Lors de son passage dans l’émission « Les 4 Vérités » diffusée le 8 juin 2026 sur France 2, Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis (La France Insoumise) et invité du programme, a réaffirmé avec force que le slogan « On est chez nous » ne pouvait être revendiqué par l’extrême droite. Une déclaration faite au lendemain du premier meeting de campagne de Jean-Luc Mélenchon, organisé dans sa ville, et qui a rassemblé plus de 26 000 personnes, selon les organisateurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, a réaffirmé le 8 juin 2026 que le slogan « On est chez nous » n’appartient pas à l’extrême droite, lors de son passage dans « Les 4 Vérités » sur France 2.
  • Le slogan a été scandé spontanément par la foule lors du meeting de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, la veille, réunissant selon les organisateurs plus de 26 000 personnes.
  • Jean-Luc Mélenchon s’est imposé comme candidat naturel de la gauche pour 2027 sans vote interne, une décision présentée comme une traduction de la « volonté populaire ».
  • Le maire de Saint-Denis a critiqué le Parti socialiste, accusé de diviser la gauche plutôt que de chercher à gouverner, tout en se disant ouvert à une alliance avec une gauche de rupture.
  • Sur le plan économique, il a défendu la possibilité d’un retour à la retraite à 60 ans, estimant que l’économie française en a les moyens, à condition de redistribuer les richesses des milliardaires.
  • Concernant la gestion des signalements d’incidents dans les écoles de Saint-Denis, il a précisé que les alertes sont systématiquement remontées, mais que le recours à la justice dépend de l’analyse des éléments recueillis.
  • Le désarmement partiel de la police municipale de Saint-Denis concerne uniquement les lanceurs de balle de défense (LBD), les armes de service restant en dotation.

Un meeting à Saint-Denis et la légitimité de Mélenchon comme candidat de la gauche

La veille de son intervention à la télévision, Jean-Luc Mélenchon a tenu son premier meeting de campagne à Saint-Denis, marquant ainsi le lancement officiel de sa candidature pour 2027. Dans son discours, il a déclaré : « La primaire est finie », s’auto-proclamant candidat sans passer par un vote interne ni un débat au sein de la gauche. Une affirmation qui a suscité des interrogations sur la démocratie interne du mouvement, notamment de la part du journaliste Gilles Bornstein, qui a questionné la légitimité de cette désignation.

Bally Bagayoko a défendu cette position en affirmant que Mélenchon « traduit la volonté populaire » et que « l’heure de la tergiversation est terminée ». Pour lui, la gauche doit désormais se rassembler autour d’un projet commun pour gagner en 2027. Il a également appelé les autres formations politiques de gauche à rejoindre ce mouvement, tout en reconnaissant que certains partis, comme le Parti socialiste, ont préféré emprunter « le choix de l’impasse ».

Le slogan « On est chez nous » : une appropriation républicaine selon Bagayoko

Lors de l’émission, Gilles Bornstein a interrogé Bally Bagayoko sur la reprise, par la foule présente au meeting, du slogan « On est chez nous », souvent associé au Rassemblement national. L’élu a répondu avec fermeté : « Le « On est chez nous » n’appartient pas à l’extrême droite. En revanche, ce qui est certain, c’est que toutes celles et ceux qui considèrent qu’ils appartiennent à la République ont le droit de le dire. »

Il a précisé que ce message est parti spontanément des participants, et que sa reprise par plus de 26 000 personnes illustrait un ancrage républicain assumé. « Je suis ravi qu’ils assument aujourd’hui cette appartenance à la République en tant que telle », a-t-il ajouté, soulignant la puissance symbolique de ce cri collectif.

Gouvernance et alliances : Bagayoko et la gauche de rupture

Interrogé sur la possibilité de gouverner avec le Parti socialiste, dont il a critiqué les choix passés, Bally Bagayoko a balayé les accusations de « maltraitance » envers les socialistes. Il a estimé que ces derniers « se sont maltraités eux-mêmes en trahissant l’espoir de la gauche », rappelant ses propos lors de la campagne municipale où il avait qualifié son adversaire de « petit bourgeois visqueux ». Une formule qui, selon lui, n’était pas à la hauteur des conséquences des politiques menées par le PS dans le passé.

Sur la question d’une alliance future, il a adopté une position pragmatique : « Je suis aujourd’hui prêt à assumer toutes celles et ceux qui s’inscrivent dans une gauche de rupture. C’est au Parti socialiste de clarifier leur ligne politique et de dire clairement s’ils sont prêts ou non à gouverner dans le cadre d’un programme de rupture. » Il a ajouté que toute collaboration dépendrait de l’adhésion à un programme « plébiscité par la population », et non d’une reddition idéologique.

