisée et une extrême droite en progression.

Le PS propose notamment un fonds national pour aider les familles modestes à faire leurs courses à des tarifs réduits, une baisse ciblée des cotisations sociales et un grand service public de la lecture. Sur le plan écologique, il souhaite créer un fonds national et européen pour la transition écologique sur vingt ou trente ans, avec suspension des dividendes pour les entreprises ne s’engageant pas dans cette voie.