L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé, vendredi 7 août 2026, d’organiser un essai clinique avec le vaccin Ervebo, seul vaccin homologué contre Ebola, afin d’évaluer son efficacité contre le variant Bundibugyo en cours d’épidémie en République démocratique du Congo (RDC). Selon Franceinfo - Santé, cette initiative s’appuie sur des données préliminaires encourageantes, sans signal majeur de sécurité à ce stade.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 4 000 cas d’Ebola ont été recensés en RDC depuis le début de la 17e épidémie, déclarée le 15 mai 2026.
  • Le variant Bundibugyo, contre lequel il n’existe aucun vaccin spécifique, circule actuellement.
  • Le vaccin Ervebo, développé contre la souche Zaïre, montre une certaine protection contre le variant Bundibugyo chez l’animal, selon une étude parue dans The Lancet.
  • L’OMS propose d’évaluer Ervebo directement en phase 3, une étape habituellement menée à grande échelle.
  • 500 000 doses d’Ervebo sont disponibles, dont certaines déjà stockées en RDC en raison des épidémies fréquentes.
  • Plusieurs candidats-vaccins sont en développement, dont le rVSV Bundibugyo, jugé le plus prometteur par l’OMS.

Une épidémie d’ampleur historique en RDC

La 17e épidémie d’Ebola en RDC, déclarée avec plusieurs semaines de retard le 15 mai 2026, est déjà la plus meurtrière de l’histoire du pays. Selon les autorités congolaises, 1 850 décès ont été recensés à ce jour, portant le bilan total des victimes du virus en Afrique à plus de 15 000 personnes au cours des cinquante dernières années. Transmissible par contact avec les fluides corporels, Ebola provoque une fièvre hémorragique souvent fatale, rappelle Franceinfo - Santé.

Les équipes médicales sur place, comme celle de Bunia (est de la RDC), continuent de gérer des cas quotidiens, comme en témoigne la prise en charge d’une patiente contaminée le 23 juin 2026. Malgré l’absence de vaccin adapté au variant Bundibugyo, les experts tablent sur une protection croisée offerte par Ervebo, initialement conçu contre la souche Zaïre, majoritaire en Afrique centrale.

Ervebo sous les projecteurs : efficacité et limites

Le vaccin Ervebo, produit par le laboratoire américain Merck, reste le seul autorisé contre Ebola depuis 2019. Bien que développé pour la souche Zaïre, des données préliminaires publiées dans The Lancet suggèrent une efficacité partielle contre le variant Bundibugyo chez l’animal. « Les résultats sont encourageants et aucun problème de sécurité majeur n’a été identifié », a indiqué l’OMS dans un communiqué.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué ces avancées sur le réseau social X, évoquant « de bonnes nouvelles ». Les modalités précises de l’essai clinique ne sont pas encore finalisées, mais les experts estiment que les connaissances accumulées sur la sécurité du vaccin permettent d’envisager une évaluation directe en phase 3. Cette étape, généralement menée à grande échelle auprès de milliers de participants, pourrait accélérer la validation d’une protection contre le variant actuel.

Une logistique vaccinale déjà en place

L’Alliance du vaccin Gavi, qui gère un stock mondial de doses contre Ebola, a annoncé la mise à disposition de quantités d’Ervebo pour soutenir les essais cliniques en RDC. Sur les 500 000 doses disponibles, certaines sont déjà conservées en permanence dans le pays en raison de la récurrence des épidémies. Gavi précise que ces stocks, financés et créés pour répondre aux urgences sanitaires, permettront de lancer rapidement les évaluations nécessaires.

Côté industriel, Merck, le fabricant d’Ervebo, collabore étroitement avec l’OMS et les autorités congolaises pour adapter la distribution des doses. « L’objectif reste de trouver un vaccin spécifique au variant Bundibugyo, mais chaque avancée compte », a souligné un porte-parole de l’OMS, cité par Franceinfo - Santé.

D’autres pistes en développement

En parallèle, plusieurs candidats-vaccins sont en cours d’évaluation. Le Canada a autorisé le géant pharmaceutique Moderna à lancer des essais cliniques pour l’un d’eux. Deux autres projets attirent particulièrement l’attention : le rVSV Bundibugyo, développé par Hilleman Laboratories et qualifié de « plus prometteur » par l’OMS, ainsi qu’un vaccin de l’université d’Oxford, dont le premier volontaire a reçu une dose fin juillet 2026. Des essais sont également en cours pour tester plusieurs traitements contre la maladie.

Ces initiatives illustrent la mobilisation internationale face à une épidémie qui, sans vaccin spécifique, risque de s’étendre davantage. L’OMS insiste sur la nécessité de combiner ces approches avec les mesures de contrôle classiques : isolement des patients, traçage des contacts et sensibilisation des populations.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour finaliser le protocole de l’essai clinique avec Ervebo. Si les résultats de phase 3 sont concluants, une homologation accélérée pourrait être envisagée, selon les experts. Parallèlement, les essais avec les autres candidats-vaccins devraient s’intensifier d’ici la fin de l’année 2026. Une coordination renforcée entre l’OMS, Gavi et les autorités congolaises sera essentielle pour éviter une nouvelle propagation du virus.

Les autorités sanitaires appellent à la prudence, rappelant que sans vaccin spécifique, la lutte contre l’épidémie repose encore largement sur les mesures de prévention. En attendant, la RDC continue de faire face à une crise sanitaire majeure, avec un bilan humain déjà lourd et une menace persistante pour les populations voisines.

Ervebo a été développé contre la souche Zaïre, la plus meurtrière et la plus répandue en Afrique centrale. Cependant, des études préliminaires, dont une publiée dans The Lancet, indiquent qu’il pourrait offrir une certaine protection croisée contre le variant Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle en RDC. Cette piste est considérée comme une solution d’urgence en l’absence de vaccin spécifique, tout en limitant les risques pour les populations.