Retraites et économie : vers un retour à 60 ans ?

Jean-Luc Mélenchon a évoqué lors de son meeting la nécessité d’abroger la réforme des retraites, avec un retour progressif à 60 ans. Interrogé sur la faisabilité économique de cette mesure, Bally Bagayoko a défendu sa position en affirmant que « l’économie française en a les moyens ». Il a cependant insisté sur la nécessité de lutter contre les inégalités en redistribuant les richesses des milliardaires, soulignant que « c’est cette masse financière qui manque tant à la République pour corriger les inégalités ».

Pour appuyer son argumentaire, il a comparé cette proposition à des avancées sociales historiques comme les congés payés, autrefois jugées impossibles, mais rendues possibles par la volonté politique. « Avec l’alliance du Nouveau Front Populaire et la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour 2027, nous allons confirmer que l’idéal d’aspiration de la population sera traduit en actes », a-t-il conclu.

Gestion des signalements dans les écoles : quelles procédures à Saint-Denis ?

L’émission a également abordé la question de la gestion des incidents impliquant des personnels éducatifs, à la suite de l’affaire Lyhanna, dans laquelle un enseignant a été licencié pour des faits graves envers une lycéenne sans que la justice n’ait été saisie par son employeur, la région Occitanie. Bally Bagayoko, en tant que maire responsable de 45 écoles maternelles et 44 écoles primaires à Saint-Denis, a expliqué que les alertes étaient systématiquement remontées en interne dès qu’une information préoccupante était identifiée.

Il a précisé que les signalements concernant les professeurs transitent d’abord par l’Éducation nationale, tandis que ceux impliquant le personnel périscolaire remontent directement à la mairie. « Chaque fois que nous avons une information préoccupante, systématiquement, c’est remonté », a-t-il assuré. Cependant, il a nuancé en indiquant que le recours à la justice n’était pas automatique : « Pas systématiquement. À partir du moment où vous avez un faisceau d’éléments qui remontent, vous analysez la situation. S’il y a matière, parce qu’on a quand même des services juridiques, à partir du moment où nous avons un certain nombre d’éléments qui fondent les dangers qui sont remontés, il y a une action qui est faite sur le plan judiciaire. »

Il a également rappelé que les personnes mises en cause étaient immédiatement suspendues et averties, une mesure administrative et politique visant à protéger les victimes potentielles le temps de l’enquête.

Désarmement de la police municipale : un processus en cours

Enfin, la discussion a porté sur le désarmement de la police municipale de Saint-Denis. Bally Bagayoko a confirmé que le retrait des lanceurs de balle de défense (LBD) était désormais acté, mettant un terme à cette polémique. « Le désarmement de la police municipale, en tout cas pour ce qui est du LBD, est désormais confirmé. Donc, il ne s’agit plus d’un sujet », a-t-il déclaré.

En revanche, il a précisé que les armes de service restaient en dotation, la question se concentrant désormais sur la définition d’une nouvelle doctrine d’emploi. Il a également indiqué qu’une vingtaine de policiers municipaux avaient quitté leurs fonctions depuis l’annonce de ce processus, tout en soulignant l’arrivée prochaine de nouveaux agents et d’une direction de la tranquillité publique.

Et maintenant ?

La candidature de Jean-Luc Mélenchon pour 2027 semble désormais actée, mais la question de l’unité de la gauche reste entière. Les prochains mois devraient voir se préciser les contours des alliances et des programmes, notamment avec la publication des propositions économiques du Nouveau Front Populaire. À Saint-Denis, les débats sur la gestion des risques dans les écoles et la réforme de la police municipale devraient également se poursuivre, dans un contexte où la sécurité et l’éducation restent des enjeux majeurs pour les électeurs.

Reste à voir si les déclarations de Bally Bagayoko, marquées par une volonté de rupture avec les partis traditionnels, trouveront un écho suffisant pour fédérer au-delà des cercles militants. La campagne de 2027 s’annonce, en tout cas, comme un test pour la cohésion de la gauche française.

Selon lui, ce slogan a été repris spontanément par les participants au meeting de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, illustrant une appropriation républicaine plutôt qu’une affiliation à l’extrême droite. Il estime que « toutes celles et ceux qui considèrent qu’ils appartiennent à la République ont le droit de le dire », comme il l’a expliqué lors de son passage dans « Les 4 Vérités » le 8 juin 2026.